Les Kurdes

De Archives
Révision de 4 novembre 2014 à 12:09 par Charles (discussion | contributions) (Sortir de l'enfer kurde)

Aller à : navigation, rechercher

Les Kurdes à travers les publications du MRAP

Un peuple oublié de l'histoire

En 1970, le gouvernement irakien laisse entrevoir quelques signes d'espoir et semble vouloir donner au problème national kurde une solution politique.
Dans ce contexte, Droit et Liberté consacre un dossier aux kurdes, analysant les origines et les perspectives du mouvement national kurde.
"Le mouvement kurde constitue en fait une véritable révolution, porteuse d'une éthique révolutionnaire, dans la mesure où il pousse à un bouleversement structurel des Etats irakien, iranien et turc, dans le sens du fédéralisme, est allié aux forces d'opposition dans ces trois pays, conteste les frontières artificielles qui divisent le Kurdistan, séquelles de l'intervention impérialiste au Moyen-Orient."
Droit et Liberté n°291 (p9 à 13) : (voir le document)

Malheureusement cet espoir est passager et lorsque Différences consacre à son tour un important dossier aux Kurdes "peuple oublié de l'histoire" c'est pour dénoncer les atrocités commises contre le peuple kurde.
En mars 1988, durant la guerre du golfe entre Irak et Iran, le massacre d'Halabja, une attaque utilisant des armes chimiques contre la ville kurde d'Halabja, met en lumière la situation des kurdes en Irak et dans l'ensemble du Moyen-Orient.
Cinq secondes, cinq mille morts, dix mille blessés dont la plupart commencent une lente agonie. écrit Différences n°78
Le dossier revient sur la situation du peuple kurde:
"C'est sans doute le peuple le plus nombreux, si l'on excepte les Indiens des Amériques, qui n'ait obtenu ni son indépendance, ni son autonomie, ni même le moindre début de reconnaissance de son identité culturelle et ethnique. Celle-ci est pourtant forte et ancienne."
Puis Différences évoque la situation dans les différents pays où vivent les kurdes:
"En août 1979, à peine sept mois après la chute de la monarchie, l'ayatollah Khomeiny, décrète la "djihad" contre les six millions de Kurdes d 'Iran corrupteurs sur terre, enfants de Satan et contrerévolutionnaires.
Ceux-ci avaient massivement boycotté le référendum sur l'instauration de la République islamiste et revendiqué un régime laïc et démocratique garantissant leur droit à l'autonomie régionale."

En Turquie..: "L'existence des Kurdes est reniée , leur langue interdite, les bibliothèques expurgées des ouvrages mentionnant les mots kurdes ou Kurdistan. Les Kurdes ne sont plus que des "séparatistes", des Turcs montagnards ayant oublié leur langue maternelle. La répression est sanglante. Tortures, déportations, pour des milliers de Kurdes, assassinats."

"Mais c'est en Irak que se pose actuellement le plus cruellement la question kurde. Trois millions de Kurdes y sont menacés d 'extermination. Le massacre d'Halabja témoigne de cette politique du gouvernement irakien.
"La situation des Kurdes irakiens empire. Le régime de Bagdad engagé dans une guerre sans merci avec l'Iran ne peut tolérer la rébellion des peshmagas qui dans le Nord-Est de l'Irak ont ouvert un véritable front interne et multiplient les actions de sabotages. Sa réaction est sans nuance: déportations, villages bombardés, rasés, et bien avant Halabja, utilisation d'armes chimiques contre des villes kurdes.

En Syrie, si un plan d'arabisation dans le département de Djezira a été entrepris en 1963, repris en 1967, si les Kurdes ne bénéficient d 'aucun droit, ils vivent malgré tout dans un climat de relative tolérance."

Face à cette situation, un militant du PDK (Parti démocratique Kurde) déclare: "Nous voulons vivre, il faut faire quelque chose; jamais on a vécu une situation aussi terrible. Des armes de destruction massives se trouvent dans des mains de fous. Et on a l'impression que tous les Etats sont d'accord, France, Etats-Unis, Union soviétique, pour que les malheurs du peuple kurde continuent.
Qu 'est-ce qui nous reste pour tenter de changer le cours des choses? L'opinion publique de ces pays. Il faut arrêter ces crimes. Notre seul espoir, c 'est de retrouver l'espoir. Nous en sommes là."
Dans un entretien, le représentant de l'Union Patriotique du Kurdistan en France déclare: "Par rapport aux armes chimiques, la France participe directement à la construction des usines d'armes chimiques avec d 'autres pays. Il y a des experts français, allemands, italiens, hollandais qui travaillent là-bas. Massoud Barzani l'a dénoncé clairement ainsi que Talabani et il a averti: les experts de ces pays, nous les considérons comme des criminels de guerre, qu'ils s'éloignent de ces constructions qui sont pour l'extermination du peuple kurde."
Différences n°78 mai 1988: (voir le document)

Répression, exode, autonomie

Aprés la seconde guerre du golfe en 1991, suite à l'invasion du Koweït par l'Irak, Différences salue la décision de l'ONU concernant l'aide aux réfugiés, civils irakiens et en particulier kurdes poussés par la guerre sur les routes de l'exil mais souligne:
"Il était temps. Ayant quasiment appelé à la rébellion contre Saddam Hussein, puis ayant laissé les insurgés se faire massacrer par les troupes irakiennes, les Etats-Unis avaient d'abord prétendu que toute aide, y compris humanitaire, était impossible, notamment pour des raisons militaires...Leur avenir est donc incertain, en Irak et dans les pays d'accueil, où se poseront aussi des problèmes économiques. Leur retour sur leur terre n'est pas actuellement envisagé....les Etats-Unis ont montré aussi à quel point ils se satisferaient (faute de mieux, à leur goût ?) d'un régime irakien autour d'un Saddam Hussein très affaibli dfans un pays totalement ravagé par la guerre, plutôt, peut-être, que de voir accéder au pouvoir des forces démocratiques."

Dans un appel, le MRAP une fois de plus, souligne:
"Cependant, ce drame illustre, si besoin est, l'urgence d'une conférence internationale de paix pour le règlement juste et durable des problèmes de la région prenant en compte les aspirations légitimes des peuples kurde, palestinien et libanais à vivre en paix et en sécurité. "
Puis dénonce: "De fait, les Etats auto-proclamés « chevaliers du Droit international » à peine sortis d'une guerre de reconquête de la souveraineté du Koweït, qui s'est soldée par des dizaines et des dizaines de morts en Irak, ne s'étaient-ils pas tus lors du massacre d'Halabja et des populations kurdes en 1988 ? Ne découvre-t-on pas aujourd'hui ce que les communiqués militaires américains, les reportages de la Cnn et ceux de la télévision française, comme les communiqués de Saddam Hussein, cachaient encore hier : la guerre a tué, elle a réduit des villes à des déserts en cendres, à des ruines jonchées de cadavres, elle a rasé des usines, contraint un peuple à la famine et aux épidémies, sans eau, sans électricité, sans infrastructure économique, dans un pays sans perspective. Et, nous qui nous réjouissons que le Koweït ait recouvré son indépendance, 'comment nous réjouierions- nous du prix qu'on peuple a payé, lorsque d'autres moyens que la guerre n 'ont pas été tentés jusqu'au bout?' "

Le professeur J. Bergue interwievé par Michel Garcia déclare (p5):
"Eh bien les Kurdes, on se voile la face devant les sévices qu'ils supportent. Mais qui les a répartis entre cinq nations, dont l'URSS? Sinon les Anglo-Français aux lendemains de la guerre de 1914 ? Qui naguère les a poussés à la dissidence, pour ensuite les abandonner?"
Plus loin, Différences revient sur la situation des "Kurdes: "répresion, exode, autonomie".
"Les Kurdes sont auiourd'hui à peu près douze millions en Turquie, six millions en Iran, cinq millions en Irak, un million en Syrie, quelques centaines de milliers dans les Républiques du Ca~case et d'Asie centrale soviétiques, et plus d'un million dans d'autres pays du MoyenOrient, d'Europe, des Etats-Unis, ainsi qu'en Afghanistan, au Pakistan, en Australie...Vivant dans des zones économiquement stratégiques, ils sont presque en permanence victimes de la répression des Etats où Ils revendiquent l'autonomie. "
Différences n°119 août 1991: (voir le document)

SOS Kurdes

En 1993, la répression s'accroit en Turquie et dans un communiqué, le MRAP lance un "SOS Kurdes"
"Des travailleurs kurdes, onglnaires de Turquie et résidant en plusieurs pays européens, ont entamé à Bruxelles une grève de la faim. Ils veulent par cette action attirer l'attention sur la terreur exercée par l'Etat turc dans les provinces de l'Est et du Sud-Est de l'Anatolie...La répression ne fait que renforcer la guérilla, et elle aboutit à creuser un fossé de plus en plus profond entre les populations kurde et turque de cette région. Seuls l'arrêt de la répression, le rétablissement des libertés publiques, permettront de rétablir la paix et la sécurité."
Différences n°139 mars 1993: (voir le document)


En 1993, la police française procède à des arrestations de militants kurdes en exil.
Le MRAP s'indigne: à quel prix les Kurdes ont-ils été vendus?
"Le 18 novembre 1993, sous prétexte de "chasse aux terroristes", la police française, procédait sur ordre du ministre de l'Intérieur et avec approbation du gouvernement turc, à une rafle parmi les réfugiés kurdes, simultanément, dans plusieurs villes de France: arrestations arbitraires d'une centaine de personnes, perquisitions, locaux associatifs saccagés. A la légitime protestation de la communauté kurde, notamment par une manifestation place de la République, la police répondait avec brutalité, molestant les manifestants, y compris les enfants...

"Sur la base des revendications suivantes:
libération de tous les Kurdes emprisonnés,
levée de l'interdiction des associations kurdes dissoutes le 30 novembre à la demande du Ministère de l'intérieur,
solidarité avec le peuple kurde et ceux qui défendent la démocratie et la justice en Turquie.
une demande de rendez-vous, restée sans réponse, était adressée aux Ministres de l'intérieur et de la justice.
Un appel aux personnalités était lancé...
Devant les difficultés opposées par le gouvernement à toutes les tentatives de réunions, manifestations, meeting, le MRAP conclut:
"L'attaque que le gouvernement français vient de faire à l'encontre d'une communauté entière et de réfugiés politiques éclaire sinistrement sur les principes fondamentaux de notre pays que ces pratiques remettent en cause. Qu'en est-il d'une société où l'on gouverne impunément à coup de rafles? Qu'en est-il d'une démocratie où simultanément à la remise en cause du droit d'asile, on rafle parmi les réfugiés politiques qui ont cru trouver protection sur son sol?
Qu'en est-il de l'honneur d'un pays qui se veut berceau des Droits de l'Homme et où le devoir de protection des réfugiés politiques est bafoué par leur dénonciation au pays qu'ils ont fuit? Qu'en est-il des droits d'association et de manifestation quand le fait du Prince les dénie à une communauté et à ses organisations culturelles?"
"Il semble que la réponse à ces questions se tienne dans la vente de quelques hélicoptères, pour la répression du peuple kurde, à un pays qui frappe à la porte de la Communauté Européenne."
Différences n°150 mars 1994 (p4): (voir le document)

Pour le droit à l'autodétermination

En 1994, une rencontre de solidarité avec le peuple kurde est organisée: "Cinq heures avec le peuple kurde".
Cette manifestation est soutenue par un appel pour le peuple kurde dont le MRAP est signataire:
"...Nous. organisations et personnalités soussignées. demandons que la France agisse auprès des instances internationales. pour que cessent les persécutions du peuple kurde et que s'ouvrent des négociations pour la reconnaissance de ses droits. Nous demandons la suppression de la Turquie du Conseil de l'Europe et l'arrêt de la livraison d'armes à la Turquie. Nous demandons que cessent les rafles et les arrestations arbitraires en France. Nous demandons que les emprisonnés soient libérés et que soit levée l'interdiction des organisations culturelles kurdes."
Différences n°154 juillet 1994 (p7): (voir le document)

Dans le numéro 155 de Différences, le MRAP par un article de son secrétaire général adjoint Alain Callès, explicite "la question kurde et le MRAP" et dénonce l'attitude de la France.
"Le MRAP, sans équivoque en faveur d'une paix négociée par les parties concernées, continue depuis des années de promouvoir sur la scène internationale et dans les instances où il est représenté, une solution pacifique comportant la reconnaissance des droits du peuple kurde. Cette action sur le fond est essentielle: de la reconnaissance du droit à l'autodétermination dépend la résolution du conflit. Le MRAP a aussi pour devoir d'interpeller les pouvoirs publics français afin qu'ils cessent leur soutien aux tortionnaires et qu'ils pèsent de tout leur poids en faveur de l'ouverture de négociations avant qu'il ne soit trop tard. Le moment est opportun : la Turquie cherche par tous les moyens à s'intégrer à la communauté européenne. La condition de cette intégration passe par le respect des droits de l'homme et la reconnaissance des droits du peuple kurde."

Ce même numéro relaie l'intervention du MRAP à un meeting kurde à Francfort:
Alain Callès y déclare :
"...Un mot revient sans cesse, telle une obsession dans la propagande turque. Il est relayé par les pays d'Europe: c'est le terme de terrorisme avec lequel on tente de diaboliser les Kurdes. Oui, il s'agit bien de terrorisme, mais ce qui est grave, c'est que ce sont ceux qui le pratiquent quotidiennement qui reportent ce qualificatif sur leurs victimes. Depuis quand un peuple, victime de génocide, est-il terroriste? Le terroriste, c'est celui qui déporte, tue, détruit les villages, empêche la liberté de circuler et de s'exprimer, arrête les élus du peuple, pratique le génocide. Oui, il s'agit de terrorisme, de terrorisme d'Etat, de l'Etat turc envers le peuple kurde. Et quand on aide ce terrorisme d'Etat en fournissant des armes, on est complice. Oui, quand le gouvernement français fournit des hélicoptères qui servent à massacrer les Kurdes en Turquie, il est complice. Complice du terrorisme d'Etat et complice d'un génocide."
"...Le MRAP ne soutient aucun parti et ne s' estime pas fondé à par1er au nom des peuples en lutte. Ce qu'il soutient et soutiendra, c'est le droit à l' autodétermination, comme il l'a fait au cours de l'histoire des guerres coloniales menées par la France. Si le peuple kurde était libre, il n'y aurait pas de guerre. S' il y a une guerre, et une guerre menée avec de très importants moyens qui sont en partie fournis par la France et par l'Allemagne, c'est que la population n'est pas libre et qu'elle préfère lutter avec des armes plutôt que d'accepter sans résister l'oppression et la répression...."
Différences n°155 septembre 1994 (p5): (voir le document)

Pour les doits légitimes du peuple kurde

En décembre 1994 le MRAP appelle au soutien à l'action du "Croissant rouge du Kurdistan";
"...Le Croissant Rouge du Kurdistan a lancé un appel à toutes les organisation de défense des Droits de l'homme compte tenu de la situation dramatique qui va encore s'aggraver avec l'arrivée de l'hiver. Le MRAP, qui ne ménage pas ses efforts pour que les droits légitimes du peuple kurde soient enfin reconnus et pour que conformément à la volonté de la Résistance kurde une solution politique soit trouvée à cette guerre a décidé de répondre à l'appel du CRK. Il faut rappeler que la résistance kurde a déjà observé un cessez-le-feu unilatéral de six mois afin de parvenir à l'ouverture de négociations. La seule réponse du gouvernement turc a été l'amplification de la politique de destruction..."
Différences n°158 décembre 1994 (p4): (voir le document)

En juin 1995, Différences rend compte du voyage d'observateurs étrangers, dont un membre du conseil national du MRAP, auprès des kurdes de Turquie à l'occasion de la fête nationale kurde:
"...Nous sommes donc arrivés à Diyarbakir la veille de la Fête nationale. Diyarbakir, une cité en état de siège: blindés légers disposés aux carrefours stratégiques; mitrailleuses pointées sur la foule; omniprésence des patrouilles de police; barrages aux portes de la ville; hôtel bourré de policiers en civil munis de talkies-walkies et nous suivant dans tous nos déplacements à quelques mètres derrière. Nous n'avons pu que constater l'ampleur de la répression: la veille de notre arrivée, nos interprètes avaient été arrêtés; le téléphone de l'Association des Droits de l'Homme ne répondait pas, et pour cause, ses onze dirigeants, dont cinq avocats, avaient été emprisonnés deux semaines auparavant..."

A cette même date, Différences relate la première séance du Parlement Kurde en exil:
"...C'est dans ce contexte que les Kurdes en exil ont poursuivi les objectifs déterminés lors de la conférence de Bruxelles. Avec les députés kurdes déjà contraints à l'exil par le gouvernement d'Ankara, les Kurdes ont mis en place un Parlement en exil à Bruxelles. Des élections se sont déroulées dans tous les pays où réside une communauté kurde..."
Et plus loin "...A cette occasion, la délégation française représentée ... a affirmé son soutien au peuple kurde et aux démocrates turcs victimes de la répression ainsi que son appui à toute recherche d'une résolution prenant en compte la coexistence pacifique des peuples dans la région. Notre Mouvement qui continue d'intervenir auprès des instances internationales, est également intervenu auprès du ministère des Affaires étrangères et auprès des groupes parlementaires français afin qu'une pression soit exercée sur la Turquie pour qu'elle respecte les droits de l 'Homme et recherche une solution politique à la question kurde."
Différences n°164 juin 1995 (p3): (voir le document)

En 1997, le MRAP participe à une délégation européenne qui devait se rendre au Kurdistan pour une "journée de la Paix".
Le représentant du MRAP raconte comment les autorités turques les ont empêchés d'arriver à destination, mais conclut:
"Au total, l'entreprise a été positive. On a remué beaucoup de monde avec cette délégation. Le gouvernement turc a montré qu'il ne voulait pas faire la paix mais il sera obligé d' accepter demain ce qu'il refusait aujourd'hui ."
Différences n°189 octobre 1997 (p5): (voir le document)

En 1999, le MRAP reçoit deux députés du Parlement Kurde en exil, J.J. Kirkyacharian rend compte de l'entretien:
"-...Quel est le sentiment actuellement dominant chez les Kurdes immigrés en Europe occidentale?
-Celui d'une grand injustice, car dans l'ensemble les Européens montrent une grande indifférence à l'égard des Kurdes .
Dans la cause des droits de l'homme et des peuples, on soutient à juste titre le Kosovo, utilise les armes les plus sophistiquées de l'OTAN pour attaquer l'Etat serbe. Mais au lieu de menacer l'Etat turc, qui est encore plus agressif, et de le condamner, on l'encourage en lui vendant des armements anti-guérilla, régulièrement utilisés y compris contre les civils. Les Kurdes se sentent abandonnés, injustement accusés de recourir au terrorisme..."

Différences n°206 avril 1999 (p5): (voir le document)

Sortir de l'enfer kurde

En juin 2001, Différences publie un dossier: "Sortir de l'enfer kurde".
Renée Le Mignot expose la synthèse d'une conférence internationale consacrée aux déplacements forcés des Kurdes en Irak et en Turquie, organisée par l'Institut Kurde de Paris.
"...Aujourd'hui, la revendication de tous les partis kurdes est la même: ils réclament une solution politique dans le cadre des pays existants. L'Union européenne peut et doit agir pour imposer aux pays concernés une telle solution permettant aux Kurdes de vivre dignement sur leur terre ancestrale. En France, la coordination kurde qui regroupe tous les partis kurdes existants ainsi que des ONG françaises (France-Libertés, le Mrap, le Mouvement de la Paix, la Fédération Démocratique Internationale des femmes, la Cimade, Human Rights Alliance-section française) réclame la réunion d'une conférence internationale sur la question kurde ainsi qu'un tribunal international pour juger les crimes contre l'humanité commis contre le peuple kurde. Dans l'immédiat, les Kurdes ont besoin d'une protection internationale..."
Ce dossier présente également un entretien avec un membre du Congrès national kurde:
"...Il existe un peuple kurde historiquement constitué sur son territoire par une communauté de langue et de culture. Toutes les caractéristiques d'un peuple ou d'une nation sont réunies par les Kurdes. Ils sont sur le même territoire depuis plus de 2500 ans et ils sont restés kurdes à travers les péripéties de 1 'histoire.
Ils revendiquent toujours la reconnaissance de leur identité. Le règlement de la question kurde, si important et si décisif pour la sécurité du Moyen-Orient, suppose la reconnaissance de l'identité et les droits du peuple Kurde, le respect du principe de l' égalité reconnu dans la charte des Nations unies et l'insertion des droits dans la constitution..."
"...Le malheur le plus grand du peuple kurde est qu'il est sous la domination de quatre Etats tyranniques qui ne connaissent aucun principe démocratique et que les enjeux économiques sont très importants. Quand les Occidentaux sont face à l'Irak, pour leurs intérêts économiques ils vont jusqu'au bout, mais lorsque l'Irak attaque le Kurdistan avec des gaz chimiques, personne ne bouge..."
"...Ce qui est déterminant pour le Congrès national du Kurdistan est de lancer un message à tous les Etats concernés par le Kurdistan : tout peut et doit se discuter autour d'une table et mon vœu le plus cher est que ces autorités acceptent le principe de la négociation en renonçant à la violence et à la discrimination des minorités ethniques. Nul ne peut éternellement s'enfermer dans la contre vérité et le déni du droit d'autrui par la répression et l'ostracisme ..."
Différences n°230 juin 2001 (p1 et 4à6) : (voir le document)

En 2003 au cours de la guerre déclenchée par les Etats-Unis contre l'Irak, le MRAP analyse les conséquences de la guerre sur les Kurdes et craint une nouvelle tragédie pour le peuple kurde:
Différences n°246 avril 2003 (p4): (voir le document)

En 2003 toujours, Emmanuelle Le Chevalier, membre du Bureau national du MRAP, rend compte d'un voyage au Kurdistan turc et conclut:
"Nous demandons:
- la libération inconditionnelle des députés Leyla Zana, Hatip Dicle, Orhan Dogan et Selim Sadak ;
- la libération de tous les prisonniers politiques kurdes et turcs ;
- la reconnaissance des droits politiques et culturels du peuple kurde"
Différences n°247 juillet 2003 (p9): (voir le document)

Fin 2003, une conférence débat "Pour la paix au Kurdistan" est organisée à l'Assemblée nationale.
Le MRAP figure parmi les organisateurs qui à l'issue de la conférence lancent un appel:
"...Ils affirment avec force que la solution politique et pacifique au problème kurde est indispensable pour ramener la paix au Moyen Orient..."
Et décident des actions suivantes:
"• Demande de rencontre d'une délégation des associations et ONG organisatrices avec l'ambassade de Turquie à Paris pour apporter les conclusions de cette Conférence-Débat et l'Appel qui y a été adopté.
• Adresses à l'OSCE et aux Nations Unies. • Organisation d'une fête de la Paix vers le 21 mars 2004 à l'occasion du Newroz, nouvel an kurde, incluant une marche regroupant des organisations allemandes et françaises sur le pont de l'Europe près de Strasbourg.
• Interpellation des candidats aux prochaines élections européennes de 2004 sur les problèmes du Kurdistan et organisation d'un meeting pour en rapporter les conclusions.
Ces actions ne sont pas exclusives d'autres initiatives qui pourront être décidées ultérieurement."
Différences n°249 janvier 2004 (p15): (voir le document)

En 2012, le MRAP s'indigne de la suppression de la chaîne de télévision kurde Roj TV; < br /> "Alors que le gouvernement de Turquie accroit sa répression à l’encontre du peuple kurde, Eutelsat, dont l’État français est actionnaire, a décidé le 23 janvier, de suspendre la présence de la chaîne kurde de télévision Roj TV sur tous ses satellites....
En interdisant Roj/TV, c’est la voix du peuple kurde que l’on veut faire taire. C’est une décision politique extrêmement grave contre la liberté d’expression quand on sait que Roj TV est écoutée en permanence par des millions de Kurdes, ceux de l’intérieur, en Turquie, en Irak, en Iran et en Syrie, mais aussi par des milliers de Kurdes exilés dans le monde, principalement en Europe, dont plus de 130.000 en France. C’est pour la communauté kurde en exil le lien culturel et politique avec ses racines. Pour les Kurdes, c’est la voix de l’espoir et il n’est jamais bon de pousser une population au désespoir...
Mais, les Kurdes de Turquie (25 millions de personnes sur les 70 millions de citoyens turcs) ne réclament rien d’autre que le respect de leurs droits fondamentaux, dans une Turquie démocratique. Une solution pacifique et négociée à la question kurde est indispensable à la stabilisation d’une situation de plus en plus complexe et explosive au Moyen Orient ainsi qu’à une véritable démocratie en Turquie. Le MRAP, solidaire du peuple kurde, « là-bas et ici » rappelle que cela ne pourra se faire que par la voie de la négociation...
Différences n°284 (p30): (voir le document)

Trois militantes kurdes assassinées à Paris

Le 9 janvier 2013, trois militantes kurdes étaient assassinées dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan (CIK), situé en plein centre de Paris.
Renée Le Mignot rend hommage aux trois militantes dans Différences N°286
"Le MRAP, bouleversé, a été présent dès l’annonce du crime et tous les jours qui ont suivi, jusqu’au départ des trois militantes vers le Kurdistan.
Rojbin était le lien entre les associations kurdes et le mouvement associatif français. Son rêve était qu’un jour existe enfin la reconnaissance de l’identité kurde ainsi que le respect des droits culturels et politiques des Kurdes...
Quelques jours avant son assassinat, Rojbin était avec moi dans les locaux du MRAP pour nous parler des prisonniers politiques qui croupissent dans les prisons turques. Nous avons tant de souvenirs communs de luttes mais aussi d’émotion et de joie. Rojbin ne voulait que la paix, ne vivait que pour la paix, de toutes ses forces !..." le MRAP continuera d’être aux cotés du peuple kurde pour qu’enfin arrive le jour d’une solution politique et pacifique à la question kurde Différences n°286 2013 (voir le document)