Dossiers thématiques - L'éducation à la fraternité

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Education à la fraternité

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Le colloque de la Sorbonne

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Le racisme est un virus dont il faut protéger nos enfants.
Tel est le titre de l'article de Lucie Aubrac dans Droit et Liberté en 1958. Elle s'interroge: "Combien de lecteurs de ce journal, convaincus que le racisme est une des hontes de l'humanité, se soucient des lectures de leurs enfants? Combien acceptent l'abonnement à ces journaux dits "d'enfants" qui, semaine après semaine, habituent leur gosse - blanc - à se considérer comme un surhomme, à juger en coupables de toutes les traîtrises ceux qui n'habitent pas son pays et dont la peau est d'une autre couleur ? DL n°173 (p7) (voir le document)
Droit et Liberté donne de exemples de cette littérature: Madeleine Bellet dénonce "Le grand aryen blanc, les sous-hommes et les enfants" présentés par une certaine presse enfantine. DL n°144 (p1) (voir le document)
Elle revient ensuite sur les "maîtres à penser de nos enfants" et conclut:"Au moment ou les peuples de couleur reconquièrent un à un leur indépendance, il est grand temps que ces récits, inspirés des conquêtes du siècle dernier, disparaissent des journaux d'enfants..." DL n°204 (p11) (voir le document)
Convaincu de l'importance de l'éducation à la fraternité, le MRAP est à l'initiative, en 1960, d'un colloque tenu à la Sorbonne sur le thème "Comment enseigner la fraternité": "Problème grave et délicat, la lutte antiraciste, ou plutôt le combat paur la fraternité dans le peuple de demain, le monde des enfants, a été étudié par les enseignants et éducateurs qui ont tenu colloque, grâce à notre Mouvement, ce dimanche 14 février, dans l'amphithéâtre Descartes de l'antique Sorbonne..."
Les nombreux intervenants insistent tous sur l'importance de l'éducation.
le Président Léon Lyon Caen appelle à l'action antiraciste préventive vers la jeunesse et souligne le rôle de l'Instruction civique. L'abbé Jean Pihan en appelle à "désinfecter toutes les sources empoisonnés... Nous ne nous contenterons pas de résolutions platoniques et de voeux. On ne détruit que ce que l'on remplace. Le Colloque ne va pas se terminer ce soir. Il ne fait que commencer."
Daniel Mayer, Président de la Ligue des Droits de l'homme déclare "Aucun aspect du racisme ne doit être négligé", Le professeur Marc André Bloch souligne la nécessité "d'assumer nos responsabilités d'adultes"
Vercors adresse un message aux éducateurs: Il faut ... montrer ( aux enfants) que les Droits de l'Homme, comme d'ailleurs ses devoirs envers les autres hommes, quels qu'ils soient. ne dépendent d'aucune appartenance à une race ou à une autre, d'aucune égalité ou supériorité biologique ou intellectuelle. mais qu'ils sont fondés sur ce qui, dans le comportement de l'homme, le distingue et le sépare de l'animalité. Ce qu'il faut montrer sans relâche à l'enfant, c'est que ce qu'il fera, ce qu'il pensera, sera plus ou moins humain, selon que cette action, que cette pensée le rapprochera ou l'éloignera du comportement animal."
La résolution finale du colloque souligne le rôle primordial des enseignants et éducateurs et rapporte la décision de créer un centre de liaison: "Pour développer une éducation inspirée par le respect de la personsonne humaine et la fraternité entre les hommes, ils décident la création d'un Centre de Liaison des Educateurs contre les préjugés raciaux et invitent leurs collègues à lui apporter un concours actif. Ils préconisent l'édition par ce Centre d'un Bulletin de presse ayant pour but d'apporter au public des éléments d'information et des suggestions. Ils lui demandent également d'agir auprès des organismes officiels chargés de l'éducation et de la sauvegarde morale de la jeunesse pour qu'ils soient attentifs à proscrire toutes publications ou spectacles susceptibles de provoquer au racisme ."
DL n°188 (voir le document) ; DL n°189 (voir le document)

En 1965 se tiennent en Lozère le Congrès et les Journées d'études de la Fédération Française des Clubs U.N.E.S.C.O. Le thème débattu est : la jeunesse et le racisme. Le MRAP apporte son concours à l'organisation de ces journées;
M. Lhombreaud, un des initiateurs de ces journées accorde un entretien à Droit et Liberté et explique: "On dit souvent que les Français ne sont pas racistes. Pour ma part, je ne suis pas convaincu que ce soit tout à fait vrai. N'existe-t-il pas en France beaucoup de préjugés qui risqueraient de dégénérer, en haines, voire en violences, pour peu que les conditions s'y prêtent ? ... C'est donc à une véritable enquête autour d'eux et en eux-mêmes que les adhérents des Clubs ont été invités...L'enquête...portait sur les journaux, les livres d'enfants et les manuels scolaires, les films, les émissions de radio et de télévision. Nous leur avons demandé de rechercher non seulement les faits racistes mais aussi les bons exemples d'antiracisme...Nous souhaitons que les Clubs UNESCO, les jeunes qui en font partie soient, après ce Congrès, mieux armés pour combattre les préjugés raciaux qui, de toute évidence, les préoccupent, les inquiètent. Nous ferons tout ce qui en notre pouvoir pour que ces Journées d'étude débouchent sur des lendemains d' action." DL n°242 (voir le document)

Que peuvent les enseignants?

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En 1966 Droit et Liberté pose la question: "Que peuvent les enseignants". S'appuyant sur des extraits de dossiers de travail à l'usage des enseignants, il peut affirmer:
"Que les enseignants donc assurés qu'il sont d'accomplir ainsi une très noble et indiscutable mission, saisissent toutes les occasions pédagogiquement fondées pour guérir ou pour prévenir la maladie raciste chez leurs élèves, de la leçon sur le sang à la leçon sur la conquête de l'Algérie."
« Quand ils sauront, disait,le professeur Etiemble, dans sa remarquable intervention à la 11ème journée nationale contre le racisme, quand ils sauront que ces Indiens précolombiens auxquels les catholiques refusaient l'âme, avaient inventé le zéro et calculé l'année solaire avec une précision que nous venons tout juste d'égaler, ou que ces mathématiciens des Indes orientales que les catholiques portugais jetaient aux bûchers de leur Inquisition, avaient fait la même découverte, les futurs instituteurs et professeurs seront mieux armés pour lutter contre l'arrogance de l'homme blanc. Quand ils sauront que plusieurs siècles avant nous les Chinois pratiquaient une vaccination antivariolique que l'Europe n'eut qu'à perfectionner, quand ils découvriront qu'Ibn-An Nafis, un savant de Damas, rendit un compte exact de la circulation pulmonaire, dès le XIIIème siècle de notre ère, ou encore que le Tunisien Ibn Khaldoun, dans ses Prolégomènes fonde la sociologie quatre siècles avant ce Montesquieu dont se réclamait Durkheim, ils ne seront plus tentés d'enseigner, fût-ce par omission, la supériorité intellectuelle, et donc morale, ou politique, de l'Européen « blanc». Qu'ils saisissent toutes les occasions valables de faire comprendre cette grande vérité simple que les inégalités criantes qui existent entre les peuples ne viennent pas des injustices de la nature, mais des injustices des hommes - de certains hommes - et ceci, non seulement en s'appuyant sur les enseignements du passé, mais sur ceux du présent. Ce faisant, les enseignants ne rendront pas seulement service aux peuples opprimés, en même temps qu'ils feront leur devoir d'intellectuels et de démocrates: ils rendront service à la France; car selon le mot profond, et tragiquement actuel de Marx : « Un peuple qui en opprime un autre, ne peut pas être un peuple libre ... " DL n°255 (voir le document)

Le Centre de Liaison des Éducateurs contre les préjugés raciaux

En avril 1967 un nouveau colloque est organisé à la Sorbonne par le C.L.E.P.R. (Centre de Liaison des Educateurs contre les préjugés raciaux). Le Professeur Kastler y déclare: "Parmi les obstacles qui s'opposent à l'harmonisation des rapports entre les races, le sentiment d'infériorité et d'humiliation des uns est aussi nuisible que le sentiment de suffisance et de supériorité des autres. Les éducateurs doivent apporter le même soin à écarter l'un et l'autre." Les participants à ce colloque déterminent un programme d'action: " ...Il faut que les associations de jeunesse, les syndicats d’enseignants et tous les groupements intéressés délèguent en permanence: pour la poursuite de la tâche entreprise, des représentants qualifies au sein du C.L.E.P.R. et apportent un concours actif à la rédaction et à la diffusion du bulletin "Éducation à la Fraternité."
« Il faut que soit mise en œuvre une étude commune des techniques et des moyens, individuels et collectifs, qui permettent de combattre efficacement les préjugés raciaux" « Il est enfin d'une extrême importance que les éditeurs de Journaux et livres d'enfants alertés tout autant qu'il sera nécessaire par les éducateurs et les parents, éliminent de leurs publications toute excitation à la violence et à la haine." DL n°262 (voir le document)

A l'occasion de la Première Journée Internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, le Comité de Nancy du MRAP organise un concours de dissertation ouvert aux lycéens qui devaient traiter le sujet "...ne sommes-nous pas tous un peu racistes dans notre manière de juger ou d'agir?" Droit et Liberté se réjouit de la qualité des réponses et célèbre une "génération clair-voyante"; un lycéen conclut: "c'est souvent la peur qui nous conduit à haïr l'autre, l'étranger mais ce n'est pas la peur de l'homme, c'est la peur de se sentir peu à peu dominé par cet homme..." DL n°264 (voir le document)
Le dossier du numéro 268 de Droit et Liberté est consacré à "la politique des bulles" et constate: "Les problèmes raciaux ne sont pas absents de la bande dessinée. Ils y apparaissent même avec , une fréquence étonnante, qui prouve à quel point ils sont, en cette seconde moitié du xxe siècle, dans les préoccupations de tous."

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Le dossier examine la manière dont les divers héros véhiculent souvent les stéréotypes racistes: " Ils combattent d'ailleurs le plus souvent, il faut bien le dire, dans le camp de l'ordre moral, de la propriété et des intérêts coloniaux ; ils sont généralement aux côtés du roitelet menacé par la conjuration de quelques ambitieux ; lorsqu'il leur arrive de combattre aux côtés de peuples de couleur, ils sont le plus souvent le phare qui éclaire, le chef grâce à qui les bons sauvages naïfs vont triompher de leurs méchants ennemis. " et le dossier conclut: "Il s'agit simplement d'insister sur le fait que les bandes dessinées sont un genre très largement diffusé, qu'elles sont un art désormais adulte et qu'il est fallacieux d'abdiquer en les lisant, ou en les offrant à ses enfants tout esprit critique sous prétexte que ce sont des « images » et que « ça n'est pas sérieux." DL n°242 (voir le document)

Les enseignants face au racisme

En 1969, DL relate une expérience originale: "ayant constaté le mauvais accueil dont avait etè v1ctime un enfant noir rècemment arrivé dans l'ètahlissement, une équipe d'enseignants de Marly le Ro1 s'est attachée depuis près de trois mois à faire étudier le racisme à leurs èlèves...Cette expérience, entreprise pour la premiére fois à notre connaissance sur une aussi vaste échelle appelle certaines remarques et pose des questions qui n'ont d'ailleurs pas êchappé à ses promoteurs...Les plus grosses difficultés apparaissent au niveau des methodes, qui doivent être adaptées à l'âge des enfants. et qui posent par là même le problème des programmes...Autre difficulté, l'influence du milieu familial et social souvent opposé à ce genre d'études : cette opposition est due la plupart du temps au fait que ce sujet paraît "hors· programme". DL n°242 (voir le document)
En 1970 est prise la décision d'inclure chaque mois le bulletin du C.L.E.P.R. (Centre de Liaison des Éducateurs contre les préjugés raciaux) "Éducation à la fraternité" dans Droit et Liberté.
Marc-André BLOCH, Président du C.L.E.P.R. en explique les raisons, Souhaitant la bienvenue au C.L.E.P.R. le Président Piere Paraf écrit: "En vérité. les liens entre notre Mouvement, entre Droit et Liberté et le Comite de liaison des éducateurs contre les préjugés raciaux sont si anciens, les affinités d'idées et d 'action entre nous sont si profondes que la présence réguhere du C.L.E.P.R. à cette tribune ne peut que sembler toute naturelle a nos lecteurs..."
Droit et Liberté rend compte dans ce même numéro d'un colloque tenu à Paris sur l'initiative conjointe du MRAP et du C.L.E.P.R. sur le thème des "enseignants face au racisme". ce colloque se base essentiellement sur trois expériences dont celles évoquée dans le n°281 de Marly le roi. Il revient sur les problèmes rencontrés et en particulier sur la réticence du milieu familial et social. Une intervenante constate: "l'intérêt de ce Colloque, au-delà même de son objet particulier, me paraît résider en ce qu'il touche au problème de l'ouverture si nécessaire, de la classe, au monde contemporain. il faut faire éclater le cadre de la classe, ouvrir une fenêtre sur le monde. La difficulté est qu'avec l'actualité on touche très vite aux aspects politiques. Albert Levy conclut: "Nous sommes, je crois, tous d'accord sur la nécessité d'agir beaucoup plus largement qu'il n'a été fait jusqu'ici contre les préjugés raciaux, et de ne pas nous contenter de ce qui a pu être réalisé dans quelques établissements privilégiés. De l'indispensable travail de généralisation le C.L.E.P.R. peut être l'instrument. li publiera un compte-rendu des débats d'aujourd'hui. Mais ceux-ci appellent un prolongement. S'il faut faire connaître très concrètement les expériences déjà réalisées, c'est afin que des enseignants qui ne sont pas indifférents à notre problème, mais qui n'ont pas encore été amenés à faire quelque chose dans ce domaine, ou qui n'y ont pas réfléchi, ou qui pensent ne pas en avoir les moyens, puissent être dûment informés de ce qui a été entrepris par d'autres, et incités à suivre leur exemple. Par là, le C.L.E.P.R. pourrait jouer véritablement son rôle d'organe

de liaison et accroître son efficacité... DL n°289 (voir le document)
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Les bulletins du CLEPR

Le bulletin "Education à la Fraternité" parait donc réguliérement dans DL, jusqu'en 1980. Dans le n° 290 M.A. Bloch insiste: "A notre avis, c'est de la formation des futurs enseignants que dépend avant tout la possibilité de remédier durablement, au profit des jeunes générations à venir, à une trop longue et scandaleuse carence. Il y a naturellement bien d'autres raisons - mais nous nous en tiendrons à celle-ci - de penser que ce problème de la formation des enseignants et éducateurs, des enseignants en tant qu'éducateurs est devenu, devient de plus en plus le problème n°1." DL n°290 (voir le document)
Un dossier est consacré par le C.L.E.P.R. aux "écoliers des bidonvilles". En introduction, Jean Pihan écrit: "Il y a les problèmes que fait émerger la scolarisation : problèmes d'enfants, mais aussi problèmes d'enseignants. Il y a les problèmes posés par les relations des enfants entre eux et notamment par l'attitude des petits Français par rapport à leurs camarades étrangers. Il y a les problèmes qui tiennent à la situation familiale des enfants; là encore, problèmes d'enfants, mais aussi problèmes d'adultes : les parents de ces enfants, les familles françaises de même environnement. Par-delà ces problèmes qùotidiens et immédiats, on aperçoit d'énormes problèmes sociaux, et même politiques...." Puis le dossier expose un certain nombre d'expériences.
Un enseignant souligne: "Le problème qui se trouve posé au niveau des enfants d'immigrés me paraît être celui qui se pose pour tous les enfants des couches défavorisées de la population. Ce qui compte c'est la nature des structures d'accueil ou des structures de compensation. Le rôle de l'école maternelle, de toutes les institutions éducatives, des organismes d'aide pour le travail scolaire des enfants est si important qu'il conditionne la véritable démocratie de l'enseignement. Mais le problème des enfants d'immigrés n'est qu'un des aspects de cette bataille générale du sous-développement culturel. lié directement au sous-développement économique...". M.A. Bloch conclut: "De la diversité des expériences relatées et des opinions émises se dégage nettement l'impression, qui aura sans doute frappé nos lecteurs, que nos enseignants, pour résoudre le délicat problème auquel ils étaient confrontés, ont été presque entièrement livrés à euxmêmes, à leurs initiatives comme à leur dévouement personnel...Ce qui manque le plus , c'est une doctrine d'ensemble, et une doctrine cohérente..." DL n°297 (voir le document)
Dans le cadre des bulletins "éducation à la fraternité" insérés dans Droit et liberté, le CLEPR publie aussi des dossiers. Ainsi en 1972 un dossier est consacré à une "lettre à un lycéen voulant étudier le racisme".
Conscient de l'ampleur du sujet, le CLEPR sous la plume de Jean Pihan fournit des pistes de travail pour une recherche sur le racisme, depuis la question de base, qu'est ce que le racisme, jusqu'à l'action antiraciste DL n°311 (voir le document)
Un dossier est consacré en 1973 aux enfants de migrants. Examinant tous les aspects de la scolarisation, M.C. Munoz conclut: "Si l'on veut donner une éducation égalitaire aux enfants de travailleurs migrants, il faut que leur scolarisation soit prioritaire et qu'elle s'inscrive dans une politique d'accueil et de promotion socioculturelle des familles, car il serait grave et illusoire de croire que l'école peut tout." DL n°322 (voir le document)
En 1977 un dossier "comment on enseigne les préjugés" est proposé par le CLEPR qui fait le point: "Bien des manuels utilisés aujourd'hui sont encore tributaires de l'idéologie coloniale; mais on assiste par ailleurs à une floraison de parutions pour tous les âges qui, chacune à leur niveau, contribuent à la connaissance d'hommes différents; des initiatives pédagogiques permettent, elles aussi, d'apprendre à connaître les autres pour lutter contre le racisme.
Le dossier présente la manière dont est traitée en particulier l'histoire de l'Afrique: "Sur fond catastrophique de misère fatale, les manuels font apparaître la colonisation comme une période féconde en réalisations de toutes sortes" Puis constate: "Les professeurs d'histoire du 2" cycle que nous avons interrogés se plaignent tous du vieillissement des manuels sont ils disposent; dans le meilleur des cas, disent-ils, ces livres ne contiennent pas de notations racistes; mais ils n'abordent pas les problèmes de la colonisation et du tiers-monde d'une façon propre à permettre aux élèves d'en juger pleinement et objectivement ..." DL n°357 (voir le document)
A l'occasion d'une séquence d'émission télévisée pour enfants Droit et Liberté publie les interviews des réalisateurs. La responsable de l'émission conclut: "Je voudrais qu'on reste surune phrase de Mohammed que j'aime bien: «On est un peu français, et si on nous insulte, c'est un peu la France qu'on insulte ». Voilà quelque chose à quoi je n'avais pas vraiment pensé. Quelque chose que j'ai appris." DL n°311 (voir le document)
L'ensemble des bulletins "Education à la fraternité": 1970 et 71(voir le document), 1972 et 73 (voir le document), 1974, 1975, 1976 (voir le document), 1977, 1978 (voir le document), 1979 1980 (voir le document)

Education, tous égaux?

En 1981, Albert Jacquard dans Différences s'exprime sur la question "doué, pas doué?". S'appuyant sur le résultat d'une enquête de l'Institut national de la Recherche médicale il conclut:" Ne cherchons pas la cause des échecs individuels dans les chromosomes, alors qu'à l'évidence elle se situe dans une organisation sociale qui néglige les véritables besoins." Diff n°4 (voir le document)
Différences s'interroge sur "le racisme en culottes courtes" et publie les réponses de plusieurs personnalités. Différences constate: "que de réponses prudentes nous avons reçues, il semblerait qu'on accepte mal de penser le racisme des enfants". Une représentante de la FCPE (Fédération de parents d'élèves) souligne : "C'est là qu'il faut poser les problèmes; tous les jours, dans la vie telle que nos enfants la vivent, dans l'école certes, mais aussi au marché, dans la rue ...Ce n'est pas facile, mais cela a un mérite important: l'attitude anti-raciste ne se construit pas par les mots, ni même dans les têtes; pour être solide et convaincante, elle doit se construire dans la réalité et dans les faits, tous les jours." Diff n°17 (voir le document)
En 1982 Droit et Liberté pose la question: "Éducation tous égaux?": Jean Pihan souligne; "« En premier lieu, la transformation de notre société en une société pluri-ethnique et pluriculturelle nécessite la mise en place d'une pédagogie adaptée"... et l'article insiste: "Or, il ressort que bien souvent, les moyens quantitatifs et qualitatifs manquent (effectifs, nombre de classes, crédits). La situation des écoles maternelles. dans certains quartiers et villes (voir encadré) est purement catastrophique . Elle va de pair avec une discrimination sociale, voire raciale, et la création des Zones d’Éducation Prioritaire (ZEP) pour les plus défavorisés reste trop partielle pour que des solutions vraiment appropriées soient apportées: DL n°408 (voir le document)
Les Assises "vivre ensemble avec nos différences" consacrent une part de leurs travaux à l'école et l'éducation. "Notre enseignement n'est pas adapté aux enfants d'origine étrangère. On entrevoit pourtant quelques solutions" titre l'article qui insiste sur l'importance de l'enseignement de la langue maternelle. Puis on constate que "Pour beaucoup d'enseignants dans ce forum, le discours théorique sur l'échec scolaire des enfants d'immigrés est désormais dépassé. « Il y a échec scolaire parce qu'il y a résistance des enfants à ce qu'on leur apprend." Le forum se veut force de proposition et affirme: "Les différents discours sur l'échec scolaire des enfants d'immigrés ont des conséquences catastrophiques sur l'école publique. Il est temps d'y mettre un terme." et avertit: "L'interculturel ne prendra sa place à l'école que si la société tout entière le décide et en premier lieu ses responsables politiques, ce qui implique évidemment au préalable la lutte contre les inégalités sociales" Différences spécial assises: (voir le document)

Différences n°36 relate "la difficile expérience d'un professeur dont les élèves étaient racistes" puis évoque le supposé problème des immigrés faisant "baisser le niveau" en soulignant: "Avant tout il est nécessaire de dire que toutes les enquêtes effectuées démontrent qu'à milieu socio-économique comparable, les enfants de migrants ne sont pas plus en situation d'échec que les Français, et que si cet échec est plus fort dans les quartiers à fort pourcentage d'immigration, c'est que ce sont d'abord les quartiers des couches sociales les plus défavorisées."...Diff n°36 (voir le document)
En 1985, Droit et Liberté insiste sur la nécessité de l'action en profondeur et propose des pistes pour que l'école soit un lieu d'éducation à la fraternité. (voir le document)
Le Dr Berthelier, psychiatre s'alarme des orientations pronée par le ministre de l'éducation: "En ce qui concerne les enfants des travailleurs immigrés, le but assigné à l'école française est leur assimilation." (Interview au Monde, 14.10.84). Le nouveau ministre ne se méfie pas suffisamment des mots. L'assimilation, qu'est-ce à dire, sinon l'abandon de l'identité? Il faut être bien naïf, ou bien dogmatique, ou bien ignorant, pour pouvoir ainsi avancer qu'il est possible d'assimiler une population aussi particulière. Car l'assimilation au strict sens du terme, revient à un rejet/reniement total de la culture transmise par le milieu familial, au profit de l'adoption pleine et entière de celle du pays d'accueil.... Diff n°41 p18 (voir le document)

La rencontre des cultures

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Le MRAP publie un dossier pochette sur les PAE "projets d’action éducative" et la rencontre des culture. ce dossier est destiné à encourager les initiatives en analysant des expériences menées dans divers établissements. Le dossier P.A.E. : (voir le document)
Droit et Liberté publie en 1986 un dossier: "l'interculturel à l'école: une école pour tous et chacun" qui propose un certain nombre d’activités susceptibles de faire avancer la compréhension mutuelle dans les classes. Dl n°454voir le document)
Différences n°59 évoque le problème de la petite enfance: "On parle peu de l’accueil du petit enfant étranger dans les hôpitaux, les crèches, les centres de protection maternelle et infantile, C'est pourtant au cœur de ces institutions que peut se prendre la mesure du travail d'équilibriste entre le respect des différences et l'imposition de la norme culturelle dominante".
Ce même numéro rend compte d'une étude de deux sociologues "fuir ou construire l'école populaire". Les auteurs évoquent "l’échec scolaire" et comparent les résultats de deux écoles voisines: Ce n'est pas un hasard si dans l'école A - celle qui assure aux enfants d'origine étrangère les mêmes chances de réussite qu'aux enfants français, il y a eu une semaine centrée sur la culture algérienne, et l'année suivante, un voyage scolaire au Maghreb. «La ...Il n'y a pas là de remèdes miracles, mais de telles initiatives sont la partie émergée et visible de l'iceberg pédagogique: le plus important bien sûr, ce sont les pratiques quotidiennes en classe, la vision positive que le maître a ou non de l'enfant d'origine populaire et/ou immigrée, et les relations qui en découlent" Diff n°59 (voir le document)
Différences publie en 1990 un numéro spécial: "Melting-pot, dessine moi la France" Il relaie d'abord les réflexions de deux secrétaires nationaux du SNES: "Si le service public doit avoir les moyens de prendre en compte la grande diversité des publics scolaires, il ne saurait, sans trahir sa mission, reposer sur une exaltation du respect des différences qui conduirait à enfermer chacun dans ses limites socioculturelles initiales, à conforter les inégalités, à construire des formations n'offrant pas les mêmes possibilités de débouchés selon les parcours scolaires, l'implantation géographique des établissements, les environnements dont ils disposent pour la poursuite d'études ..."... puis un autre article évoque un plan d'action éducative (PAE) lancé par les gouvernement sur le thème "composition française". Un des responsables du projet, dans un entretien pour Différences, affirme: "L'école est constituée d'un fonds commun qui doit aider à l'intégration sans nier les différences et en reconnaissant que les différences enrichissent le fonds commun....Des citoyens peuvent vivre ensemble et se comprendre s'ils partagent un minimum culturel commun. Ce fonds culturel est constitué par tout le patrimoine littéraire, artistique, technique, scientifique, dans lequel se sont exprimées les civilisations européennes et celles des autres continents..." Diff n°106 (voir le document)
En 1991, Différences s'indigne de la non scolarisation d'enfants non francophones et entame des actions pour obtenir l'ouverture de classes d'accueil: Diff n°122 (voir le document)
Le numéro 125 de Différences précise en 1992 la participation du MRAP à la "semaine nationale d'éducation contre le racisme": Cette année, la Fcpe, la Fen, la Fidl, la Ldh, la Licra, la Ligue de l'Enseignement, le Mrap, Sos-Racisme et l'Unef-Id travaillent ensemble pour cette semaine... Diff n°125 (voir le document)
Sous le titre "faut-il encercler l'échec scolaire", Différences consacre une étude aux "zones d'éducation prioritaire" et conclut :L'ensemble de ces éléments fait entrevoir que la politique des Zep, malgré les impensés, les effets pervers accumulés, constitue un champ fécond pour des pratiques enseignantes innovatrices et pour l'affinement de la réflexion sur l 'inter-action entre le local et le national, l 'histoire individuelle et le déterminisme collectif. Il reste que plus de moyens doivent y être consacrés...Et peut-être que des investissements autres que financiers sont à la clé d'un bilan plus radicalement positif: consacrer plus de temps aux pratiques innovantes et pas en heures supplémentaires, alléger les procédures administratives dont la lourdeur décourage le plus convaincu des enseignants, enfin donner à ces projets réellement prometteurs un cadre de pilotage politique compétent. Diff n°134 (voir le document)
En 1994, dans sa contribution au Conseil National consultatif des Droits de l'Homme, le MRAP souligne: "L'école reproduit et légitime la hiérarchie sociale. Ses compétences culturelles sont celles de la classe dominante. Hors d'elles, point de salut et tous ceux qui ne les possèdent pas se trouvent pénalisés. De plus, puisque le système se proclame égalitaire, on assiste même à une culpabilisation face à l'échec..." Diff n°148 (voir le document)
A l'occasion de la semaine d'éducation contre le racisme, Différences publie plusieurs contributions du MRAP au document élaboré par le ministère de l’Éducation nationale destiné aux écoles. Le MRAP souligne: Agir contre le racisme, c'est assumer une mission fondamentale: la formation du citoyen au moyen de l'éducation, de l'information, avec le concours et les apports des sciences sociales, au travers du relais de l'école, lieu privilégié d'un combat moral et rationnel face à l'affectif et l'irrationnel; c'est participer à la connaissance et à la reconnaissance des autres civilisations et de leurs apports. Diff n°152 (voir le document)
La fédération de l'Isère du MRAP soulève le problème des discriminations à l'école à partir du cas d'une école Lyonnaise: "A l'origine, il y a d'une part la volonté des enseignants de faire en sorte que l'école puisse accueillir l'ensemble des enfants du quartier et, d'autre part, le vœu des parents de Français de «souche» de ne pas envoyer leurs enfants à l'école privée ainsi que la peur du brassage de leurs enfants avec des enfants d'autres origines. A partir de là, deux classes de C.P. ont été créées, dont une regroupant l'ensemble des Français de « souche»...Un intervenant insiste: "A mon avis, on ne peut pas traiter d'un problème de discrimination et d'inégalité scolaires sans prendre en compte l'ensemble de la situation, au moins au niveau du quartier. Car c'est la vie sociale, considérée comme un tout, qui est en cause"...Diff n°169 p4 (voir le document)

La semaine d'éducation contre le racisme

En 1996, le MRAP se réjouit de constater que la semaine d'éducation contre le racisme (créée en 1984) soit "un évènement de plus en plus connu et reconnu": .Diff n°172 (voir le document) , puis dresse le bilan d'une "réussite incontestable" "La semaine d'éducation est pour beaucoup de comités locaux l'occasion de se faire connaître et de présenter le matériel et les outils pédagogiques du MRAP. Elle est dans bien des cas le point de départ d'interventions multiples qui se prolongent au-delà du mois de mars. Le travail en profondeur réalisé dans certains établissements scolaires ou MJC contribue à l'éveil des consciences et à la formation du citoyen Diff n°174 (voir le document)
En 1997 à nouveau, la semaine d'éducation contre le racisme est un succès. Alain Pellé analyse dans Différences: "A l'évidence, les actions qui se sont révélées les plus pertinentes et les plus efficaces d'un point de vue pédagogique sont celles qui ont su s'inscrire dans une dynamique à long terme : ainsi de plus en plus d'établissements scolaires, de centres de loisir, de maisons de quartier qui prennent une part active à la mobilisation autour du 21 mars intègrent désormais cette échéance dans leurs programmes annuels afin de lui assurer la plus large audience. Cette démarche d'ensemble prend notamment appui sur le constat, au demeurant banal, qu'il existe d'évidentes articulations entre un travail spécifique de sensibilisation au problème du racisme et l'ambition plus globale d'une éducation civique désormais regardée comme une des missions importantes de l'école." Diff n°186 (voir le document)
Le secteur éducation du MRAP annonce la création d'un outil pédagogique: le "jeu de loi: racisme hors jeu" et annonce l'organisaton d'une journée de formation sur le thème de "la pédagogie de l'antiracisme: Diff n°172 (voir le document)
Toujours en 1997, le MRAP intervient dans un colloque organisé par le comité de vigilance contre l'extrême-droite. il rappelle l'importance de l'éducation et affirme: "On l'a vu, on ne naît pas citoyen, on le devient. C'est une activité relationnelle avec les autres qui s'inscrit dans la durée. On apprend donc à être citoyen. Le rôle de l' environnement dominant de l'individu et celui de l'éducation sont primordiaux dans cet apprentissage. De son côté, le système éducatif est le fondement et le reflet de la société. Il en est un appareil de reproduction idéologique, et il dépend de ce fait de l'organisation de la cité. Si cette organisation est inégalitaire, injuste, discriminante, il aura tendance, malgré la meilleure volonté des pédagogues, à reproduire ces caractères...Diff n°191 (voir le document)
Dans le n°198 de Différences, Alain Pellé dresse le bilan de la semaine nationale d'éducation de 1998: "...on peut à bon droit parler de succès. L'abondance des échos recueillis tant dans la presse qu'auprès des acteurs locaux atteste, s'il en était besoin, que cette campagne ponctue fortement la mobilisation civique contre les discriminations...Phénomène intéressant, une dimension européenne s'ébauche désormais..." Diff n°198 (voir le document)
Préparant la semaine d'éducation de 1999, Liliane Lainé en résume les ambitions: "La semaine d'éducation contre le racisme a désormais acquis la dimension d'un événement national. Elle se déroulera cette année du 15 au 21 mars. Elle constituera encore une fois une occasion privilégiée pour sensibiliser, débattre, informer et mobiliser contre toutes les formes de discrimination. Ce sera un temps fort de notre lutte, menée en concertation avec tous les enseignants et les acteurs de l'action éducative, pour mettre en oeuvre les pratiques de respect de l'autre, de tolérance et de solidarité qui sont la clé d'une vraie citoyenneté. Si pendant une semaine tous les projecteurs convergent pour faire de la lutte contre le racisme le thème central des activités éducatives, c'est bien entendu toute l'année que se prépare et se développe ce travail, en utilisant notamment tous les événements ponctuant l'actualité..." . En 2000, Différences présente la semaine d'éducation au miroir des comités locaux et des multiples initiatives dans toute la France. Diff n°218 (voir le document); puis présente en détail l'activité du comité de Saint-Nazaire autour de cette semaine Diff n°223 (voir le document)
En 2001 Différences propose un dossier "Étudier l'histoire, former des citoyens". "Enseignants, animateurs socioculturels, militants, intervenants de toutes sortes croient en la pertinence de l'étude de l'Histoire pour former des citoyens responsables, capables de s'extraire des émotions et des passions identitaires, susceptibles de se forger un esprit critique et d'exercer son libre arbitre. L'enjeu est multiple. Il s'agit en définitive de toujours croire en l'humanité, de donner toutes ses chances à cette promesse qui est aussi un pari: « plus jamais ça !" Plusieurs intervenants expriment l'importance d'étudier l'histoire: "L'histoire nous a légué un passé lourd de douleurs et cette grande question qui tourmente l'humanité tout entière : pourquoi?...Il n'y a pas d'enfants, de petits-enfants de bourreaux ; il n'y a que des victimes de la haine et de la colère..." Claude Liauzu affirme: "Un enjeu de la lutte culturelle contre le racisme : enseigner notre passé colonial"...La colonisation ne se résume pas aux crimes contre l'humanité qu'elle a provoqués, et il faut lui restituer toute sa signification : elle a été, pour le pire souvent, une étape d'un processus auquel aucune société n'échappe et qu'on appelle aujourd 'hui mondialisation....Ce processus s'accompagne d'échanges, de métissages, mais aussi d'ethnocides - de destructions de cultures et de langues - , de chocs de civilisations. L'une des raisons de ces tensions tient à une immense carence intellectuelle : nous ne nous pensons pas comme des citoyens du monde. Il est urgent de mettre à jour notre enseignement, de façon à ce qu'il prépare les nouvelles générations à assumer pleinement cette situation..." Diff n°225 (voir le document)

L'éducation au nom racisme: horizons et cheminement

Toujours en 2001, Différences consacre un numéro spécial à "L'éducation au non racisme: horizons et cheminements" : "La tâche n'est pas aisée, elle requiert de croire en la perfectibilité de l'humain et de savoir poser sur l'enfant, l'adolescent, le jeune (avec ou sans casquette), le regard qui aide à grandir. Ce dossier a donc pour ambition de circonscrire autant que possible le champ de l'éducation contre le racisme, de voir en quoi l'altérité peut être apprivoisée et participer de la vie démocratique dans et à l'extérieur de l'école. Nous nous sommes attardés en chemin sur la notion de stéréotype, clé de voûte de la stigmatisation de l'autre et sur la question de l'enseignement de certains pans difficiles de l'Histoire contemporaine de la France: il faut enseigner sans culpabiliser, faire droit aux mémoires (y compris lorsqu'elles sont conflictuelles), tout en assurant un devoir d' Histoire au service de l'ensemble des citoyens. Des coups de projecteur nous ont permis d'appréhender des politiques et des expériences éducatives élaborées par des structures institutionnelles ou associatives en France et dans quelques autres pays (notamment là où la conception de la nation et de la citoyenneté est différente de la nôtre), de partager le plaisir d'un animateur d'atelier, de saisir l'anecdote significative, d'interroger un éditeur. .. La nécessaire mutualisation des informations, des outils, des pratiques d'évaluation comme la description de l'expérience du Mrap clôturent ce dossier avant que l'écrivain Amin Maalouf apporte son point d'orgue en nous conviant à un fraternel et perspicace examen d'identité." Diff n°234_235 (voir le document)
Dans le numéro spécial intitulé "jeune et citoyen; l'avenir ne se fera pas sans moi", Monique Lellouche secrétaire nationale chargée du secteur éducation souligne l'importance de "l'éducation active": "L'éducation doit préparer à l'exercice de la citoyenneté dès le plus jeune âge...Ainsi, de nombreux comités locaux du Mrap participent à des actions d'information, de prévention, de sensibilisation dans les établissements scolaires - les Semaines de mars étant un temps fort -, mais aussi dans les foyers de jeunes travailleurs, centres sociaux et de loisirs. A l'aide des supports pédagogiques du Mrap (films, eÀ'P0s, photos, affiches,jeux, brochures), ils organisent des rencontres sur les discriminations, le droit de vote des étrangers, la double peine. L'apprentissage du respect de l'autre, même différent, est mis alors en avant par une réflexion sur les valeurs communes (textes fondateurs), par des méthodes actives dont la finalité est de déconstruire les stéréotypes et ainsi amener chacun à réfléchir à son rapport à l'autre et au collectif...Diff n°239 (voir le document)
Un directeur d'école primaire analyse le travail d'éducation contre le racisme et l'utilisation du "jeu de loi" du MRAP: "Il est des valeurs que les citoyens doivent défendre. La participation des classes à des actions d'éducation contre le racisme est l'occasion de rappeler que ces valeurs n'existent que parce qu'elles sont - et ont été - défendues sans relâche. Les lois antiracistes sont de celles-là. A ce titre, l' école publique, comme école de la République, est en première ligne. L'école primaire doit promouvoir et développer l'antiracisme, le respect des autres et de leurs différences. L' ouverture sur le monde, la connaissance des autres, sont les premiers remparts contre le racisme...A cet égard, nous avons utilisé, comme outil, le Jeu de Loi mis à notre disposition par le Mrap. Ce jeu permet d'aborder les différents aspects que peut prendre le racisme...Un important travail pédagogique est mené en amont pour apporter aux élèves les connaissances indispensables à cette activité : éléments de la loi, sensibilisation à la lutte contre le racisme, lexique (discrimination, haine, témoignage, infraction, nationalité, jugement, verdict). L'objectif est bien de faire réfléchir les élèves à des situations qu' ils ont peut-être déjà rencontrées, et de leur apporter des connaissances dans différents domaines. Il s'agit de leur donner les réponses et les attitudes possibles s' ils sont confrontés à de telles situations, comme témoins ou comme victimes. L'école doit clairement affirmer ce que sont les délits racistes, et dénoncer le racisme au quotidien. Cette éducation contre le racisme est une des composantes de l'éducation à la citoyenneté, dans laquelle l'école a une place prépondérante à tenir. .Diff n°241_242 (voir le document)

Partager les mémoires

Dans un dossier "Histoire et mémoires coloniales", Différences revient sur l'importance de "partager les mémoires". Interrogeant les rapports entre France et Algérie, Claude Liauzu s'interroge: "On doit ajouter que, pour dépasser rancœur et haine, il faut aller vers un partage des mémoires entre les sociétés concernées. Ce qu'ont fait la France et l'Allemagne après trois guerres, par exemple, est-il hors de portée entre l'Algérie et la France?" et Paul Muzard analyse: "A juste titre, l'Occident, et pas seulement lui, est traumatisé par les atroces et criminels attentats aveugles qui, depuis quelques mois, font des victimes innocentes. Ces attentats sont affreux et inacceptables. Mais nos pays coloniaux pourraient en ces circonstances tragiques se souvenir des pratiques tout aussi inhumaines et cruelles dont ils ont été les auteurs au cours de leur histoire de domination. C'est en faisant mémoire du passé, et en l'assumant, que nous pourrons retrouver le chemin de l'humanité et un peu de discernement avant de déclencher de nouvelles guerres..." .Diff n°244 (voir le document)
Devant la banalisation des idées de l'extrême droite constatée en particulier lors des élections, une débat est engagé sur l'éducation contre le racisme; Cette réflexion est également menée dans le cadre du comité de pilotage de la semaine d'éducation contre le racisme.
En effet, le racisme prend de nouvelles formes à chaque moment de l'histoire. Il nous faut mieux le connaître pour le combattre avec efficacité..." De manière plus spécifique, de nombreuses questions se posent. Faut-il adopter une démarche positive, éduquer au non racisme plutôt que" contre le racisme ", lutter contre le racisme et/ou éduquer à la citoyenneté, ce qui laisserait supposer que l'éducation s'opère dans un monde sans tension ce qui est lourd de présupposés idéologiques? Ou alors serions nous amenés à fondre les discriminations racistes dans l'ensemble des discriminations?...
Notre expertise est déjà riche. Pédagogie de la prévention, cette action repose sur la sensibilisation à partir de l'information et de la construction de repères. Une réflexion critique permet alors de cerner les préjugés (transformation d'un cas particulier en généralité), de déconstruire les stéréotypes (représentations collectives, constructions sociales, qui font passer pour naturel ce qui est culturel)...
Une autre manière de procéder est de se placer sur le terrain de l'Histoire. Montrer des Histoires différentes, même si elles sont difficiles est particulièrement productif dans les classes où sont scolarisés des enfants d'origines très diverses ; cela est profitable à tous, sans exacerber la culpabilité ni un certain misérabilisme...Toutefois, la tentative pour dissoudre l'éducation contre le racisme dans l'éducation à la citoyenneté, aux droits de l'Homme, et la discrimination raciste dans l'ensemble des discriminations ne semble pas aller dans le bon sens. En effet, racisme et discrimination raciste sont spécifiques et peuvent permettre précisément d'interroger, en inter-activité, la société pour la faire évoluer vers plus d'égalité." Diff n°245 (voir le document)
En 2003, différences relate les expériences d'éducation à la fraternité menées à Vitrolles (13). En premier lieu un constat: "Paradoxalement, nos plus beaux projets sont nés alors que nous nous sentions vraiment seuls. Sous gestion F.N. puis M.N.R., tout nous a manqué, subventions, salles de réunion, cinéma ... Nous vivions dans un monde adverse préoccupé surtout de répression partisane. Au milieu de ces soucis, nous avons constaté que d'autres réfléchissaient dans le même sens que nous : beaucoup d'enseignants, spontanément, s'étaient mobilisés pour travailler sur les valeurs perdues, justice, égalité, anti-racisme, tolérance...Notre projet éducatif s'est ancré sur cette première nécessité : réconcilier au mieux certains parents avec le milieu scolaire." Le comité de Vitrolles détaille ensuite les initiatives et les projets: "Nous avons choisi une démarche : l'autonomie des équipes. Elles travaillent, selon la spécificité de leur environnement mais à partir de matériel commun, par exemple la belle exposition éditée par" Rue du Monde" : La Terre est ma couleur. Nous prévoyons des activités identiques pour donner aux enfants une expérience complice."
Diff n°246 (voir le document)

Pour un mieux vivre ensemble

A l'occasion de la semaine d'éducation contre le racisme de 2004, le MRAP en rappelle les fondamentaux: "l 'éducation à la citoyenneté contre le racisme, pour un « mieux-vivre ensemble ", mettant l'accent sur la solidarité et non la peur de l'autre, est une des réponses les plus efficaces aux défis posés à la société démocratique actuellement. Le MRAP s'est toujours fortement impliqué dans ce secteur, la semaine d'éducation contre le racisme étant un temps fort. L'éducation concerne tous les âges tout au long de la vie, mais privilégie les jeunes, car, intégrée dans la socialisation dès l'enfance, elle est un moyen cie prévention contre le racisme particulièrement efficace. Nos actions, souvent en partenariat, s'adressent à tous les publics, scolaire bien entendu, mais aussi aux jeunes dans les centres sociaux, de loisirs, foyers de travailleurs, dans les quartiers populaires... La pédagogie antiraciste que nous pratiquons est multiforme. Elle se veut positive en mettant l'accent sur l'interculturel, l'apport des différentes cultures à l'enrichissement de tous, dans le respect des valeurs fondamentales.., Pédagogie concrète, active, loin des propos moralisateurs, elle déconstruit les stéréotypes et analyse les discriminations, y compris à l'école, terrain sensible chez les jeunes...Montrer des histoires différentes, même difficiles est enrichissant pour tous, à fortiori dans les groupes de jeunes de multiples origines. L'histoire du mouvement ouvrier, de l'esclavage, cie la colonisation, de la décolonisation, des migrations, des femmes, sans occulter l'exploitation, l'oppression, en donnant la parole aux acteurs-trices des luttes menées, va permettre aux jeunes de se situer, de se reconnaître dans une société riche de tous ses métissages et ainsi de mieux comprendre les enjeux de la lutte contre le racisme... Diff n°249 (voir le document)
Puis dans le numéro suivant, le MRAP souligne: "Seule l’Éducation à la citoyenneté contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples, démarche de prévention auprès des jeunes, peut jeter en profondeur les bases d'une société de demain plus égalitaire et plus juste." et relaie les nombreuses initiatives des comités locaux...Tous soulignent à l'instar de la Fédération de sein Maritime: "C'est en effet en agissant à la base, chez les jeunes, que l'on peut le mieux apprendre le respect mutuel et la solidarité et prévenir les comportements racistes. Mais la réussite dans ce domaine est un travail de longue haleine qui nécessite l'établissement de liens patiemment tissés avec les acteur; de la vie éducative, enseignants, animateurs, travailleurs sociaux, institutions ... Diff n°250 (voir le document)
Le n°251 de Différences revient sur la semaine d'éducation contre le racisme (SECR) et constate: "Une évolution très nette se fait jour : le SECR s'inscrit de plus en plus dans des projets à long terme avec des moments forts lors de la semaine du 21 mars. Ainsi, on peut relever, de façon non exhaustive, des concours de dessins, poésies, affiches, cartes postales, malle de livres, des créations de jeux, de pièces de théâtre, de projets évolutifs et interactifs, de participation à long terme avec le Ministère de l’Éducation, les REP,etc. Mais, l'éducation contre le racisme s'adresse aussi aux moins jeunes, par exemple, dans les formations d'adultes en IUFM ou en hôpital, dans le cadre de stages syndicaux ou de comités d'établissement: Diff n°251 (voir le document)
Le rapport moral pour le congrès de 2005 du MRAP est l'occasion pour le secteur éducation de réaffirmer ses objectifs et de mettre en lumière ses nombreuses initiatives: "La Semaine d’Éducation contre le Racisme" (SECR) autour du 21 mars a toujours été un temps fort. Le MRAP participe au Comité de pilotage national qui regroupe 26 organisations ainsi qu'à l'élaboration des documents et aux diverses initiatives nationales. Relais auprès des Comités locaux, le MRAP national distribue les documents du Comité de pilotage (30 000 l'an dernier) et assure l'information, permet la mutualisation des actions, intervient dans les établissements lui aussi.... Sur le long terme, le secteur éducation élabore des documents...et organise des journées de formation et d'échange pour tous ceux qui souhaitent intervenir auprès des jeunes....
Ces journées ont été appréciées et ont permis des échanges fructueux d'expériences entre le MRAP national et les CL et entre les CL. D'autre part, elles ont rendu possible une réflexion sur la pédagogie antiraciste notamment en vue d'intervention auprès des jeunes des quartiers populaires...Cette pédagogie antiraciste est une pédagogie active, à partir de documents, non moralisante. Elle est multiforme, déconstruisant les stéréotypes, montrant que le racisme et les discriminations sont hors-la-loi ou mettant en évidence l'histoire, notamment de la colonisation, de l'esclavage, des migrations et en misant sur l'interculturel, base du métissage, dans une société en mouvement tout en respectant un bloc de valeurs universelles... Diff n°253 supplément (voir le document)

L'éducation à la citoyenneté contre le racisme, une impérieuse nécessite

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A l'occasion du 21 mars 2005, Différences publie un encart: "L'éducation à la citoyenneté contre le racisme: une impérieuse nécessité" qui réaffirme l'engagement du MRAP et qui souligne: "la pédagogie antiraciste pratiquée se veut avant tout positive en développant des actions interculturelles, dans le respect des valeurs qui sont les nôtres, mettant ainsi en évidence la richesse du métissage dans une société plurielle en devenir et en montrant que la paix et l'amitié entre les peuples peuvent ne pas être un vain mot. Elle est nécessairement non moralisatrice, ce type de discours se révélant souvent improductif, voire contre-productif...." Le dépliant détaille: "Le MRAP, un des partenaires majeurs de la SECR, est fortement impliqué dans cette campagne tant dans les Comités locaux qu'au niveau national. En effet, à cette occasion, des actions sont impulsées, des partenariats avec les membres du Collectif, engagés, des initiatives approfondies dans toute la France, de Tourcoing à Avignon en passant par Rouen, Vitrolles, Mont-de-Marsan, Toulouse, Grenoble, Villejuif, Saint-Étienne, Épinay-sur-Seine, Montbéliard, Valenciennes ...Des interventions ont lieu, très diverses, débats autour d'un film, d'une expo, d'un jeu ; concours d'affiches, de poésies, calligraphies ; fêtes interculturelles avec concerts , danse, théâtre... Diff n°254 (voir le document)
Différences n°256 met "l'éducation à l'honneur" en relatant la journée de rencontre et de réflexion autour de l'éducation qui "a pour but de globaliser les travaux des comités locaux sur l’éducation et de multiplier les échanges. Cette année, plus de 60 comités locaux et fédérations ont participé à cette journée en envoyant des documents, en apportant des objets créés par des jeunes et/ou en participant aux débats. Diff n°256 (voir le document)
En 2006, Différences réaffirme: "L'éducation contre le racisme, une priorité", "C'est dans les lieux de vie des enfants et des jeunes qu'il importe avant tout de diffuser notre message antiraciste: quelles valeurs universelles, parties prenantes des Droits de l'Homme, devons-nous partager pour que chacun trouve sa juste place, à égalité de droits? Réfléchissons ensemble! Adaptons nos réponses à chaque circonstance: école, sport, loisirs ... Diff n°258 (voir le document)
Puis présente la journée "Éducation", journée "bilan" des actions des comités locaux: "Trente militants étaient au rendez-vous, venus de tous les coins de Françe présenter des initiatives locales: problématiques, étapes et si possible plans de financement...Diff n°260 (voir le document)
Différences n°263 rend compte de la journée de l'éducation 2007: "Venus de toute la France ce samedi 9 juin 2007 à Paris, 36 militants ont témoigné du dynamisme de 27 comités locaux ou fédérations, volontaires pour échanger sur des pratiques préventives, éducatives et culturelles extrêmement diversifiées. La créativité était donc au rendez-vous de cette journée annuelle de l’Éducation anti-raciste! (voir le document)
Puis Evelyne Verlacque pour la commission éducation présente une initiative du comité des Bouches du Rhône et le voyage de deux "ambassadrices" du MRAP en Algérie: "Leur séjour, riche en rencontres culturelles, a satisfait son objectif, proposer des sujets d' échanges artistiques et citoyens entre enfants d'âge scolaire, de part et d'autre de la Méditerranée et aider ainsi à la création d’œuvres conçues en parallèle. Diff n°264 (voir le document)
Nouveau bilan en 2008 de la "semaine", Différences conclut: "Il semble, d'après les témoignages recueillis, qu'une collaboration avec des centres sociaux ou maisons de jeunes, maisons de quartiers ainsi qu'une collaboration avec la communauté de communes [Tarbes) soit très positive. Nos remerciements à tous ceux qui se sont investis dans ces actions. Diff n°267 (voir le document)
En 2009, commémorant ses 60 ans d'existence, le MRAP réaffirme: "L'éducation, une des priorités du MRAP: l'éducation est une arme puissante pour faire évoluer les mentalités et transcender les différences. L'ethnicisation croissante des rapports sociaux et de l'institution éducative nécessite la sensibilisation d'un public de plus en plus jeune: identifier les préjugés pour mieux les dépasser, déconstruire les stéréotypes, appréhender la diversité des cultures et des modes de pensée, s'affranchir du prêt-à-penser, décrypter les discours simplificateurs, adhérer à des valeurs communes ... avec toujours la volonté de faire face aux évolutions du racisme, de combattre le racisme sous toutes ses formes .et dans sa complexité. Telle est l'ambition des militants du MRAP mobilisés pour l'éducation à l'anti-racisme. Diff n°270 (voir le document)
Puis en 2011 le MRAP réaffirme la nécessité de faire face aux évolutions du racisme: "... l'éducation à la citoyenneté contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples, moyen de prévention, travail de fond, c'est une priorité, une clé pour le « bien vivre ensemble », un appel à s'engager pour l'égalité des droits contre les discriminations, le citoyen se construisant avec les autres, tout au long de sa vie. Le MRAP se place également sur le terrain de la mémoire, de toutes les mémoires, ceci permettant à chacun de se situer tout en mettant en évidence son rôle dans l'histoire collective, faite de déchirures, d'exploitations, mais aussi de luttes, de solidarités. L'éducation à la citoyenneté doit sans cesse s'affirmer, se renforcer pour faire face aux évolutions du racisme sous toutes ses formes." Diff n°277 (voir le document)

De nouveaux enjeux

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En 2012, Différences rappelle l'historique de la Semaine d'éducation contre le racisme: "C'est en 1984 que la Semaine d'éducation contre le racisme fut créée en France. Un collectif s'organisa, qui comprenait des associations contre le racisme et pour les droits de l'homme, des mouvements de jeunes et d'éducation populaire, des syndicats d'enseignants. Le ministère de l'Éducation nationale apporta un soutien relatif à cette initiative jusqu'en 2004. Les crédits alloués au CIDEM, centre de ressources, pour créer et diffuser des supports de sensibilisation (journal, affiche) s'amenuisèrent jusqu'à disparaître totalement en 2011. Le MRAP et ses comités locaux n'en ont pas moins poursuivi leurs actions pour la prévention et la sensibilisation des jeunes contre ces fléaux que sont le racisme, la xénophobie et les discriminations. Beaucoup d'établissements scolaires, de maisons de jeunes, de centres sociaux s'adressent au MRAP pour louer une exposition ou une vidéo ou demander l'intervention d'un militant...Une évolution apparaît de plus en plus nette ces dernières années : l'éducation contre le racisme s'étend bien au delà de cette semaine. La multiplication des journées mémorielles amène les établissements scolaires à solliciter des interventions tout au long de l'année... Il s'agit dans tous les cas de déconstruire des préjugés, des stéréotypes: mais pour y parvenir, il faut que les jeunes puissent prendre la parole et s'exprimer librement. La parole du MRAP n'est pas une parole moralisatrice, elle s'appuie sur la déconstruction des idées reçues. De plus en plus, les interventions lient racisme, sexisme et homophobie qui relèvent des mêmes processus de rejet : ignorance, peur et sentiment de supériorité..." Dans le même numéro, Différences publie une étude sur l'échec scolaire chez les enfants d'immigrés qui affirme: "Lorsque l'on compare maintenant les scolarités en tenant compte des facteurs sociaux et du contexte résidentiel, les différences s'estompent (qu'il s'agisse des notes aux évaluations en 6ème ou au brevet) et l'on constate même de meilleurs parcours scolaires des jeunes d'origine maghrébine (orientation vers une filière générale ou technologique et obtention d'un baccalauréat). Les différences sont donc avant tout sociales." Diff n°282 (voir le document)
Chaque année à l'occasion de la Semaine d'éducation contre le racisme, Différences relate les initiatives menées par les comités locaux comme à Vitrolles: Diff n°290 (voir le document) , Toulouse Diff n°294 (voir le document) Valenciennes Diff n°295 (voir le document), Vitrolles à nouveau Diff n°296 (voir le document)
En 2017, le numéro 302 de Différences comporte un encart éducation, qui se penche sur les idées reçues et leur diffusion. (voir le document)