Les procès racistes aux USA dans les années 50

De Archives
Révision datée du 5 juillet 2013 à 10:37 par Charles (discussion | contributions) (Page créée avec « (Extrait de DROIT ET li BERTÉ - N° 282 - MAI 1969): ''La guerre froide, et les sentiments troubles qu'elle entraîna aux U.S.A., l'antisémitisme, notamment, n'épargnaien… »)
(diff) ← Version précédente | Voir la version actuelle (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à : navigation, rechercher

(Extrait de DROIT ET li BERTÉ - N° 282 - MAI 1969):

La guerre froide, et les sentiments troubles qu'elle entraîna aux U.S.A., l'antisémitisme, notamment, n'épargnaient même pas les dirigeants américains les plus bellicistes, toujours suspectés de tiédeur par plus extrémistes qu'eux. (( Le gang actuel qui dirige les U.S.A. comprend les descendants du vieux gang qui jeta des pierres contre Jésus-Christ, le couronna d'épines, lefrappa et le cloua sur la Croix parce qu'il disait la vérité et renversait leurs plans de domination mondiale)) affirmait une brochure qui inonda les Etats-Unis dans les années 49-50, The hidden Empire (l'Empire invisible) . L'une des conséquences les plus funestes de cette hystérie, c'est qu'elle exacerba cet autre racisme qui est le péché originel de la société americaine, le racisme anti-noir. Dans la trouble ambiance de la guerre froide, et du MacCarthysme, le Ku-Klux-Klan et l'American Legion poussèrent partout leurs avantages, et firent des adeptes innombrables : les organisations chauvines, nazies et racistes pullulèrent.
Elles allaient naturellement vulgariser l'amalgame classique : d'abord (lutter pour l'égalité raciale, c'est faire le jeu du communisme ); puis « ceux qui luttent pour l'égalité raciale sont les agents de la 5e colonne communiste aux U.S.A. )). Ainsi se trouvèrent justifiés les assassinats au grand jour de militants intégrationnistes. Deux exemples entre mille : en mai 1949, le pasteur noir Joseph Man est arrosé d'essence et brûlé vif; en novembre 1951, deux policiers abattent deux passants noirs « à l'allure suspecte » ; l'une des deux victimes, qui a survécu, raconte ainsi la scène:" L'autre policier, nommé Yates, braqua la lampe sur moi et s'aperçut que je n'étais pas mort. S'adressant au policier qui venait de tirer (le shérif MacCall), il dit : " Ce salaud n'est pas mort, achevons-le." Yates dirigea alors son revolver sur moi et appuya deux fois sur la gâchette sans résultat. La troisième fois le coup partit et la balle m'atteignit au cou. Je me couchais la face contre terre, faisant le mort. Je commençais à saigner de la bouche, et les policiers crurent que j'étais mort." Non seulement les policiers furent acquittés mais ils restèrent en fonction : ils étaient « bien notés».
Il faudrait aussi parler d'Emet Till, torturé et lynché pour avoir sifflé d'admiration au passage d'une blanche.
Des lynchages légaux
Il y eut surtout les « lynchages légaux », les condamnations à mort et les exécutions, pour « viols », de dizaines de noirs : il y eut, le 8 mai 1951, Willie MacGee, pour qui le M.R.A.P. avait mobilisé Paris plusieurs fois, à la Mutualité, au cirque d'Hiver, à la salle Wagram; il y avait eu, le 2 février, quatre mois plus tôt les « 7 de Martinsville », tous électrocutés; il y eut les « 6 de Trenton », qui, eux, échappèrent à la chaise électrique grâce à une campagne de protestation qui aux U.S.A. (où elle fut notamment menée par Howard Fast, l'auteur de Spartacus), comme ailleurs, s'amplifiait d'assassinat légal en assassinat légal.