Différences n°266 - avril 2008

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Sommaire du numéro

n°266 de avril 2008

  • Immigration: résistance et solidarité par Augustin Gresdoy
  • Statistiques et lutte contre les discriminations, débat cofus et risques réel par J.P. Raoult
  • Mumia Abu-Jamal: la moitié de ma vie en prison
  • Dossier: 60 ans de colonisation, où en est l'état Palestinien? [moyen-orient]
    • Extraits de la déposition d'Albert Hourani en 1946
    • Entretien avec D. Vidal à propos de son livre: comment Israël expulsa les Palestiniens
    • Plus d'un demi siècle par Robert Charvin
    • Hamas gestionnaire de l'attente de la libération par J. F. Legrain
    • Après Annapolis, l'impasse persiste par Alain Gresh
    • Gaza symbole de notre monde par M. Warschowski
    • La démocratie: une menace existentielle pour Israël par Ali Abunimah et Omar Barghouti
    • En attente de retour
  • A Valenciennes: match contre le racisme

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Texte brut du numéro

, erences N°Z66 AvrI - Mai - loin 2008 mouvement contre le racisme et C1J -1-- ru E E o Ln ~ ifférences N° 266 Avril - Mai - juin 2008 mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples IMMIBRJlTION }) RÉSISTANCE ET SOLIOARITÉ ...... p. 3 }) STATISTIQUE ET LUnE CONTRE LES DISCRIMINATIONS ...... p. 4 }) AMU ABDU JAMAL: «LA MOITIÉ DE MA VIE EN PR/SON» ...... p.5 DOSSIER }) 60 ANS DE [oLONISATION ... OÙ EST I:ÉTAT PALESTINIEN? ...... p. 6 }) ENTRETIEN AVE( DOMINIQUE VIDAL ...... p. 8 }) PLUS D'UN DEMISIÈ(LE.. . ...... p. 10 }) HAMAS, GESTIONNAIRE DE I:AmNTE DE LA LIBÉRATION ...... p. 12 }) APRÈS ANNAPOLlS, I:IMPASSE PERSISTE ...... p. 14 }) GAZA, SYMBOLE DE NOTRE MONDE ...... p. 15 }) LA DÉMO(RATIE : UNE MENACE EXISTENTIELLE POUR ISRAËL ...... p. 16 }) EN AmNTE DU RETOUR ...... p. 17 SPORT ET RJlCISME }) À VALEN(IENNES ...... p. 18 « Différences» 43, bd de Magenta - 75010 PARIS Tél. : 01 53389999 - Fax: 01 40409098 6 € le numéro / Abonnement: 21 € (4 numéros/an) Collectifs de direction Directeur de la publication: Mouloud Aoumt Directeur de rédaction (*) : J.-c. Dulieu (jcd.mrap@wanadoo.fr) Responsable production (*): S. Goldberg Assistant prod./rédaction (*) : J. Grzelczyk Administratrice (*) : M.-A. Butez (*) - Bénévoles Conception/Impression Marnat - Tél. : 0156800919 Commission paritaire n° : 0108H82681 Dépôt légal : Juillet 2007 Edita Par Moulaud AOUNIT membre du collège de la présidence du HRAP 5i le combat contl'e les discl'iminations l'acistes dans le champ social est loin d'êtl'e achevé. il est une autl'e discl'imination Qui obéit au même cheminement, aux mêmes 10'QiQues, aux mêmes cibles: les discl'iminations dans l'espace politiQue. Nul besoin de lon'Qs développements pOUl' mettl'e en évidence la cl'ise Que connait un pays sclél'osé, incapable de l'enouvelel' ses élites. Le constat est à cet é'Qal'd sans appel et accablant: SUl' 577 députés, pas un seul n'est issu des excolonies, même si un tl'ès lé'Qel' mieux est à si' Qnal81' avec la pl'ésence d'un cel'tain nombl'e de conseillel's municipaux 101's des del'nièl'es élections locales. Le pl'ésident de la RépubliQue s'enolQueillit d'êtl'e celui Qui a pl'omu la divel'sité pal' la nomination de tl'ois ministl'es. Cette l'éalité est un fait indéniable et on ne peut Que l'e'Ql'ettel', avec une cel'taine amel'tume, Que la 'Qauche Qui, à ne nomb1'8uses l'epl'ises, l'avait pl'omise, se fasse donn81' des leçons pal' un pl'ésident dont ont connait le l'ôle dans la mise en place d'une cel'taine xénophobie dEtat. Cependant il convient de c1al'ifiel' le débat afin d'utilisel' avec pl'udence ce concept de divel'sité avant de l'inscl'il'e dans la constitution comme le sU'Q'Qèl'e Nicolas 5al'kozy. De Quoi doit-on pal'lel' ? La divel'sité est avant tout à pl'endl'e en compte comme une exi'Qence lé'Qitime et attendue d'é'Qalité de tl'aitement dans l'espace politiQue. 'Elle doit pOl'tel' une idée simple: si Mohammed, 5idibé, Fatima, et tant d'autl'es doivent êtl'e t1'aités avec ni plus ni moins d'é'Qal'ds Que F1'ancis ou Michelle, ils ne doivent pas pOUl' autant entl'el' dans l'espace politiQue avec cette mal'Que de fabl'iQue « divel'sité )). La divel'sité doit à cet é'Qal'd s'instituel' SUl' la base de la compétence. Chacun doit til'el' la lé'Qitimité non de ses ol'i'Qines mais de ses en'Qa'Qements. Mais dès à pl'ésent, il convient d'évitel' QuelQues écueils : l'instl'umentalisation de la divel'sité [divel'sité alibi, ou de divel'sion ou de fail'e-valoil' Que confil'me la cohabitation d'une politiQue pOl'teuse d'une xénophobie dEtat et de l'afficha'Qe de tl'ois ministl'es de la dive1'Sité) mais é'Qalement le dan'Qel' Que l'epl'ésente1'ait la mise en oeune d'une politiQue de Quotas. 111'este Que cette Quête d'é'Qalité est un élément impol'tant pOUl' la 1'8vitalisation du l'appol't au politiQue. 11 est un levi81' puissant pOUl' fail'e évolu81' les mentalités pOUl' Que la l'éalité plul'ielle de notl'e société soit dans un même mouvement et valol'isée et banalisée. 'En conclusion d'un débat Qui ne fait Que s'ounil' dans notl'e mouvement, ce pal'ti pl'is de l'é'Qalité l'épublicaine est l'affail'e de tous: citoyens, politiQues, institutions, associations. L'exi'Qence de l'ésultat est attendue. Le défi est d'autant plus difficile Que les bloca'Qes mentaux SUl' ce sujet sont tenaces. ésistance el Solidarité par Augustin Grosdor (CL de Saint-Nazaire) Au Mesnil-Amelot, à Nantes, à Rennes et dans les 27 centres français de rétention administrative, ces prisons qui ne veulent pas dire leur nom, des hommes, des femmes, des enfants, des bébés sont emprisonnés dans des conditions souvent indignes. Dans leur désespoir, les «retenus» du Mesnil-Amelot, de Nantes se sont mis en grève de la faim. Ils refusent d'être traités comme des sous-hommes et exigent la fermeture des centres de rétention. Etre sans-papiers n'est pas un [rime ! Un seul monde 'En 2006. plus de 30000 personnes dont près de 200 enfants ont été «retenus)} en attente d'être expulsées ... Ces hommes. ces femmes, ces enfants sont en dan'Qer. Ils ont besoin de notre solidarité humaine. 11s sont en dan'Qer sur notre sol. mais bien plus souvent et plus 'Qravement dans leurs pays d'ori'Qine, 'Qu'il s'a'Qisse de menaces policières, d'emprisonnement. de tortures, de mort même pour certains, ou 'Qu'il s'a'Qisse plus simplement de la misère. Le 'Qouvernement français entretient un climat de suspicion et de peur non seulement à l'é'Qard des étran'Qers. mais aussi de leurs soutiens: poursuites judiciaires, instrumentalisation des services publics, des services sociaux comme auxiliaires de la police ... Nous sommes solidaires et en assumons les ris'Ques : notre action est lé'Qitime : c 'est la loi 'Qui doit chan' Qer! Nos sommes solidaires car notre monde est un seul monde! 11 n'y a pas le monde des puissants, des riches et le monde des pauvres, des exclus: il n'y a pas le Nord capitaliste et riche et le Sud pauvre et dévasté: il n 'y a pas un là -bas et un ici: il n'y a pas un monde des sans-papiers et un monde avec papiers. La liberté de circulation ce n'est pas celle des capitaux et de marchandises: c 'est d'abord pour «toute personne le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'.intérieur d'un Etat» [article 13 de la déclaration universelle des droits de l'Homme). 11 y a 20 ans tombait le Mur de Berlin: nous exi'Qeons aujourd'hui la destruction de tous les murs, 'Qu'ils séparent le Mexi'Que et les Etat-Unis, les Palestiniens et les lsraéliens, l'Afri'Que et l'Europe ... 11 n 'y a pas plusieurs civilisations 'Qui s'affrontent: il n'y a 'Qu'un civilisation humaine. 11 y a un seul monde des hommes et des femmes vivants. Au nom de l'Humanité C'est au nom de l'Humanité 'Que nous résistons aux décisions arbitraires et brutales 'Qui brisent l'avenir des sans-papiers et violent leurs droits fondamentaux. Nous refusons les mesures indi'Qnes et inhumaines. Nous les refusons en accord avec les principes du droit international 'Qui protè'Qent les mi' Qrants, les droits de l'enfant et la vie privée et familiale. Nous les refusons en accord avec les valeurs universelles de fraternité, d'é'Qalité, de liberté et d'accueil dont se réclame la Républi'Que. Nous les refusons comme d'autres l'ont fait en d'autres périodes de l'histoire. Nous refusons l'hypocrisie des textes parlementaires 'Qui prétendent favoriser l'inté'Qrationen France des étran'Qers 'Qui veulent rejoindre un parent installé ré'Qulièrement et 'Qui rendent 'Quasiment impossible le re' Qroupement familial . Nous refusons la loi «Hortefeux » destinée à perpétuer le pilla'Qe des pays du Sud et à barrer la route aux familles au nom d'une prétendue «identité nationale» mythi'Que justifiant l'exclusion de ceux 'Qui n'en relèveraient pas. Nous refusons l'infamie des tests A.D.N. prévus aux fins d'une prétendue «vérification d'une filiation biolo'Qi'Que déclarée ». Nous refusons les projets 'Qouvernementaux de lé'Qalisation des 'Quotas et de constitution d'une juridictions spéciale pour les sans-papiers. Nous refusons 'Que les étran'Qers soient utilisés comme boucs émissaires pour détourner des 'Qraves problèmes 'Que sont le chôma'Qe, la précarité, la protection sociale, le pouvoir d'achat, les services publics, les retraites, les discriminations, l'avenir de la planète ... Nous refusons la casse du code du travail dont les immi'Qrés sont les premières victimes. Nous refusons le honteux projet de directive européenne sur la rétention et l'expulsion des personnes étran'Qères 'Qui prévoit une rétention pouvant atteindre 18 mois et instaurer une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées. Nous refusons 'Que la prochaine présidence française de l'Union Européenne soit l'occasion pour N. Sarkozy de renforcer les mesures 'Qui font de l'Europe une forteresse de nantis Nous voulons 'Que la politi'Que de répression contre les étran'Qers et sin'Qulièrement les sans-papiers soit remplacée par une politi'Que d'accueil leur permettant de vivre di' Qnement ici, en France, en Europe, là où ils en décideront. 3 4 Statistiques et lutte contre les discriminations •• Jean-Pierre Raoult Mathématicien-statisticien Professeur des universités émérite MRAP (comité local de Nanterre) débat confus et risques réels Les « statistiques ethniques» font depuis quelques mois, dans le monde politique et associatif comme dans les médias, l'objet de débats, avivés par l'article 63 de la loi Hortefeux 1« relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile »1 qui portait sur« la conduite d'études sur la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l'intégration ». Adopté par le parlement en octobre 2007, cet article fut refusé par le conseil constitutionnel. Mais, dans Il!s milil!ux qui SI! préoccupl! nt dl! l'analysl! dl!s discriminations éprouvél!s par divl!rsl!s catégoril!s dl! résidl!nts I!n Francl!, CI! débat I!st ancil!n : on sait qUI! ces discriminations, subil!s dans la rl!chl! rchl! dl! l'I!mploi I!t du logl!ml!nt ou dans la vil! profl!ssionnl!lIl!, sont largl!ml!nt motivél!s par dl!s caractéristiqul!s rl!pérabll!s comml! II! nom, II! lil!u dl! naissancl!, la coull!ur dl! pl!au, voirl! mêml! la rl!ligion, aux côtés d'autrl!s, dl! naturl! sociall!, qui Il!ur sont liél!s, comml! II! lil!u d'habitation ou II! manil!ml!nt dl! la langUI!. ['I!st toutl! la divl!rsité, I!n particulil!r visibll!, dl!s habitants dl! CI! pays, qu'il faut prl!ndrl! I!n comptl! pour comprl!ndrl! l'égalité dl! Il!urs sorts I!t donc II! tl!rml!, dominant dans Il!s discussions actuelll!s, d'ethnies, nI! recouvre pas la totalité de la question. Tous ceux qui se sont attachés à ce problème, à titre professionnel [organismes comme l'Institut National d'Etudes Démographiques [INEDJ ou l'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques IINSEEJ ou bien à titre régll!mentaire [Commission Nationall! Informatique et Libertés [[NILJ, Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations I!t pour l'Egalité [HALDEJ ... J ou encorl! à titre militant, partagent la conviction qUI! la lutte contre les discriminations a tout à gagner d'études rigoureuses sur Il!ur nature et leur originl!. Ll!s statistiques apparaissent alors comml! l'un des moyens dont on doit étudier l'emploi dans cette lutte. Le MRAP, dont la revul! s'intitule « Différences », se doit de traitl!r avec la plus grande attention les analyses sur la diversité en en appréciant les acquis et les risques. Ainsi son comité local de Nanterrl! a tenu un débat public avec des spécialistl!s, statisticiens, démographes, juristes, universitaires, intitulé: « Ll!s « statistiques ethniques », information ou dangers? » ; un recueil de références [textes légaux, pétitions, positions syndicales, séll!ction d'articll!s ... J peut-être obtenu auprès de lui (HRAP, l7 rue 5ad;Carnot, 91000 Nanterre ou mrap. nanterre@orange.frj. Dn doit tout d'abord préciser que c'est d'enquêtes et non de recensements qu'il s'agit dans la loi Hortefeux ou l'étude « trajectoirl!s I!t originl!s », projetél! pour 2D08 par l' INED I!t l'INSEE, qui a suscité dl!s débats dl! déontologil! dans Il!s milieux concl!rnés. Or la référl!ncl! souvl! nt faite aux Etats-Unis ou à la Grandl!-Brl!tagnl! concernl! dl!s situations différentl!s dl! la nôtrl! : aux USA, l'appartl!nancl! ethniqul! I!st VUI! par la plupart dl!s citoyl!ns comml! unI! caractéristique pl!rsonnelll! publiqul! naturl!lIl! ; I!n G-B, unI! noml!nclature a été misl! I!n placl! lors d'un rl!cl!nsl!ml!nt Vl!rs 1980 I!t rl!maniél! au rl!cl!nsl!ml!nt suivant; il s'agit donc là bil!n dl! données individuelles. [I! qui est I!xpliciteml!nt I!n débat actuelll!ml!nt en France, C'l!st uniqul!ml!nt II! vécu dl! pl!rsonnl! s intl!rrogél!s, lors d'I!nquêtl!s anonyml!s, en matièrl! d'origine, de couleur dl! pl!au, dl! rl!ligion, I!t CI! sans qUI! soit proposél! unI! tl!rminologil! dl! référencl!. D'ailll!urs l'articll! 63 dl! la loi Hortl!fl!ux stipulait: «la présentation dl!s résultats du traitl!ml!nt dl! donnél!s nI! pl!ut I!n aucun cas pl!rml!ttrl! l'idl!ntification directl! ou indirl!ctl! dl!s pl!rsonnl! s concl!rnél!s ». On pl!ut donc rl!grl!tter que l'inquiétudl! I!xprimél! alors ait I!U pour I!xprl!ssion la plus visibll! unI! pétition lancél! par SOS Racisml!, à laqul!lIl! SI! sont associés Il!s dirigeants dl!s principaux mouvl!ml!nts anti-racistl!s dl! CI! pays, dont II! MRAP ; cettl! pétition état titrél! « Fichl! pas mon potl! », I!ntretl!nant ainsi une Cl!rtainl! confusion sur la réalité du dangl!r. Il nI! s'agissait pas pour II! moml!nt dl! « fichagl! ». Mais II! risqul! de dérive était rél!l I!t c'est lui qUI! nous dl!vons apprécil!r. LI! fait mêml! qUI! Cl!t article de loi figurl! dans un tl!xtl! sur « la maîtrisl! de l'immigration », source dl! poursuites individUl! lIes, I!st déjà révélatl!ur dl! CI! risqul!. Oe plus cl!rtains de ceux qui, comml! II! [onsl!il Rl!présl!ntatif dl!s Associations Noirl!s [CRANJ affirml!nt que dl!s « statistiqul!s I!thniqul!s » sl!rvirail!nt d'indicatl!urs utill!s sur la réalité dl!s discriminations souhaitl!nt I!n particulil!r s'I!n servir pour manifl!ster qUI!, dans tl!l ou tl!l lil!u [administration, entrl!prisl! .... J cl!rtainl! s « populations» sont sous rl!présentél! s ; ceci impliqul! unI! caractérisation à des échl!lIes bil!n plus finl!s qUI! la nat ion et, plus II! lil!u d'enquêtl! I!st pl!tit, moins l'anonymat I!st assuré. En fait, dl!s étudl!s statistiqul!s sur la diversité dl!s habitants I!t SI!S conséqul!ncl!s sociall!s SI! pratiquent déjà légall!ml!nt I!n Francl!. La [NIL doit vl!illl!r à Il!ur conformité à la loi dl! 1978, qui stipule comml!nt on pl!ut« colll!ctl!r ou traiter dl!s donnél!s qui font apparaîtrl!, dirl!ctl!ml!nt ou indirl!cteml!nt, Il!s origines raciales ou ethniques» ; l'article 63 de la loi Hortefeux visait à une réaffirmation et une actualisation de ce contrôle de la [NIl. Si cet article était dangereux, c'est donc moins par son libellé que par la « légitimation» qu 'il pouvait donner à la multiplication d'enquêtes plus ou moins contestabll!s. Que nous propose-t-on en I!ffet d'observer? On nous dit qu'il n'y aurait pas de liste type de catégories ethno-raciales et que chaque personne interrogée serait libre de SI! définir à son gré ; outre qUI! cl!tte « liberté» peut être sujette à caution, ceci pèsl!rait sur l' utilisabilité dl!s résultats obtenus. De plus, l'éventualité existe de s'acheminer vers l'établissement de tl!lIes catégories; on voit alors les limites scientifiques de cette démarche [les tâtonnements en G-B sont révélateursJ, en particulier dans l'appréhension du mét issage, qui est une réalité vécue bien plus qu'une donnée object ive. Mais il y a plus grave : du fait d'avoir été établies par des cherchl!urs, CI!S catégories pourrail!nt acquérir une forme accrue de légitimité [phénomène de « réification »J et donc amener des gl!ns à se voir d'abord comme tels ou à se trouvl!r ainsi catalogués par d'autres. Il y a là unI! menace de communautarisation qui est à la fois contrairl! à nos traditions nationales et condamnée par le MRAP. Doit-on alors rejeter tout outil chiffré dans la luttl! contre Il!s discriminations? [I!rtes non! Des méthodes d'enquêtes altl!rnativl!s [comml! le « testing » pratiqué à grande échl!lIl!J existl!nt ; surtout on sait qUI! nombre de critères qui interviennl!nt, directement ou non, dans les discriminations [nom, lieu de naissance, adresse, pratique de la langue ... J sont accessibles sans prêter à contl!station. De telles études doivent être vivement encouragées. Chaque technique a SI!S avantages I!t ses limitl!s ; mais l'illusion selon laquelle la statistique peut, et donc doit, tout observer, doit être combattue. Dans ce domaine sl!nsible, il faut être vigilant pour trouver l'équilibrl! entre connaissance légitime et intrusion dangereuse. ['est le rôle des scientifiques concernés; c'est aussi celui des militants antiracistes. MUMIA ABU-JAMAL: 'LA MOITIE DE MA VIE EN PRISON l' En dired du Couloir de la MarI, Pennsylvanie, Pa, USA. «je suis Humia Abu-jamal, jaurnaliste Afro-Américain, emprisonné en 1981 et dans le cauloir de la mort depuis 1982.je vais avoir 54 ans le l4 avril. En décembre prochain j'auroi passé la moitié de ma vie en prison pour un crime que je n'ai pas commis. ('est dans ce lieu que je continue à exercer man métier. On a essayé de me tuer, la nuit du 9 décembre 1981, dans une rue de Philadelphie. On m'a retrouvé, inconscient et gisant dans man sang sur un trottoir de la ville, avec, à mes côtés, un policier blanc tué par balle. Egalement blessé par balle, j'ai une plaie profonde à la tête; elle est causée par d'autres policiers qui m'ont projeté avec farce cantre un lampadaire. Des riverains le confirment. Cependant, lors du procès, en 1982, la palice, puis le juge Saba, les empêchent de témoigner. En trois semaines, avec un avocat commis d'office, trois cents dallars pour payer ma défense et quelques témoins à charge soudoyés par la palice an m'a candamné à mort {un 3 juillet, juste avant d'aller célébrer la fête nationale ... pour les blancs !J. je n'ai jamais tiré sur ce policier. je l'ai dit en 1981, en 1982, je l'ai redit dans une déclaration saus serment en 2001. Alars, de quai suis-je coupable? D'avoir survécu aux blessures infligées par des policiers? D'avoir, sans relâche, dénoncé leurs turpitudes et leur vialence envers les plus faibles? D'avair rejoint les Panthères Noires quand j'avais 14 ans? D'avoir la peau trop noire? ('est tout cela, probablement, qui m'a canduitjusqu'au couloir des candamnés. Le 27 mars dernier, vous avez sans doute entendu parler de mai sur les ondes, à la télé, dans les journaux; vaus êtes rassurés, an vous a dit que ma peine de mort était annulée. Hais attention! [e n'est qu'unjeu pervers, un acte déjà joué en 2001 par un autre juge fédéral, le jeu du mi-vrai mi-faux qui permet aux militants et sympathisants que vous êtes de relâcher votre attention et de vous tourner vers d'autres camarades qui requièrent également votre énergie pour retrouver liberté et droit à la parole un peu partout sur notre planète ... Ne vaus laissez pas prendre, vous mes amis qui êtes dehors! Parlez pour nous, les quelques 20,000 condamnés à mort et les millions de détenus qui peuplent les prisons du mande! [e n'est que grâce à votre vigilance, votre présence dérangeante et assidue, depuis 1995, le mercredi soir à 18h Place de la Concorde, relayées par Robert R. Bryan man avocat, lui aussi acquis à ma cause, que la [our fédérale de Philadelphie, composé de trois juges, a accepté d'entendre nos arguments, le 17 mai 2007. Presqu 'un an plus tard, après une langue attente, la cour a statué : elle annule une partie de man procès pour vice de forme et atteinte à mes droits canstitutionnels {les instructions données au jury étaient inexactes et les formulaires à remplir non-canformes]. Cependant seule ma peine sera reconsidérée 1 A deux voix contre une, je reste donc, selon la décision des juges américains, coupable du meurtre du policier blanc William Faulkner. Comme en 2001, après la décision du juge fédéral Yohn, je reste enfermé dans le couloir de la mort, conformément à notre législation; je peux, à nouveau, être condamné à mort par un nouveau jury lj'ai déjà eu deux mandats d'exécution, en 1995 et en 1999]. Sans procédure d'appel, dans un délai de six mais, ma peine sera autamatiquement commuée en prison à vie. Un juge, le juge Ambro, s'est apposé à la décision de la [our Fédérale de Philadelphie: il a demandé, dans un long mémoire de 41 pages, pourquoi la jurisprudence dite 'Batson' {racisme établi dans les chaix des jurésJ ne s'appliquait à man cas puisqu'elle s'appliquait à taus les citoyens américains, que leur culpabilité ait été prouvée au non. Est-ce à dire que je ne suis pas citoyen, hormis dans votre pays, où vous m'avezfait cet honneur? Ou peut-être qu'an ne pardonne jamais à une ancienne Panthère Noire? ('est compter sans vous, mes amis connus et inconnus, qui par deux fais déjà ont fait annuler man mandat d'exécution. A votre tour, vous êtes devenus la « voix des sans voix », « la voix des sans chaix », les maillons d'une chaÎne humaine de solidarité qui seule peut vaincre la torture, l'emprisonnement, les exécutions arbitraires ... Vous êtes la vaix des 228 emmurés vivants du couloir de la mort en Pennsylvanie, des 3350 candamnés qui attendent d'être exécutés dans man pays, des milliers de condamnés à mort enfermés en Chine, en Iran, en Irak, au Pakistan, au Soudan, au japon ... Herci, merci à vous taus, mes amis français ... » Voici le message que Mumia nous a ardemment prié de vous transmettre lorsque nous l'avons rencontré à SCI Greene [sa prison] le 11 novembre dernier. je l'ai développé en Fonction de l'actualité judiciaire du 27 mars 2008. Tous ensemble nous obtiendrons un nouveau procès qui acquittera Mumia d'un crime qu'il n'a jamais commis. Il retrouvera sa liberté et sa dignité! FREE MUMIA ABU-jAMAL! Claude Guillaumaud-Pujol, CollectiF «Ensemble Sauvons Mumia Abu-jamal», membre de la commission Amerique du MRAP • Paris, le 31 mars, 2008 En copie à Mumia Abu-Jamal et Robert R. Bryan, avocat au barreau de San Francisco et New York. 5 & 60 ans de [olonisation ... Où est l'Etat palestinien? Par Alexandrine Vocaturo (MRAP - Commission Moren-Orient) 1948-2008 : les Israél iens célèbrent les 60 ans de leur Etat, les Palestiniens commémorent la perte des 4/5 de leur terre, la « nakba », la « catastrophe », 60 ans que la résolution 194 sur le droit au retour (ou à compensation) des réfugiés palestiniens a été votée, 60 ans que la question palestinienne est une plaie ouverte ... Pourtant il ya soixante ans, la fin du mandat britann ique aurait pu donner naissance à un projet « révolutionnaire », pa rce qu'inédit en plein coeur du MoyenOrient: la constitution d'un Etat démocratique de tous les citoyens, sans distinction de religion; un progrès par rapport au modèle confessionnellibanais, une alternative au plan de partage. Le projet sioniste de création d'un état juif, avec l'appui déterminant des Britanniques, allait ruiner cette utopie. Lors du [NP d'Alger en 88, l'OLP abandonne le projet de Grande Palestine et recon- Kamal Boullata, Deir Yassine Le 9 avril 48, l'Irgoun, dans sa stratégie de terreur, massacre 250 habitants de le village, naît Israël en contrepartie de l'établissement d'un Etat palestin ien sur les territoires délimités par les frontières de 67. Aujourd 'hui, la situation semble plus bloquée que jamais. La Palestine, émiettée, morcelée géographiquement, se retrouve séparée en deux entités qui s'opposent politiquement. Israël s'implante toujours plus en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et, par la colonisation, organise méthodiquement l'irréversible. L'appui inconditionnel des Etats-Unis à Israël, la responsabilité, voire la complicité, de la « communauté internationale» rendent possible l'intransigeance israélienne. Alors que la situation est dramatique et que la création d'un Etat palestinien est toujours reportée à plus tard, apporter une solidarité matérielle est nécessaire mais insuffisant. Il nous faut agir avec plus de détermination pour exercer des pressions sur nos gouvernements et exiger des mesures à l'encontre de la politique de destruction et de chaos menée par Israël. Le peuple palestinien a plus que jamais besoin de notre soutien politique. Trois extraits de la déposition d'Albert Nourani devant la [ommission d'enquête anglo-améri[aine en 1946 (*) Albert Hourani fut l'un des quatre représentants arabes (avec Jamal Husseini, Awni Abdel Adi et Ahmad Choukeiri) à s'exprimer devant celle commission. Mons ie ul' le Pl'é sident, En préalable, parlant en tant que membre du Bureau arabe - et, je crois, étant le dernier à s'exprimer du côté arabe - je pense qu'il est bon d'insister, sans expl iquer davantage ce qui n'a pas besoin d'être expliqué, sur l'opposition inaltérable de la Nation arabe au projet d'imposer un Etat juif sur son sol. Cette opposition est fondée sur l'inébranlable conviction de nos droits inaliénables et sur l'injustice qu 'il y a à imposer des immigrants à une population établie depuis longtemps, cela sans qu'on la consulte, contre son avis et sa volonté, connue et exprimée l'injustice de faire d'une majorité une minorité dans son propre pays; l'injustice de lui refuser l'indépendance jusqu'à ce que les sionistes soient majoritaires et puissent en bénéficier. L'opposition arabe est également motivée par les dangers que représente le sionisme, qui menace de perturber le développement de la paix arabe - sociale, économique, politique et intellectuelle - et menace également, sinon de dominer le monde arabe, au moins d'en perturber l'existence pour les générations à venir. Le peuple arabe, s'exprimant par la voix de ses dirigeants, a sans cesse affirmé que la seule solution juste et viable au problème de la Palestine est la constitution de la Pa lestine, le plus tôt possible, en Etat indépendant, avec sa majorité arabe, mais avec les pleins droits pour les citoyens juifs de Palestine. Un Etat qui siégerait aux Nations unies et à la Ligue arabe à égalité avec les autres Etats arabes; un Etat dans lequel les problèmes d'ordre général, comme l'immigrat ion, seraient traités dé-mocratiquement selon le voeu de la majorité. [ ... ] Les propositions sionistes ont elles aussi une apparence d'irrévocabilité, bien que nous pensions que leur application est impossible. Et si l'on tentait de les mettre en pratique, cela créerait une terrible injustice et ne pourra it se faire qu 'au prix de désordres et de répression terribles, avec le risque d'anéantir toute la structure politique du Moyen-Orient. [ ... ] Mais deux questions me taraudent l'esprit. Premièrement, le sionisme n'implique-t-il pas, en fait, la perte d'un espoir en l'Europe et en la démocratie européenne? N'est-il pas un rejet de l'Europe et de tout ce qu'elle signifie ? N'est-ce pas l'aveu que l'Europe a échoué, que la démocratie européenne n'est rien qu'une illusion, et que les juifs ne pourront jamais, jamais vivre en bonne relation avec l'Europe? La deuxième question est de savo ir si, à supposer qu'un Etat juif soit créé en Palestine, les ju ifs deviendraient une nation normale, comme toutes les autres nations. je ne pense pas que l'inimitié à l'égard des juifs ne soit due qu'à une combinaison de causes pol itiques, économiques et sociales. je pense qu'elle se situe bien plus profondément que cela et qu'on ne peut finalement l'expliquer qu'en termes théologiques ou métaphysiques. Et il me semble que si les sionistes revena ient en Palestine et réalisaient leur rêve d'Etat juif, l'inimitié dont ils souffrent, et tout ce que cela implique dans leurs rapports avec les autres, changerait certes de fo rme, mais pas forcément pour le meilleur. Enfin, les relations entre les Arabes et l'Occident. Là encore, mes opinions sur ce sujet ont été largement exposées dans les diverses dépositions écrites, et je ne vais pas y revenir en détail. Mais il me semble évident que la principale tâche des Arabes, aujourd'hui , est d'accepter la civilisation occidentale et le nouveau monde occidentalisé qui est en train de naître. Et les Arabes ont aujourd'hui le choix entre plusieurs voies: ils peuvent se tourner vers l'Occident, vers le monde, ouverts et récept ifs, en essayant de prendre ses meilleures et ses plus grandes valeurs traditionnelles pour les mélanger aux leurs, en essayant d'établir une relation pleine de tolérance et de confiance entre eux et les pays occidentaux avec lesquels ils se mettront en contact, et en essayant d'entrer dans la communauté du nouveau monde à égalité avec lui et dans un esprit de coopération. Ils

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,.:.....h4'~~'-" peuvent aussi tourner le dos à l'Occident et au monde, s'isolant spirituellement et, pleins de haine, ne prendre du monde extérieur que les moyens matériels de le combattre. je pense que les Arabes doivent choisir la première voie, et que c'est cette voie que leurs dirigeants veulent su ivre. Cependant l'attitude que les Arabes adopteront vis-àvis de l'Occident ne dépend pas entièrement des Arabes eux-mêmes ; elle dépend très largement de l'attitude que l'Occident adoptera vis-à-vis d'eux. Et c'est là ce que le sionisme intervient. Pour les Arabes, le sionisme est devenu une façon de tester les intentions occidentales, et aussi longtemps que le préjudice, l'intolérable préjudice qu'est le sionisme, existera, il sera impossible aux Arabes d'établir avec le reste du monde cette relation de tolérance et de respect, de confiance et de coopération, de vivre en paix avec eux-mêmes et avec leurs voisins. Et il sera impossible à cette Nation arabe - progressiste, tranquille, satisfaite et stable - de naître à ce que nous souha itons tous, et à quoi nous voulons tous nous employer. C"J L'intel'vention e s t disponible dans son intéVl'alité dans le n° 99 de la Revue d'Etudes palestiniennes du pl'intemps 2006 7 8 E tretien ave, Dominique Vidal (*) à propos de son livre : Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947 -1949) (**) Diffél'ences : En 1948, plusieul's centaines de milliel's de Palestiniens, 'Qui vivaient SUl' les tel'l'itoil'es finalement occupés pal' lSl'aël, ont dû 'Quittel' leul's foyel's. Pouvez-vous fail'e un point SUI' les l'echel'ches histol'i'Ques concel'nant cette 'Question? Depuis soixante ans, une intense bataille de propa' Qande oppose deux versions des événements: - Pour les historiens palestiniens et arabes, il s'a'Qit d'une expulsion. La majorité de ces 700 000 à 900 000 réfu'Qiés ont été contraints au départ, au cours des affrontements judéo-palestiniens. puis de la 'Querre israélo-arabe, dans le cadre d'un plan politico-militaire jalonné de nombreux massacres. - Selon l'historio'Qraphie israélienne traditionnelle, au contraire, les réfu'Qiés - 500 000 au maximum - seraient partis volontairement, répondant aux appels des diri'Qeants arabes Qui leur auraient promis un retour rapide après la victoire. Néanmoins dès les années 1950, Quelques personnalités israéliennes, liées notamment au Parti communiste et au Mapam, contestaient cette thèse. Depuis la seconde moitié des années 1980, elles ont été rejointes dans leur critique par un certain nombre de journalistes et de chercheurs : Simha flapan, Tom Se'Qev, Avi Shlaïm, 11an Pappé et Benny Morris - c'est ce dernier, avec The Birth of the Palestinian Refu'Qee Problem (1988), Qui a donné le si'Qnal du scandale et inventé l'expression {( nouveaux historiens ». Diffél'ences : En 'Quoi leul's thèses malQuent-elles une l'uptul'e ? Disons, pour schématiser, Que les {( nouveaux historiens » ébranlent en particulier trois mythes de l'historio'Qraphie traditionnelle: - Le premier, c'est la menace mortelle Qui aurait pesé sur lsraël à l'époque. Les {( nouveaux historiens » confirment la supériorité croissante des forces israéliennes, à Quoi s'ajoutent l'appui politiQue des Etats-Unis [en tout cas de leur présidence) et le soutien militaire et diplomatique de l'URSS. Sans oublier, douze jours avant le plan de parta'Qe par l'ONU, l'accord tacite passé entre Golda Meir et le roi de Transjordanie, la Lé'Qion arabe s'en'Qa' Qeant à ne pas franchir les frontières du territoire alloué à l'Etat juif, en échan'Qe de la possibilité d'annexer celui prévu pour l'Etat arabe. - Le deuxième mythe concerne la volonté de paix Qu'aurait manifestée lsraël au lendemain de la 'Querre. Les archives montrent Qu'lsraël est venu à la conférence de Lausanne uniquement pour complaire aux Américains et aux Européens et obtenir ainsi son admission aux Nations unies. À cette fin, Tel Aviv ratifiera un protocole réaf- Ismaïl Shammoul. Nous relournerons. 1954. huile sur loile firmant à la fois le plan de parta'Qe et le droit aux retour des réfu'Qiés. Mais il sabotera ensuite la conférence. - Le mythe le plus sérieusement ébranlé concerne l'exode des Palestiniens, Diffél'ences: Exode, fuite, expulsion, tl'ansfel't, 'Qu'en est-il des l'echel'ches? Benny Morris le montre, les archives ne contiennent aucun appel national arabe à la fuite. Quant aux fameuses exhortations dans ce sens Qu'auraient diffusées les radios arabes. on sait. depuis l'étude systématique de leurs pro'Qrammes enre'Qistrés par la BBC, Qu'il s'a'Qit d'inventions pures et simples. Certes. dans les semaines suivant le plan de parta'Qe, il y eut 70 000 à 80 000 départs volontaires, pour l'essentiel de r iches propriétaires terriens et des membres de la bour'Qeoisie urbaine, Dans un deuxième temps, si l'on se réfère au premier bilan des Services de Rensei'Qnements de la Ha'Qana [daté du 30 juin 1948), le nombre de Palestiniens ayant Quitté le territoire alors aux mains d'lsraël est estimé à 391 000. Le rapport indique Que 73 % de cet exode ont été causés par les opérations israéliennes d'expulsion - principalement de la Ha' Qana [55 %), et des dissidents de l'lr'Qoun et du Lehi [15 %) et leurs différentes tactiques. L'émi'Qration due à la {( peur » ou la {( perte de confiance » représenter ait 22 %, les appels arabes locaux à la fui te n'entrant Que pour 5 % des cas. A par tir de la reprise des combats, en juillet 1948, la volonté d'expulsion ne fait plus le moindre doute. Un symbole : l'opération de Lydda et de Ramleh, le 12 juillet 1948 : après une violente répression [250 morts), Quelque 70 000 civils palestiniens des deux villes - soit près de la % de l'exode total de 1947-1949 - sont évacués par la force, avec exécutions sommaires et pilla'Qes. Des scénarios similaires seront mis en oeuvre durant l'été, l'automne et l'hiver du Nord [la Galilée) au Sud [la plaine côtière et le Né'Quev), Diffél'ences: En fait, il s'a'Qit bien d'un plan pl'o'Ql'ammé ... C'est sur cette Question Que le débat est le plus vif entre historiens anciens et nouveaux et au sein même de la nouvelle école, notamment entre Benny Morris et 11an Pappé. Benny Morris insiste, certes, dans la seconde édition de son maître-livre -The Birth of the Palestinian Refu' Qee Problem Revisited (2004) -, sur l'en'Qa'Qement de lon'Que date de David Ben Gourion en faveur du projet de {( transfert» à partir de 1937. 11 nous apprend aussi, archives à l'appui, Que les textes du mouvement sioniste ont été systématiquement expur'Qés pour 'Qommer, et les allusions à ce {( transfert », et les opérations d'expulsion, envisa'Qées ou réalisées. 11 montre le souci permanent de Ben Gourion de ne laisser aucune trace de sa responsabilité et de ne pas voir {( le 'Qouvernement israélien [ ... ) impliqué dans une politique moralement discutable ». Ses travaux révèlent en outre le rôle joué par Yosef Weitz, Qui obtiendra dès avril 1948 la constitution d'un {( or'Qanisme Qui diri'Qe la 'Querre avec pour but l'éviction d'autant d'Arabes Que possible» officialisé plus tard en {( Comité du transfert ». 11 met enfin en évidence ce Qu'il appelle {( le facteur atrocité », montrant ainsi Que, loin de représenter une bavure, le massacre de Deir Yassine a été précédé et suivi de nombreux autres commis par la Ha'Qana puis par Tsahal de la fin 1947 à la fin 1948. Dans la préface à la seconde édition de The Birth, il écrira même : {( Ce Que montrent les nouveaux matériaux, c'est Que les lsraéliens ont commis b ien plus de massacres Que je ne l'avais pensé auparavant. » Comme on le voit, le résultat de ses recherches sont autant de démentis infli'Qés à l'histoire officielle. 11s sont autant d'ar'Quments Qui attestent de la réalité d'une politique d'expulsion. Néanmoins, Benny Morris maintient Que {( le problème palestinien est né de la 'Querre, et non d'une intention, juive ou arabe » - alors Que, paradoxalement, il défend depuis 2004 la nécessité de ce Qu'il appelle un {( nettoya'Qe ethniQue » ... llan Pappé, s'il reconnaît à ses confrères le mérite d'avoir démontré l'absurdité de la thèse d'un départ volontaire des Palestiniens et confirmé la matérialité d'expulsions massives, leur reproche d'avoir {( éludé la Question du nettoya'Qe ethnique ». Pour lui, le fait de s'appuyer uniquement sur les archives, sans prendre en compte l'histoire orale y compris arabe, les empêche de mieux saisir la dimension de la {( planification systématique» de l'expulsion. ISRAEL 1 1D48-1967 1999 Pour lui , loin d'être une conséquence de la 'Querre, l'expulsion est le résultat d'un plan mûrement réfléchi, préparé lon'Qtemps à l'avance et mis en oeuvre minutieusement. C'est ce Qu'il démontre dans son dernier livre, Le Nettoya'Qe ethnique de la Palestine [fayard, 2008), 11 raconte, par exemple, comment, dès avant la Seconde Guerre mondiale, fut constitué un fichier· détaillé [complété par des photo'Qraphies et des relevés topo'QraphiQues) de chacun des villa' Qes de Palestine. En 1947, celui-ci comprendra des listes de {( suspects » ou de {( personnes recherchées », identifiées avec l'aide d'informateurs arabes, Qui serviront aux troupes juives en 1948 dans leurs assauts - et, parfois, leurs massacres - contre les localités arabes. Plus radical Que les autres historiens - il est d'ailleurs le seul à se définir comme {( antisioniste )) -, llan Pappé veut, selon ses propres termes, {( défendre le paradi'Qme de nettoya'Qe ethnique, et le substituer à celui de 'Querre )) dans l'analyse de la 'Querre de 1947- 1948. ( * ) DominiQue Vidal est historien et journaliste au Monde diplomatiQue. ( * * ) Comment lsraël expulsa les Palestini ens (1947 - 1949) de DominiQue Vidal est paru aux éd itions de L·Atelier. Ce livre présente les apports de « nouveaux historiens }) israé liens. La postface de Sébastien Boussois y fait le point sur les polémiQues actuelles Que suscitent en lsraëlles travaux de cette « nouvelle école }). 9 10 , Par Robert Charvin (Professeur Emérite de l'Université de Nice - Sophia-Antipolis) Un demi -siècle et toujours aucune solution en vue du conflit israélo-palestinien : un demi-siècle de misère et d'humiliation pour le peuple palestinien "Qui ne se voit toujours pas reconnaître le droit élémentaire à un Etat national. Le malheur est une mauvaise école: du côté israélien, le rejet des Palestiniens et les discriminations à rencontre des lsraéliens d'ori"Qine arabe [20"10 de la population] est la rè"Qle, Du côté palestinien, les laï" Ques, les promoteurs de la condition de la femme, les plus diplômés du monde arabe, ont cédé la place au Hamas, à l'issue d'élections pourtant incontestables. C'est la sanction des échecs de l'OLP. de sa renonciation au cadre onusien au profit de « l'arbitra" Qe » [les Accords d' « Oslo »] des Etats-Unis pourtant jU"Qes et parties pro israéliens, de la corruption attei"Qnant le fatah, C'est le résultat des manoeuvres israéliennes jouant la division des Palestiniens, rejetant la "Qauche palestinienne [fPLP, fDLP]. refusant Arafat, puis rejetant le Hamas [après ravoir privilé"Qié] "Qui , pourtant, aujourd'hui, invo"Que avant tout le droit international et les principes fixés par l'Assemblée Générale de l'ONU depuis plusieurs décennies, ainsi "Que par la Cour lnternationale de Justice "Qui a déclaré, par exemple, illé"Qalle Mur israélien isolant la Cisjordanie, Le double pouvoir palestinien [l'un à Gaza, l'autre en Cisjordanie] Ruia Halawani, Le Mur, 2005 et le bloca"Qe du problème, « a"Qrémentés » d'un terrorisme récipro" Que, sont aussi le fruit de la nullité des diplomaties internationales : la trahison des "Qouvernements arabes voisins, le double jeu des Etats-Unis, la transformation d'un problème politi" Que en problème humanitaire par l'Union européenne, alors "Que par ailleurs s'est "Qénéralisée la prati" Que de l'in"Qérence dans les pays du Sud! Ce conflit, "Qui se prolon"Qe depuis 50 ans, avec ses dizaines de milliers de victimes, les dix mille détenus dans les prisons israéliennes, la misère profonde "Qui frappe les 1.500,000 habitants de Gaza, et "Qui provo"Que une insécurité permanen- J 1 ) } • • te en lsraël. laisse pourtant indifférent les "Qrandes ONG « humanitaires » occidentales "Qui détournent le re" Qard et la plupart des partis politi " Ques "Qui se prétendent néanmoins « libéraux », « démocrates» et « humanistes » ! La lé"Qalité internationale reconnaît le droit à l'existence de l'Etat d'lsraël et le droit du peuple palestinien à un Etat viable dans ses frontières de 1967 ainsi "Qu'à la coexistence pacifi"Que "Qarantie par la communauté internationale, Respecter les principes fondamentaux du droit international devrait être l'exi"Qence de tous, La paix en Al"Qérie s 'est établie par la né"Qociation entre les belli"Qérants sur le droit à l'autodétermination des Al"Qériens : le cessez-le-feu ne pouvait être un préalable mais le résultat d'un accord politi"Que, La "Question est la même en Palestine, Ceux "Qui n'osent pas l'affirmer en France, en a"Qissant exclusivement pour la partie la plus puissante ou en témoi"Qnant d'une fausse neutralité, s 'enferment dans un débat exclusivement franco-français , terrorisés par une éventuelle accusation d'antisémitisme, Cette crainte est indi"Qne : elle prolon"Qe, sans fondement, une situation parmi les plus scandaleuses du siècle et les plus révélatrices de la volonté d'impuissance des "Qrands Etats, notamment de l'Etat français, 10rs"Que cela les arran" Qe et "Qu'ils ne voient aucun intérêt à prati"Quer l'in"Qérence, fut -elle humanitaire, Travailler pour la paix au Proche Orient, c'est aider à la fondation d'un Etat palestinien souverain et viable, Elle impli"Que la fin du boucla"Qe des territoires occupés, la libération de prisonniers politi"Ques palestiniens, la suppression des implantations israéliennes en Cisjordanie ainsi "Que la mise en oeuvre d'un statut particulier pour Jérusalem et le retour des réfu"Qiés palestiniens chez eux dans le cadre d'un accord international "Qarantissant le respect de tous, Bien évidemment, les citoyens français n'ont pas à se substituer aux belli"Qérants, Mais ils peuvent fournir des informations "Qui ne sont jamais données par les "Qrands médias, ils peuvent manifester leur solidarité à ceux "Qui, étant les plus faibles des adversaires, sont les moins responsables. 11s peuvent rappeler "Que le respect de la lé"Qalité internationale fournit la solution au problème, Mais les obstacles sont "Qrands dans les pays occidentaux "Qui croient avoir besoin de boucs-émissaires : après « le juif » , discriminé et persécuté pendant des siècles, n'est-ce pas « l'arabe » "Qui lui a succédé? Dessin d'enfant • • DAVID ET MOUSSA, DEUX ENFANTS D'UN MEME PAYS Auteur: Maurice Rajsfus Illustrateur: Jacques Demiguel Editions Tartamubo 1 collection Tébéos 1 Bande dessinée Date sortie: 30 Mars 2007 48 pages / format 21/30 [et album de bande dessinée raconte le conflit israélo- palestinien vu à travers le regard de deux enfants de même âge, l'un juif, David, l'autre arabe, Moussa. Moussa vit dans un camp de réfugiés palestinien. De l'autre côté du mur, se dresse un village israélien où a grandi David. Les deux garçons vont avoir l'occasion de se rencontrer lors d'un match de foot où s'affrontent deux équipes venues des pays « ennemis ». [e livre retrace l'histoire croi,sée des deux peuples depuis deux mi lle ans, rappelant les faits essentiels qui écla irent la compréhension du conflit, Servi par de très belles images, souvent chargées de symboles, il est essentiellement pédagogique, avec la volonté affichée de ne pas prendre parti pour une communauté ou une autre,Ecrit avec des mots simples, il s'adresse à tous, petits et grands, Maurice Rajsfus, l'auteur des textes, est journaliste engagé Iii a été chroniqueur à Ras'I'front) et historien, né de parents juifs polonais: militant anti-colonialiste, il a soutenu les Algériens pendant la guerre d'Indépendance et il affirme sa solidarité avec les Palestiniens dans leur volonté de créer un état démocratique. Il a écrit de nombreux ouvrages sur l'anticolonialisme ou encore sur la police pendant la 2ème guerre mondiale. 11 12 Hamas, gestionnaire de l'attente de la libération (*) Face aux violences interpalestiniennes de 2006-2007, l'approche la plus commune de Hamas conduit à de profondes erreurs, La caractérisation de l'opposition entre Hamas et Fath [et, par delà, l'OLP] en termes « d'islamistes» et de « laïques» [islamist vs secular dans le monde anglo-saxon] constitue un premier contresens, En effet, le projet étatique promu par l'OLP ces quarante dernières années peut être caractérisé par un refus du confessionnalisme mais jamais ne peut l'être par la laïcité, Nous tl'aitel'ons ici "Quatl'e thèmes: [1] La mondialisation exclut les pays du Sud alol's "Que les mi"Ql'ations les y insèl'ent. [2] 11 n'existe pas de substitution entl'e mi"Ql'ation et commel'ce intel'nationa1. [3] Les effets des tl'ansfel'ts de fonds des mi"Ql'ants vel'S les pays d'ol'i"Qine sont ambi" Qus. [4] La fuite des cel'veaux n'est pas toujOUl'S né"Qative pOUl' les pays d'ol'i"Qine mais les bénéfices sont mal pal'ta"Qés. Apparu dans le discours insti tutionnel palestinien en 1968 et maintenu comme objectif straté" Qi1:~ue de la lutte nationale jus-qu'en 1976, « l'Etat démocrati-que » avait été conçu comme « non confessionnel » [lâ-tâ'ifiyya), le Liban étant élevé au ran"Q de repoussoir, La notion avait alors été déclinée en définitions diverses, La coexistence entre musulmans, juifs et chrétiens préconisée par fath avait ainsi été envisa"Qée par les or"Qanisations marxisantes plutôt en termes de coexistence entre A rabes et Juifs, Le phénomène d'idéolo"Qisation et de développement politi-que de l'islam commun au monde musulman depuis la fin des années 1970 ne pouvait laisser à l'écart les or"Qanisations et institutions nationalistes palestiniennes, L'islam a été ainsi inséré au coeur même de leurs dispositifs institutionnels à partir de 1996, tant dans la Loi fondamentale élaborée par le Conseil lé"Qislatif de l'autonomie -que dans les projets de constitution rédi"Qés par l'DLP, Tous, en des termes proches, font de l'islam « la reli-Qion officielle de l'Etat » et souli"Qnent -que celui-ci « accorde son respect aux révélations célestes » [une terminolo"Qie islami-que -qui inclut juifs, chrétiens et musulmans en tant -que bénéficiaires d'une révélation divine] sans néanmoins entraîner la né- Abed Abedi, Les assiégés, 1977, bois gravé cessité pour le Président de l'Autorité d'être musulman, Tous stipulent é"Qalement -que « les principes de la charî'a islami-que constituent une source principale de la lé"Qislation », La Loi fondamentale de l'AP maintient par ailleurs le citoyen dans une appartenance à une communauté reli"Qieuse héritée des ré"Qimes antérieurs , ottoman, jordanien et é"Qyptien : les -questions de droit personnel sont , en effet, assujetties à des cours reli"Qieuses, La dynami-que des violences de ces deux dernières années n'a ainsi jamais été alimentée par une volonté de Hamas de modifier la place de l'islam dans la structure insti tutionnelle de l'AP , Par ailleurs, en dépit de son insistance à dénoncer la corruption des di'Qnitaires en char'Qe des affaires depuis la mise en place de l'AP -une dénonciation parta"Qée bien au-delà de l'électorat islamiste-, et de -quel-ques initiatives mar'Qinales , Hamas n'a jamais cherché à imposer un mode de vie -que d'aucuns pourraient -qualifier de « talibanisation » forcée et "Qé nérale de la société, Un second contresens consiste à faire de Hamas un mouvement nationaliste au discours reli'Qieux -quand il s'a'Qit fondamentalement d'un mouvement de re-socialisation reli'Qieuse, Son électorat, d'ailleurs, ne s'est jamais trompé sur l'identité de son mouvement de prédilection ni sur la mission dont il le char'Qeait, Les mouvements de libération nationale font de la récupération du territoire le fondement de leur action et la base de l'unité du peuple par-delà la dispersion 'Qéo"Qraphi-que -qui caractérise les Palestiniens, Mais , à la différence de l'DLP, Hamas se réfère à une Palestine eschatolo'Qi-que bénie de Dieu de toute éternité et la Palestine n'est plus la source de l'identité mais le lieu de son épanouissement, L'islam pour Hamas constitue le fondement de l'identité de l'individu comme de la société, En permanence disponible, il permet immédiatement la reconstruction de l'unité du 'Qroupe -qui n'est plus conditionnée par le retour préalable au territoire, fort de son vaste réseau associatif, caritatif et cultuel. Hamas peut ainsi apparaître comme le lieu « naturel » de la réponse à apporter à la désinté'Qration sociale et à l'absence d'Etat, Plus -que la lutte armée, en La dynamiQue des lIiolences de ces deux dernières années n'a ainsi jamais été alimentée Rar une lIolonté de Ramas de modifier la Rlace de Ilslam dans la structure institutionnelle de l'AP Par Jean-Francois Legrain «(NRS/GREMMO - Maison de l'Orient. Lyon) tout cas, le retour à la reli'Qion apparaît bien dans la littérature de Hamas comme l'expression pri vilé'Qiée du jihad et jamais Hamas n'a fait de ses opérations militaires l'expression d'une straté'Qie de libération, Par ailleurs , dans un contexte d'interventions extérieu res permanentes, l'islam apparaît comme le dernier rempart mais aussi le dernier espace de souveraineté, La demande adressée à Hamas par l'électorat palestinien n 'est donc pas celle adressée aux mouvements de libération nationale, Prenant très pra'Qmati-quement en compte l'impossibilité actuelle d'atteindre la libération nationale, l'électorat s'est majorité détourné de ceux -qu'il avait investis de cette tâche de libération et a char'Qé Hamas de construire les institu tions censées lui permettre de 'Qérer l'attente de cette lib é ration différé e tout en le préservant de ses maux du moment, corruption, anarchie et chaos sécuritaire, Hamas n'a bien évidemment pas été élu pour fournir aux Palesti niens une meilleure position dans la né'Qociation avec lsraël ni sur la scène internationale des-quels rien de positif n'est attendu dans le domaine politi-que, Les diver'Qences sur la s olution définitive de l'occupation de la Palestine, -qui existent UNE MISÈRE PROGRAMMÉE Aucune Fatal ité à ce que les Palestiniens s'enFoncent dans la misère et le sous-développement, Exemple: Gaza où 85 % des habitants vivent so us le seuil de pauvreté, Entre le 3 et le 9 jui l let 2007 , pratiquement aucun matériau de construction n'a pu être importé en raison de la Fermeture persistante des Frontières, [eux des cheFs d'ent repri ses qui le peuvent encore s'apprêtent à en tirer les conséquences : pour ne pas tout perdre, délo[aliser vers l'Egypte ou d'autres pays leur production .. , L'été dernier, il ne restait plus à Ga za que 780 entrep r ises ouvertes, soit 1/S'm, de celles actives en juillet 2005, Les Fabri[ ant s de meubles, les entreprises textiles ou d' habillement et d'alimentation ne pouvaient plus employer que 4,200 employés, sur les 35, 000 habituels, et l'industrie de la const ruction ne suppor tait plus que 7,000 employés sur 42,000 recensés quelques mois auparavant, Peinture sur le mur bel et bien, ne constituent ainsi en rien l'enjeu de la polarisation armée entre Hamas et fath, Leur différence repo se en réalité dans le statut de la né'Qociation, essentielle pour fath et l'DLP et mar'Qi nale pour Hamas, Hamas, -qui n'attend rien de la né'Qociation à court comme à moyen terme, a d'ailleurs accepté sans hésiter de laisser à la Présidence et à l'DLP la 'Qestion du dossier de la né'Qociation, Hamas , en revanche, considère son discours tribunicien sur l'is lamité de la Palestine comme un élément central de sa mission basée sur une certaine conception de l'islam, En décidant de défendre coûte -que coûte le droit à exercer le mandat -que le peuple lui a confié, il se réclame de la protection du jeu démocrati-que, Considérant -que l'électorat l'a porté au pouvoir pour rétablir la paix civile et mettre un terme à la dynami-que ali mentée par la corruption [fasâd], l'anarchie [fawda] et la débâcle sé curitaire [falatâ n] dont l'issue est la « 'Querre civile » [fitna]. il n 'a pas hés ité à neutraliser les forces de sécurité liées à fath dès lors -qu'elles lui confis-quaient le contrôle de la sécurité intérieure coeur de sa straté'Qie, En dépit de son incontestable lé'Qitimité démocrati-que issue des élec tions, Hamas se trouve confronté à une conjonction des politi-ques pale stinienne [Présidence, fath et DLP], israélienne et internationale visant à lui interdire d'exercer son mandat, Le 'Qouvernement israé lien semble ainsi avoir pleinement réus si à instrumentaliser la « lutte contre le terrorisme » au profit de sa politi-que relative aux droits nationaux palestiniens jus-qu'à faire du président Mahmud Abbas, de l'DLP et de la communauté internationale ses alliés, C'1»Extraits revus par l'auteur de IfL 'impasse politiQue et in stitutionnelle palestinienne ». CritiQue internationale. n036. juillet-septembre 2006. documents additionnels numériQues mis en li'llne en janvier 200B Chttp: / /www. ceri-sciences-po. or'll/ publica/ critiQue/ 36/ ci36_'e'llrain.pdf ou http:// www . .Il remmo.mom.fr/ le.llrain/impasse_ politiQue.pdf1. 13 14 Après Annapolis, l'impasse persiste Par Alain Gresh - (Journaliste, auteur de Israël-Palestine, vérités sur un conllit. Fayard, 2007) Le 27 novembre 2007, Israéliens et Palestiniens se réunissaient sous l'égide des Etats-Unis, à Annapolis IMarylandl, en présence de nombre de pays arabes, dont la Syrie, Une déclaration clôturait cette rencontre: « Nous nous engageons, affirmaient Israéliens et Palestiniens dans des négociations vigoureuses, continues, et déploierons tous les efforts possibles pour parvenir à un accord avant la fin 2008, Dans ce but, il a été conclu qu'un comité de pilotage mené conjointement par les responsables de la délégation de chaque partie se réunira régulièrement, » D'autre part, « les parties s'engagent également à remplir immédiatement leurs devoirs respectifs édictés par "la feuille de route" sur solution permanente à deux Etats résolvant le conflit israélo-palestinien telle qu'elle a été mise en place le 30 avril 2003 par le Quartet, et conviennent de former une structure américano-palestino-israélienne, dirigée par les Etats-Unis, destinée à suivre l'application de la feuille de route, » La feuille de route prévoyait déjà la création d'un Etat palestinien avant la fin 2005 ; pourquoi ce qui a été décidé à l'époque n'a-t-il jamais été appliqué? Pourquoi le serait-il maintenant? Le plus inQuiétant, dans la déclal'ation commune est l'absence de toute base jUl'idiQue ou lél!ale aux nél!ociations. 11 n'y a aucune l'éfél'ence au dl'oit intel'national, ni même à la l'ésolution 242 du Conseil de sécul'ité et à l'idée d'échanl!e de la paix contl'e les tel'l'itoil'es, Les deux pal'ties s'enl!al!ent simplement à cc des nél!ociations bilaténles en toute bonne foi ", En toute bonne foi? Mais Que sil!nifie ce tel'me? Ehoud Olmel't pense, cc en toute bonne foi n, Que Jél'usalem, y compl'is sa pal'tie al'abe conQuise en 1967, est cc tel'l'itoil'e iSl'aélien " : il pense cc en toute bonne foi)) Que les l!l'ands blocs de colonies doivent êtl'e annexés à lSl'aë1. 11 pense aussi, cc en toute bonne foi n, Que la sécul'ité des lsl'aéliens est plus impol'tante Que cene des Palestiniens. D'autl'e pal't, une nouvene exil!ence est appal'ue dUl'ant la confél'ence, appuyée pal' le pl'ésident Bush: la l'econnaissance d'lsl'aël comme cc un Etat juif ", Un des éléments nouveaux d'Annapolis est l'implication plus directe des Etats-Unis sur le dossier. implication Que l'administration Bush avait ne participeront pas aux né"Qociations sur la solution définitive : ils seront dans « une structure américano- pa1estino-israélienne. diri"Qée par les Etats-Unis. destinée à suivre l'application de la feuille de route ». [ ... ) « Les Etats-Unis surveilleront et jU"Qeront de l'accomplissement de l'en"Qa"Qement des deux parties sur la feuille de route. » Cela revient. par ailleurs. à mettre de côté les autres membres du Quartet [Russie. Union européenne et Nations unies). Qui sont censés superviser la feuille de route. Un des paradoxes de cette réunion. comme de la situation actuelle. est Que la communauté internationale. y compris les Etats-Unis. affirme soutenir la création d'un Etat palestinien. Etat Qui serait créé aux côtés de l'Etat d'lsraë1 mais Que. la réalité sur le terrain dément toutes les déclarations et proclamations. Et la communauté internationale reste silencieuse. On peut le mesurer concrètement sur trois dossiers sensibles: prisonniers. colonies « i11é"Qa1es » et checkpoints. 1sraë1 a annoncé la libération de 450 détenus pa1estiniens- sur un total plus de 10 000 -. mais chaque mois. il en arrête bien plus! Le "Qouvernement israélien a affirmé Qu'il démantèlerait les colonies « illé"Qadu droit international. toutes les colonies sont « illé"Qa1es ». mais 1sraë1 dési"Qne ainsi celles Qui n'ont pas eu l'approbation officielle des autorités) - mais cette promesse a déjà été faite mille fois et elle n'a jamais été tenue. Rappelons enfin Que même le démantè 1ement de certains checkpoints en Cisjordanie. Qui transforment chaque déplacement des Palestiniens en cauchemar et Qui pourtant a aussi mille fois été promis. ne s'est jamais effectué. Au contraire. leur nombre aU"Qmente. Comment. dans ces conditions. parler de climat de confiance? Durant son voya"Qe en 1sraë1 et en Palestine. les 16 et 17 février 2008. M. Bernard Kouchner. a réitéré les positions de la France: "Qe1 « immédiat et définitif» de la colonisation et levée des barra"Qes militaires israéliens tout en réclamant l'arrêt des tirs de roquettes palestiniennes sur 1sraël. 11 a é"Qa1ement appelé à lever le blocus de la bande de Gaza. La Question auquel le ministre ne répond pas. c'est comment aboutir à ces demandes? Comment forcer 1sraë1 à appliquer les résolutions de l'ONU ? Tant Qu'aucun éclaircissement ne sera apporté sur ces points. la position de Paris restera sans effet et confortera. dans les faits . 1'intranévitée depuis sept ans. Mais ceux-ci les » [rappelons Que. du point de vue si"Qeance du "Qouvernement 01mert. GAZA SYMBOLE DE NOTRE MONDE Par Michel Warschawski - (Militant anti-colonialiste israélien, Animateur du Centre d'Information Alternative (Jérusalem) L'armée vient de donnel' le feu vert, et nous pouvons accompa'(!nel' le camion Qui tl'anspol'te 'Quel'Ques tonnes de vivl'es et des filtl'es à eau 'Que des 1 sl'aé liens 'Qui n'ont pas encore totalement pel'du leur conscience morale ont collectés au COUl'S des del'nièl'es semaines pOUl' expl'imel' leul' opposition à une politi'Que 'Qui a tout du cl'ime contre l'humanité, Cal' comment définil' autrement une politi'Que 'Qui vise à priver une population d'un million et demi d'hommes, de femmes et d'enfants des produits de pl'emièl'e nécessité, vivres, médicaments et essence, 'Qui coupe 'Quotidiennement l'électricité, 'Qui empêche même l'acheminement de papier pour les livres scolaires? Jérusalem au coeur Devant les portails de la prison à ciel ouvert Qu'est devenue la Bande de Gaza. une Question me harcèle: comment mettre fin au martyre des hommes et des femmes de Gaza? La réponse semble aller de soi : une forte pression internationale Qui. le cas échéant. sanctionnerait l'Etat coupable de ce crime contre l'humanité. comme ça avait été le cas avec la République Fédérale You"Qoslave, La seule menace de sanctions serait. j'en suis certain, suffisante pour ob1i"Qer 1sraë1 à mettre fin au siè"Qe, Contrairement au discours fanfaron de ses diri"Qeants, l'Etat Hébreu est en fait très sensible aux critiques de la communauté internationale, et à plus forte raison, à des sanctions mises en oeuvre ne serait-ce Que par certains de ses acteurs, Si de telles mesures ne sont pas à l'ordre du jour, ma1"Qré les rapports alarmants des diverses missions des Nations Unies venues enquêter sur la situation, voire des représentants de l'Union Européenne présents sur le terrain. c'est Que le problème ne se situe pas au Proche Orient, mais précisément au niveau international. et l'Europe en est un exemple éclairant, Celle-ci avait su, au cours des dernières décennies. se démarquer de la politique étatsunienne de soutien inconditionnel à 1sraël. même si les diver"Qences étaient essentiellement au niveau déclaratif : l'Europe parlait d'occupation. dénonçait la colonisation. réaffirmait ré"Qu1ièrement le Droit et les résolutions de l'ONU et n'hésitait pas à critiquer publiquement la politique coloniale israélienne et à se démarquer de la "Querre "Q10- ba1e des néo-conservateurs en place à Washin"Qton. Ce n'est plus le cas, Même la France, Qui , sous Jacques Chirac , avait servi de locomotive à une critique envers la politique impériale des Etats-Unis - en particulier lors de la "Querre contre l'lrak - s'est réa1i"Qnée, La visite d'allé" Qeance de Nicolas Sarkozy aux EtatsUnis. cet été. a marqué la fin de l'autonomie d'une politique européenne. Pire. les propos scandaleux du ministre français des affaires étran"Qères, Bernard Kouchner, démontrent Que ce "Q1issement n'est pas seulement de l'ordre de la politique mais aussi de lïdéo10"Qie : ce "Qauchiste repenti au néo-conservatisme le plus réactionnaire fait sien la perception du monde des Dick Cheiney et autres Richard Pearl. à savoir celle d'un conflit "Q10- bal entre LA civilisation, scandaleusement dénommée « judéo-chrétienne ». et les Barbares, définis d'abord comme le terrorisme. puis comme le « terrorisme islamiste» puis, tout simplement, comme l'lslam en tant Que tel. 11 Y a vin"Qt ans la « théorie » huntin"Qtonienne du Choc des civilisations pouvait faire sourire les intellectuels européens même relativement conservateurs Qui, à juste titre, la considéraient plus comme une idéo1o" Qie de "Querre simpliste et réductrice Que comme une analyse ri"Qoureuse de l'état de notre planète, Aujourd'hui. elle est au coeur de l'analyse et de la straté" Qie politiques de la Sociale Démocratie européenne. de ses diri"Qeants et de leurs conseillers. Cette victoire idéo10"QiQue reflète une ré"Qression CONTRE tE DROIT DE~ FORT~ A DI~~O~ER DE~ ~EU~1E~ III "Q10ba1e de nos sociétés. Elle marque, en fait, la fin des cinq décennies Qui ont suivi la défaite du fascisme et des acquis politiques - en particulier la décolonisation - et sociaux Que cette défaite avait en"Qendrés, Si les crimes de "Querre israéliens sont impunis, si les diri"Qeants de l'Etat Hébreu sont reçus à bras ouverts dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud. c'est Que la politique coloniale israélienne s'intè"Qre dans une politique "Q10ba1e de « reconquête » dont sont complices aujourd'hui l'ensemble des Etats du monde dit occidental. Et c'est bien la raison pour laquelle notre mobilisation à nous, 1sraé1iens, contre le siè"Qe de Gaza s'inscrit dans une résistance "Q10ba1e à l'Empire et sa "Querre de reco10nisation du monde. l 'unité toujours 15 1& En arrenre IIu rerour ••• Les accords d'amnistie de 1949 vont avoir pour conséQuence l'a12randissement d'un tiers de l'Etat juif tel Que prévu par le plan de parta12e [de 14 000 à 21 000 km2]. C'est é12alement l'exode de 700 000 à 800 000 Palestiniens victimes de la politique d'expulsion menée par Israël et Qui trouveront refu12e principalement en Jordanie, à Gaza, au Liban ou en Syrie. En 1950, le nombre de réfu12iés palestiniens sera estimé par les Nations unies à un million de personnes: 250 000 réfu12iés supplémentaires Quitteront la Cisjordanie après la 12uerre des Six Jours en 1967. Aujourd'hui sur 5 millions de Palestiniens, l'UNRWA dénombre près de 3,5 millions de réfu12iés , dont un tiers vit dans les camps. A Gaza, ils représentent 80 % de la population. Dans les pays d' « accueil », leurs conditions de vie sont souvent très difficiles [précarité, discriminations ... ] et si les Quelque 600 000 Palestiniens installés dans les pays du Golfe connaissent une réussite sociale certaine , ils ne sont toutefois pas à l'abri des aléas de la situation politique comme ce fut le cas au Koweït lors de la 12uerre du Golfe. Dispersés aux Quatre coins du monde, plus de 350 000 Palestiniens vivent en exil hors pays arabes, ayant fui sous la contrainte ou non leur pays. Tous, Quelle Que soit leur situation, parta12ent avec ceux restés sur place le sentiment d'appartenir à un même peuple, tous 12ardent la nostal12ie de leur terre, la nostal12ie du retour. Pourtant, lors des élections palestiniennes, ces réfu12iés n'ont pas le droit de vote [les Israéliens s 'y étant opposés lors des accords d'Oslo] et ils ont souvent le sentiment d'être les sacrifiés ou les laissés-pour-compte dans les né12ociations avec Israël. Quant au droit au retour , reconnu aux réfu12iés de 1948 dès le 11 décembre par la résolution 194, il n'est toujours pas appliqué. 11 reste pour tous les Palestiniens un espoir Qu'il ne faut pas trahir. COURTE BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE SUR LA PALESTINE ('OUS ces 'i"res SOnl IIisDooill'es) BAHON Xavier. DAUDI Hashid. Palestine : histoire d'un État introuvable, essai trad. de l'américain Elise Argaud, Actes sud, 2007, 362 p. 25 € SAlO Edward. Israël, Palestine: l'égalité DU rien, La Fabrique, 1999, 189 p. 19,05 € GHESH Alain. Israël, Palestine: vérités sur un conflit, nouv. éd. actual., Fayard, 2007, 266 p. 19 € PlPPEIan. Le nettoyage ethnique de la Palestine, trad. de l'anglais Paul [hemla, Fayard, . 2008,395 p. 22 € ~ - ~ ~ --- Revue d'Etudes palestiniennes, revue trimestrielle distribuée par les éditions de Minuit, 160 p environ, 15 € le numéro HUNHART TanJa. SIGNOlES Aude. Les Palestiniens, Le [avalier bleu, coll. Idées reçues, 2005, 127 p. 9 € WAHSCHAWSKI Michel. Israél-Palestine: le défi binational, post-scriptum Elias 5anbar, Textuel, coll. La Oiscorde, 2001,158 p. 16,77 € SANBAH Elias. VIDAL Dominique. BOUSSOIS Sébastien. Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949J, préf. Yehuda Lancry, L'Atelier, 2007,254 p. 21 =-~ - - - -~ ~~ 17 18 À VALENCIENNES La pl'ati'Que du SpOl't étant basée SUl' des valeul's éthi'Ques et SUl' le bien vivl'e ensemble. poulQuoi ne pas utilisel' le SpOl't pOUl' fail'e passel' cel'tains messal!es ? Match entre Valenciennes et Saint-Etienne Le match entre Valenciennes et Saint-Etienne, comptant pour la 20' journée de la Ligue 1, a été placé sous le signe de la lutte contre le racisme avec le slogan « halte au racisme» samedi 12 janvier 2008 au stade Nungesser. Pendant l'échauFFement, les joueurs des deux équipes ont porté des maillots de diFFérentes couleurs spécialement conçus pour cette opération organisée sous l'égide du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples [MRAPI auquel les deux clubs sont liés. Les enFants du Valenciennes [Iub Junior, qui ont escorté les deux Formations avant la présentation des équipes, ont également été vêtus de ces maillots multicolores, tandis qu'un «tiFo» géant aux couleurs des cinq continents a été déployé juste avant le coup d'envoi. En outre, 14000 autocollants environ ont été distribués aux abords du stade avant la rencontre et des aFFiches signées par tous les joueurs de Valenciennes ont été insérées dans Rouge et Blanc, [journal local du club 1. l'annonce du match et la programmation des Festivités ont été diFFusées dans toutes les écoles de la ville de Valenciennes. •• MATCH CONTRE LE RACISME , • Pas moins de 14 000 autOlollanls distribués par le MRAP à l'DllasiDn du match VAFC 1 St Etienne Interview du membre du collège de la présidence du MRAP, Jean-claude DULIEU Différences: Dans un premier temps, pouvez-vous nous présenter votre association? Jean-((aude Dulieu : Le HRAp, Houvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples, est une association qui a pour objectif de favoriser les relations entre les populations de diverses origines et de lutter cantre l'exclusion qui prend notamment la forme, dans notre société, de discriminations en tout genre. ['est ainsi que nous sommes à l'origine de l'initiative «Racisme hors jeu» dont le but est de fédérer les différentes structures sportives afin que celles-ci mènent de concert des actions ciblées de prévention et de promotion des valeurs humanistes. Différences: Pourquoi avoir choisi le sport, et notamment le football, comme champ d'action? J-[ D. : Parce qu'il nous semble réellement révoltant de constater que certaines valeurs essentielles à toute pratique sportive sant bafouées sur les terrains. De fait, an y entend parfais des propos racistes, des slogans haineux ... Différences: Quelles sont les valeurs essentielles au sport que vous désirez défendre? J-[ D. : La pratique du spart est, dans san essence même, basée sur des valeurs éthiques fartes et sur le bien-vivre ensemble. Je pense notamment à la compréhension mutuelle, à l'esprit d'amitié, à la solidarité, au fair-play ... Il exclut de ce fait toute farme de discrimination. Le mouvement sportif, héritier des valeurs olympiques, peut de ce fait contribuer à bâtir un mande meilleur et pacifique. 19 2. D. OOCOURTIOOX ~ cv Ugue 1 Orange 20éme Journée Samedi 12 janvier 2008 Stade Nungesser 9. S. SAVlIIAII 11. 12. E. CHEU! 13. M. l1WIIIE 15. T. DIA 17. C. SAJICIIEZ r~ Utfr 4? ~>~ 10. D. BELMADI A. KOIIIIOUARE B. GUI6NEDOUX 16. W. GIIOIIIIIII ~ d5 ~ ~~"

Notes

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