Différences n°124 - janvier 1992

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Sommaire

Sommaire du numéro

n°124 janvier 1992

  • Rendez vous en février (situation de Différences) par C. Benabdessadok
  • Médias: une dérive annoncée
  • Congrès: contributions des comités locaux
  • Réussir notre prochain congrès

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1 BONNE ANNÉE AUX DROITS DE TOUS LES HUMAINS 91 s'achève. Terrible année qui nous laisse un goût amer avec le drame de la guerre du Golfe, les plaies ouvertes de la guerre en Yougoslavie, les incertitudes en Algérie et dans l'ex-Urss. Ici, la France s'oublie parfois, se laisse dériver, détourner par les voix des sirènes xénophobes. Par empressement, comme pour exorciser ces tâches dans le rétroviseur de l'année, on voudrait vite tourner cette page qui se ferme, hélas, le 31 décembre, par la reponse des matraques aU::l; demandeurs d'asile déboutés a Marseille el qui s'ouvre le 2 janvier a Paris par une grève de la faim de jeunes désespérés qui luttent contre cette fonne moderne d'un bannissement insupportable

la double peine. "Le printemps est

inexorable", chantait Paul Eluard. Pui sse 1992 être]' année ou pourront éclater les bourgeons de l'espoir sur un monde meilleur permellant le respect pour les droits de chaque homme, chaque peuple. Espoir que la France se ressaisisse, se 'réveille pour nous épargner un cauchemar où les mots: "intolérance", "seuil", "odeurs nauséabondes", "charters", soient bannis du vocabulaire préelectoraL Voeux aussi pour que la classe politique s'occupe enfin des gens el qu'elle se détourne des chemins boueux pris par ces marchands d'illusions, démolisse urs des Droits de l'Homme, qui ne savent qu'exploiter le malheur et la détresse des "Exclus de la vie", de droits el de dignité, à des fins électorales. Cependant, restons bien éveiltés. Rien n'est jamais acquis sans IUlle, vigilance et détermination. Les JO, 11 et 12 avril se tiendra notre congrès. Ensemble, nous devrons, par la force de nos convictions individuelles, nos expériences cumulées, la convergence de nos différences, bâtir cette force motrice indispensable aujourd'hui pour barrer la route à ces ennemis de la démocratie, préparer le terrain et les actions pour que la justice, la citoyenneté, la fraternité, l'égalité, deviennent une réalité vecue, quotidienne, dans la rue, le quartier, la ville. Enfin, voeux pour que vive Différences, doté d'une nouvelle direction, injustement méconnu, insuffisamment soutenu et pourtant indispensable pour rendre plus compréhensibles et intelligibles des situations de plus en plus complexes, ici et ailleurs, et permettre de poner l'éclairage de l'action et des propositions du Mrap qu'une certaine "médiacratie" feint d'ignorer au profit de la promotion de l'extrême-droite et de ses sateliites. Que de défis nobles, beaux et difficiles à la fois nous attendent pour redonner espoir en l'Homme. C'est un pari qu'on peut gagner. Chiche! MoulOud Aounit Secrétaire Général du Mrap Directeur de lb publication JANV I ER 1992 - N ° 124 - 10F RENDEZ-VOUS EN FÉVRIER Différences va mal. Ce n'est pas une rai· son suffisante pour baisser les bras, assure Mouloud Aounit, Secrétaire Général du Mrap et nouveau Directeur de la publication (après la démission d'Albert Levy), Martial Le Nancq, Trésorier du Mrap, prenant la lourde fonction de gérant Différences subit (une fois de plus) les contre-coups d'une gestion mal maÎtrisée, de carences structurelles, de problèmes financiers graves. Nos lecteurs ont été abasourdis de recevoir les mensuels de septembre et de novembre en décembre. Nous partageons le choc, ayant appris tardivement le blocage de ce numéro et des deux suivants par l'entreprise de routage pour cause de dettes. Aucun niveau de la structure du siège n'a, semble-t-il, été informé de ce fait! L'absence d'administrateur (depuis plusieurs mois) apparait comme la cause de cet état de fait. Néanmoins, le "passir de Différences est trop lourd pour que cette carence en soit l'uni que raison. Une réunion du Bureau National du Mrap le 5 octobre dernier a pris acte d'un certain nombre de données et adopté quelques décisions: - Deux éléments d'ordre financier: les résultats du trimestriel Uanvier 1990 à juin 1991) semblent s'équilibrer tandis que le mensuel accuse un déf icit d'environ 100000 francs par an_ - Une décision d'ordre juridico-politique: La SARL- "Différences' sera désormais constituée de deux actionnaires: le Mrap à hauteur de 51% des parts et la ' Société des Amis de Différences" à 49%. • Une décision éditoriale: suppression de la Lettre du Secrétariat et intégration Sommaire de celle·ci dans le mensuel dont la nouvelle formule sera prête en février. Elle obéira à deux principes: une information plus ouverte sur la vie du Mouvement (en particulier des Comités locaux) et des articles tournés sur la réflexion autour de l'actualité. Pour ne pas augmenter le déficit budgétaire, nous avons opté pour le cadre suivant: suppression de la couleur, mais augmentation du nombre de pages (12 au lieu de a). L'adoption d'une nouvelle maquette semble d'autant plus indispensable que la "nouvelle formule" lancée au début de 1989 (mensuel + trimestriel) n'a pas donné lieu à un vrai travail de conceptualisation du mensuel. Nous souhaitons, dès février, être à la hauteur des atlentes, en matière de contenu et de délai de réception, à condition, bien sûr, que le contrôle de gestion et le suivi comptable tiennent les engagements auprès des fournisseurs. En ce qui concerne le trimestriel, le paradoxe est à la hauteur des contre-coups évoqués plus haut: il est en panne, faute de financement! La Sad dont ,'Assemblée générale vient de se réunir a lancé un appel à souscription. Le soutien financier des Comités locaux qui en ont les moyens ne peut être que le bienvenu. Nous avions opté pour un numéro spécial sur "les antisémitismes~ (un modeste maÎs réel tour du monde de cette forme particulière d'hétérophobie et de racisme). Rendez-vous en février pour un numéro mensuel à la hauteur des critiques et des besoins de nos lecteurs. La Rédactrice en Chef Chérifa 8enabdessadok Médias: une dérive annoncée . Congrès: contributions des comités page' et contributions individuelles page 4 Grand-Orient. "Par la brutalité de ses récentes propositions, le Front national confirme qu'il se situe ouvertement dans la filiation du fascisme et du régime de Vichy." Habitué à mettre en garde ses sympathisants contre l'extrèmedroite et les thèses qu'elle véhicule, le Grand-Orient vient cette fois de décider d'aller plus loin, et publiquement. Il engage le combat contre la banalisation des thèses d'extrème-droite, et stigmatise les "intolérables glissements sémantiques chez certains dirigeants politiques". Euphémisme, sans doute, mais qui n'est pas banal de la part du Grand Orient, qui dénonce aussi bien ceux qui à droite parlent d' "odeurs' ou d'" invasion" que ceux qui, à gauche et jusqu'au sommet de l'Etat, évoquent des "seuils de tolérance" ou des départs massifs d'immigrés ... C'est une véritable invitation à l'action militante que lance le Grand-Orient, qui souhaite le réveil aux" valeurs républicaines", un retour à l'éthique politique, quelles que puissent être d'immédiates conséquences électorales. En clair, le Grand-Orient appelle à refuser la facilité de la démagogie pour éviter que "s'érode la démocratie". Cet appel maçonnique rappelle à' sa façon l'urgence de nécessaires réactions ... Université Aux élections universitaires de Lille III (Villeneuve d'Asq), la liste du "Renouveau étudiant" qui prône la "préférence nationale et européenne" pour les places dans les facultés et l'attribution des bourses a réalisé un score non négligeable: 176 voix sur 4933 votants. Elle pourrait être représentée au conseil d'administration de l'université. Inquiétant? sans aucun doute. Et témoin d'un fait social: l'extrême-droite ne fait pas recette que dans les milieux les plus défavorisés. Plusieurs étudiants cependant ont avoué, mais un peu tard, ne pas avoir vraiment lu les professions de foi avant de voter! ... , MEDIA: UNE DÉRIVE ANNONCÉE L'immigration dans la presse: faut-il tout voir en noir et blanc ? Un récent colloque s'est penché sur ce difficile dossier. "Ras le bol des journalistes!" A partir de cette exclamation de H.-Thierry Boumediène s'est engagé un colloque consacré aux "immigrés à travers la presse"(l). Selon la présidente de l'Emaf(2) les média cherchent à vendre de l'extrémisme politique et religieux au détriment des réalités de la vie de la majorité des immigrés et de leurs enfants. Et la guerre du Golfe a laissé quelques traces. H.T. Boumediène regrette qu' "on nous pousse toujours à nous identifier en fonction de nos origines". L'engagement pacifique contre la guerre du Golfe de personnes ou d'associations issues de l'immigration n'a pas été appréhendé comme un acte d'intégration dans la vie politique franco-française. Mais une opinion consensuelle "pro-guerre", y compris dans et avec les média, condamnant les opinions divergentes sur l'engagement de la France, a fonctionné à l'égard des Arabes de France comme une sur-condamnation du fait même de cette arabité devenue objet de mise en demeure. OMISSION D'ÉMISSIONS Noël Copin (la Croix - l'Evénement), lui, relève la surdramatisation politicomédiatique dont est l'objet toute question relevant de l'immigration (cf. "l'affaire des foulards") et le rôle donné au Front National comme pôle de repères sur lesquels l'opinion publique est amenée à se prononcer. Florida Sadki, elle, conteste l'instrumentation de la question de l'immigration médiatisée, en particulier à la télé- 2 vision, non par les réalités hétérogènes qui la composent, mais par les controverses politiques qu'elle suscite. Elle en conclut qu'en fait "l'immigration est interdite d'images". Ainsi de la disparition des émissions successives: Mosaïques, Rencontres, Racines ... D'accord sur la nécessité d'éviter le simplisme et l'amalgame, les journalistes ont relevé le décalage entre les "bonnes intentions" proclamées et les résultats qui ne contentent personne. Jean-Yves le Priol (La Croix) a souligné deux mécanismes qui président à la formation du discours médiatique. D'abord la "redondance". Elle s'exprime par linfo en boucle" : il suffit qu'un "média fort" lance une info ou un thème écarté par les autres, pour que ceux-ci (concurrence oblige) le reprennent. Ce fut le cas des "50 mesures" du FN. Durant deux jours, les rédactions se seraient demandé quelle place y accorder. Traitée d'abord de manière secondaire, elle fut reprise et détaillée sitôt que Le Monde lui a consacré un espace de choix. D'où la redondance, l'effet de lassitude ressentie par certains lecteurs, la dénonciation de la publicité ainsi donnée au FN par les organisations antiracistes. Ensuite, "l' amnésie récidivante". A la télévision comme dans la presse écrite, on se heurte à une débauche d'informations inter-changeables. Avec une répétition des mêmes thèmes, des mêmes "débatteurs", tout est en place pour que le travail d'information, au lieu d'emmagasiner de la connaissance qui implique recherche, stockage, mise en association, voire anticipation, se contente de découvrir le monde chaque matin. Ces descriptions révèlent au moins deux questions qui ne se posent d'ailleurs pas qu'à la presse: 1) Comment répercuter l'information concernant l'extrême-droite sans lui donner publicité? Comment montrer des jeux néo-nazis à la télévision tout en les dénonçant? Faut-il ou non parler avec les représentants des partis et groupuscules fascistes tout en en formulant une critique morale et politique que l'on souhaite? II) La presse ayant d'abord pour vocation d'informer et de vendre ses produits, peut-elle échapper à cet effet d"'amnésie récidiviste" que les militants du Mrap supportent si mal, et à juste titre? Comment faire de la parodie (du social, du politique en particulier) sans tomber dans le poujadisme? Ainsi , ce que l'on a longtemps considéré comme un "quatrième pouvoir" se présente désormais comme l'excroissance et le reflet de lois de la société. Plus l'information a cherché à se vendre, plus elle s'est rapprochée de la "mise en spectacle banalisée", plus elle a perdu de sa force, de son indépendance, de sa puissance en tant que contre-pouvoir.Cette réflexion concerne en premier lieu les média centralisés à Paris où se concentrent les élites politiques et médiatiques. La presse dite alternative où se situe Différences, non-intégrée aux lois du marché, avec des recettes publicitaires très faibles, avec peu ou pas de relais, confrontée au désintérêt du lecteur potentiel "capté" par des produits plus attrayant se trouve (définitivement ou momentanément ?) marginalisée. ÉMISSIONS TRÈS SPÉCIALES La télévision, média le plus populaire qui existe, accroche toutes les dérives potentielles, les frustrations, l'attention. Trois émissions parmi les plus récentes au moment où nous mettons sous presse ont soulevé l'indignation des antiracistes, provoque des enquêtes et des poursuites judiciaires et suscite un volumineux courrier entre le secrétariat général du Mrap, la Direction du Conseil Supérieur à l'Audiovisuel, les directeurs de chaîne concernés, les syndicats (notamment FOSyndicat national des artistesacteurs) ... - Le 2 novembre vers 22 h 05, lors de l'émission "Sébastien c'estfou" (TF1), dans un sketch intitulé "Assedic", deux personnages se font doubler par un Obélix s'écriant "les étrangers, c'est vrai, il y en a trop" - Le 25 septembre, une séquence pastichant les héros de Robin des Bois, montre un "Rabbin des bois"(sic) portant la tenue des juifs orthodoxes tandis que son compère "frère Jean" lui rétorque "Ah, Radin des bois". Si, comme l'explique Dorothée" les enfants n'ont pas les préjugés des adultes" (Télérama 13.11.91), ce genre d'association n'est-il pas fait (malgré elle?) pour en fonder les bases? - Lors de l'émission "mardi soir" du 3 décembre se sont exprimés à loisir des néo-nazis dont les propos relèvent de la diffamation raciale et de l'apologie de crimes contre l'Humanité. Le Mrap a porté plainte, le Parquet mène l'enquête, le producteur de l'émission est en cessation d'activité. Dans un monde où les frontières de la nation s' amenuisent au profit d'ensembles plus vastes, d'échanges planétaires, la problématique tourne autour de la spécificité des entreprises de presse et de la télévision en particulier. Elles ne sont pas des entreprises "comme les autres", elles façonnent la culture et les opinions. Où commencent et où finissent l'entreprise, la finalité culturelle ou "éthique de la presse"? La "dictature de l' audimat", devenu principal conseiller en communication, est en train de faire risquer au "quatrième pouvoir" ses acquis les plus nobles : la qualité potentielle des messages et la pluralité des supports. Ainsi, une fois de plus, la question de l'immigration et des médias se révèle comme un épiphénomène dont le moteur est ailleurs, plus général et plus fondamental ... Chérif a Benabdessadok (1) Co-organisé par La Croix l'événement et Reporters sans frontières avec le soutien de la Fondation l'Arche de la Fraternité, la Commission nationale consultative des droits de l'Homme et le Fonds d'action sociale avec: Rachid Arab (Antenne 2), Pierre-Yves Le Priol (La Croix l'événement), Guillaume Mallourie (l'Evénement du jeudi), Hervé Nédelec (le Provençal), Jean Quatremer (Libération), Florida Sadki (FR3), Robert Solé (Le Monde), Philippe Sainteny (RF!), Edouard Pellot (Agence Rencontre Audiovisuelle ). (2) Expression Maghrebines au Féminin - 29, G. Cavaignac 75011 Paris - Tél. 43 48 62 3 INFORMATION ET DIFFUSION 14) Instituer officiellement la journée nationale contre le racisme, le 21 mars de chaque année. Il conviendrait qu'elle soit accompagnée de multiples initiatives de l'État et de la société civile. 15) Entreprendre, en coopération avec les associations antiracistes, un programme d'études et d'analyses des milieux et mouvances. vecteurs du racisme. 16) Sensibiliser les écoles de journalisme et les milieux professionnels par une formation et une information sur les aspects déontologiques et sur les dossiers concernant le racisme et la xénophobie. Attirer l'attention des responsables des média et des journalistes sur le rôle de la presse dans l'éradication du racisme. 17) Sensibiliser les instituts de sondage d'opinion à l'approche particulière que nécessitent les problèmes de racisme et de xénophobie lorsqu'ils sont abordés dans des enquêtes, particulièrement dans les questionnaires comportant des stéréotypes. Attirer l'attention des média, lors de la diffusion de ces enquêtes, sur les précautions à prendre tant dans la présentation des résultats que dans les commentaires. 18) Constituer une banque de données de la jurisprudence en matière de racisme. Un fichier de la jurisprudence, comportant la totalité des décisions. dans leur texte intégral, rendues depuis 1972 pourrait être diffusé sur serveur en accès kiosque par minitel et sur disquettes informatiques, à l'intention particulièrement des juristes et des praticiens. 19) Encourager, par des voies et moyens équitables, la presse associative antiraciste qui se heurte à deux obstacles: un manque de moyens publicitaires et un faible impact audiovisuel. Propositions contenues dan'S le rapport de la commission nationale consultative des droits de l'Homme sur "la lutte entre le racisme et la xénophobie", 1990. 3 5,50F le pull Ils viennent pour la plupart d'Asie du sud-est, et travaillent au-delà des normes syndicales ... Payés à la pièce, ils fabriquent pulls et pantalons de jogging. 5,50F pour un pull revendu par leurs employeurs, de la région de Troyes, au-moins dix fois plus à leurs clients, dans le quartier du Sentier à Paris. C'est un important trafic qu'ont découvert, en novembre dernier, les services de police, des Assedic, de l'Urssaf ... dans la région de Troyes. Un trafic qui avait permis de réaliser des bénéfices considérables à des entrepreneurs employant clandestinement et dans des conditions peu enviables une main-d'oeuvre immigrée ainsi réduite au silence. Le trafic a été interrompu. Mais ce que l'histoire ne dit pas, c'est ce que deviendront les dizaines de travailleurs qui se succédaient dans les ateliers. Seront-ils de nouveau réduits à une autre clandestinité? Retomberont-ils dans le cycle infernal des petits emplois de survie au profit d'employeurs aussi peu scrupuleux que ceux de Troyes? Seront-ils renvoyés manu militari hors des frontières? Des "schlagues" à Sarcelles? "II faudrait y aller à coups de schlague, comme les Allemands, pour se faire obéir". Tels sont les propos qu'auraient tenus à un parent d'élèves de l'école JeanMacé de Sarcelles un adjoint au maire "se plaignant de perturbations causées par la communauté juive" de la ville! Sept parents d'élèves ont marqué leur protestation contre de tels propos en refusant de participer au conseil d'école. Les parents d'élèves se sont adressés au Mrap, à la Liera, et au maire RPR de la ville pour leur faire part de leur indignation ... CONGRÈS , CONTRIBUTIONS AU DEBAT Differences publie l'ensemble des contributions parvenues au moment où nous mettons sous presse. Nous avons dû réduire ces nombreux et très longs textes, mais nous avons gardé dans leur quasi-intégralité les développements se rapportant aux orientations proprement dites sur lesquelles le congrès aura à réfléchir et à prendre des décisions. CONTRIBUTIONS DES COMITÉS LOCAUX PARTICIPER A L'OFFENSIVE Les analyses montrent que le racisme gangrène la société, que le fascisme est à nos portes, et que "les valeurs" sont galvaudées et rejetées alors qu ' elles sont le fondement de la démocratie. On ne pourra lutter efficacement que si naissent un espoir nouveau et des perspectives claires pour une société plus juste et plus humaine. Sans perdre sa spécificité, sans s'inféoder à tel ou tel parti politique, le Mrap doit oeuvrer à la construction d'une démocratie sans exclusive, qui suppose: - défense des valeurs dites "de gauche", - défense des droits de l'homme, le racisme étant une forme particulière d'atteinte à ces droits, - meilleur partage des richesses dans le monde, condition indispensable et quasiment unique pour stopper l'immigration, - dénonciation de tout ce qui, dans la société nouvelle, dont la compétition est le moteur, engendre le racisme, - renforcement de la législation antiraciste, ce qui suppose que notre stratégie soit en même temps défensive, offensive, et préventive. Il semble que le Mrap, jusqu'à présent, ait privilégié la défense et la prévention. Maintenant les vannes sont lâchées et le dis cours raciste devient majoritaire ... Du racisme honteux des années 81, on en arrive à un antiracisme qui n'ose pas s' exprimer parce qu'il se sent isolé, impuissant, minoritaire. Le Mrap doit participer à l'offensive pour rendre le mouvement antiraciste majoritaire. Or, l'activité multiforme des CL, le rôle sans cesse accru d' "assistance sociale" qui accable les militants, l'absence de liaison CL! National et entre les CL font que le Mrap n'est pas un outil efficace pour se montrer offensif. Les points 3-2-1 à 3-2-6 sont tous nécessaires, mais aussi: - la mobilisation de tous les adhérents du Mrap qui n'ont pas conscience qu'une action offensive est, dans le contexte actuel, indispensable, - une meilleure formation, - une action commune de tous les CL sur un certain nombre d'axes limités, - une impulsion et un compterendu suivi des actions communes décidées au plan national, - une circulation rapide des informations. Maintien du CN avec pouvoir délibératif, un secrétariat permanent comme organe exécutif avec mission d'impulsion des actions décidées par le CN. Pas de pouvoir délibératif aux unions régionales: ce serait à l'encontre de la nécessité de mener des actions communes à tous les CL. L'UR devrait rester une instance de rencontres et d'échanges entre les CL et un centre de formation pour les adhérents. Comité d'Orthez RENFORCER LES LIENS ENTRE LES COMITÉS LOCAUX Il faudrait développer sur une plus grande échelle l'activité du Mrap dans tous les établissements scolaires, les centres sociaux, les mouvements d'éducation populaire, cela dès les petites classes d'école primaire afin d ' apprendre aux jeunes enfants le respect de l'Autre, de celui qui est différent. L'expérience réalisée dans deux écoles d' Epinay dans le cadre "500 livres contre le racisme" avec le Mrap 93 et l' Orolep 93 a été très positive et notre comité reçoit de nombreuses demandes pour la renouveler. Il faudrait renforcer les liens entre les différents comités locaux d ' un même département. Nous nous sentons un peu "isolés". Le bureau fédéral pourrait recueillier les infor- 4 mations qui seraient communiquées par les comités locaux et les faire circuler au moyen d'un journal régulier très simple. L'expérience de certains pourrait aider ceux qui sont confrontés aux mêmes problèmes. Cela nous permettrait de nous enrichir de nos idées respectives. Comité d'Epinay-sur-Seine SIMPLIFIER ET MIEUX GÉRER La présentation des orientations est trop schématique. On peut en effet souhaiter une orientation s'attachant à une dimension internationale "sans s'occuper de tout ce qui se passe dans le monde". La stratégie doit prendre en compte l'environnement politique et économique et son évolution. Que veut le racisme aujourd'hui? Qui est raciste? Qu'est-ce que lutter contre le racisme? Pour les méthodes: même chose. On peut souhaiter l'union et développer le travail de terrain en le médiatisant. Le racisme ne touche pas que les immigrés (qui sont-ils ?). Il y a des racismes. Il manque la partie sur la force de propositions que l'on doit être (statut de citoyenneté, droit de vote). On agit sur la société civile, on est un élément de la République, de la démocratie. La simplification dans la structure du Mrap est indispensable. Les moyens, s'ils sont insuffisants, sont-ils économiquement bien utilisés? Il manque l'aspect sur la communication interne. Comité de Marseille L'ACTION CONCRÈTE AVANT TOUT Nous souhaiterions qu'apparaissent comme éléments fondamentaux de notre action la lutte contre l'exclusion et la recherche de la nouvelle citoyenneté, l'émergence de solidarités nord-sud, la connaissance et la reconnaissance des nations au Moyen-Orient. Notre action est faite d'interpellations du monde politique, de protestations, d'informations et dé formation par des débats, des interventions en milieu scolaire, etc ... Pour nous, toute influence du Mrap suppose la mise en oeuvre d'actions concrètes, pointues (à l'image du "coin dans un tronc de bois"). C'est cela qui nous donne notre légitimité et notre représentativité, qui fait de nous une force véritable, bien mieux que tous communiqué, déclaration, sermon ou discours. Comité de Tarrare CONSTRUIRE UN FRONT L'urgence de la situation que nous vivons en ce moment, l'incompréhension de ceux que nous rencontrons dans notre vie militante au sujet de la "diversité ou division" des forces antiracistes soulèvent une question qui nous semble fondamentale. Il faut inviter au congrès les représentants des différentes organisations antiracistes, anti-Le Pen ... etc .. . et leur proposer la création d'un Front dont le but sera le rassemblement de toutes ces organisations pour, à terme, créer une organisation unique (le Front). C'est aux differentes organisations de choisir, négocier la fomie sous laquelle pourra se faire ce rassemblement au sein du Front : fédération, confédération, association unique avec courants ... Il ne s'agit pas d'un "appel" de plus (Dreux, les 250 ... ) mais de l'ébauche d'un projet plus ambitieux et qui pourrait devenir paneuropéen (comme par exemple le mouvement des Verts) ... Le Front doit se définir une charte suffisament large pour permettre aux différentes organisations antiracistes d'y adhérer. Dans une première phase le Mrap peut proposer de mettre progressivement en commun les moyens des différentes associations. Peut-être doiton susciter un mouvement et la mobilisation de la "base" (des différentes associations) en proposant des réunions communes pour se connaître, travailler ensemble localement, élaborer la constitution du Front... Outre son effet potentiellement mobilisateur, la création de ce Front donne une approche différente à nos problèmes d'efficacité, de médiatisation, de moyens ... Nul ne peut douter de l'impact médiatique que peut avoir une telle démarche et de l'autorité que pourrait ainsi représenter ce Front dans les débats publics, manifestations ... Comité de Vincennes ) SORTIR DE L'ANALYSE HÉXAGONALE Si le concept de racisme est (relativement) facile à cerner, celui "d 'amitié entre les peuples" est on ne peut plus vague et en tout cas hors de portée, dans sa totalité, d'une association aux moyens limités comme le Mrap. Il faut donc chercher les combats pour lesquels le Mrap sera le plus efficace . Il nous semble qu'à un moment où l'immigration est, une fois de plus, un enjeu politique à court terme, le Mrap doit se concentrer sur toutes les dérives de notre société à ce sujet : racisme en général et dans tous les secteurs où ila des conséquences directes : justice, droit d'expression, travail, logement etc ... Mais la France n'est pas isolée, elle s'insère de plus en plus étroitement dans l'Europe. On ne peut donc se contenter d'une analyse hexagonale et nous devons agir avec les mouvements similaires européens. Quant aux grands problèmes de l ' humanité, historiquement le Mrap a travaillé sur certains d'entre eux: Apartheid, MoyenOrient, inégalités Nord-Sud ... Il ne s'agit pas de les abandonner, mais de prendre garde, sous peine d'inefficacité, de vouloir tout faire et partout. Avant d'entreprendre un combat, il convient d' analyser notre impact probable en regard des moyens et de l'énergie mis en oeuvre. Le rôle pédagogique du Mrap, tant à l'école que dans la rue ou le quartier, doit être accentué en multipliant les moyens: dos siers, cassettes vidéo etc ... La dualité Présidence-Secrétariat nous parait archaïque et onéreuse: il faut donc simplifier, sans pour autant centraliser tout le pouvoir en une seule main! La Région étant maintenant un lieu de décisions, il convient que le Mrap y soit présent tout en pesant bien ses possibilités: le Mrap peut-il assurer quatre niveaux d'intervention: local, départemental, régional et national? Comité de Bourgoin-Jallieu CONTRE LES UNIONS RÉGIONALES Des unions régionales : cette proposition est pour nous une absurdité. Dans le département du Nord, il y a quatre comités, zéro dans le Pas-de-Calais, un dans la Somme, un dans l'Aisne, CO N GRÈS zéro dans les Ardennes. Au fait, où s'arrête la région? Nous ne voulons pas de ces UR. Nous n'avons aucune finance pour les faire vivre. Le secrétariat permanent proposé semble une bonne idée. Le bureau national, vu de Douai, nous semble un organe lourd. Le Conseil national : estce qu'un comité dans un département suffit pour faire une fédération? Quant aux commissions qui envoient un délégué au conseil national, il faudra réfléchir à la façon dont ils sont nommés. Nous ne sommes pas au courant de tous ces rouages et nous nous demandons si le congrès peut débattre de tous ces problèmes. Comité de Douai AGIR POUR L'UNION Beaucoup nous font confiance et croient que nous sommes un mouvement puissant: c'est notre force. Mais nous ne le sommes pas: c'est notre faib lesse. Que penseraient-ils, s'ils connaissaient la faiblesse de nos effectifs, le délabrement de nos finances , l'état du sIege national ? Certes, notre réputation repose sur une certaine réalité, sur le fait que nous sommes souvent les premiers et parfois les seuls à réagir ou à proposer des actions. Mais quel est notre impact sur l'opinion publique? Mesurée à cette aune, notre influence est nulle. Pour essayer de remédier à cette situation, nous avons trois propositions: -1- Agir pour l'union de toutes les forces antiracistes sur des bases claires, c'est-à-dire sur un programme. Cette union, tous ou presque la désirent. Le Mrap pourrait jouer un rôle positif en proposant la création dans chaque département d'un front uni contre le racisme, sur la base de l'Appel de Dreux actualisé en demandant à chacun d' étudier des mesures précises qui pourraient être prises dans le département et proposées au Préfet. -2- Arrêter de se disperser et demander aux comités locaux de choisir une priorité, la priorité nationale étant d' aider les comités locaux : seul, le travail sur le terrain, sur les marchés, au porte-à-porte, dans les écoles. ;. pourra faire reculer le racisme, seuls les comités locaux peuvent faire ce travail, mais il faudrait qu'ils soient aidés matériellement et intellectuellement. Il faut leur donner 5 des outils, leur proposer des formations, leur assurer des ressources humaines et/ou financières. Cela implique une modification de nos structures. -3- Il est difficile en effet de demander au national d' assurer cette aide aux comités. Et les instances nationales sont ressenties comme une super-structure, inutile au mieux, quelques fois gênante. Il nous semble nécessaire de régionaliser le Mrap en suscitant la création de ces unions régionales qui n' existent que dans les statuts, en leur donnant un pouvoir délibératif leur permettant d'adapter l' action contre le racisme à la réalité (qui peut être très différente selon les régions) et des moyens financiers suffisants pour faire fonctionner un exécutif chargé de suivre et d'aider les comités, d'en créer de nouveaux. Les instances nationales seraient simplifiées. Elles comprendraient un seul organe délibératif (conseil national) chargé de déterminer éventuellement les positions nationales, de coordonner les activités régionales, de lancer des pistes de recherche théorique et un seul organe exécutif (bureau national) ch argé d'appliquer les décisions. Il nous semble vital que le congrès modifie nos statuts pour permettre de nous orienter dans cette voie, si nous voulons que la lutte contre le racisme soit à la mesure des périls qui nous menacent. Comité d'Avignon PRIORITÉ À L'ACTION SUR LE TERRAIN La priorité doit être donnée à l'action sur le terrain en donnant aux CL les moyens et la formation. Si les CL sont plus près du terrain, les jeunes viendront d'eux-mêmes s'intégrer et travailler avec nous. Un comité bien implanté permettra d'atteindre les autres objectifs : union, médiatisation, approche des jeunes, des immigrés . .. Le National doit garder son rôle de coordinateur et de relais avec "l'extérieur" . "L'argent est le neif de la guerre". Une des priorités devra être les finances . Le Mrap n'étant pas un mouvement à but lucratif, une grande partie de ses revenus vient des subventions. Est-il normal alors qu' il n'ait pas droit au même traitement que d'autres associations du même type? Il Y a peut-être une action à mener dans ce sens. Les structures : multiplier les échelons ne simplifiera pas notre fonctionnement. Alors que nous avons déjà du mal à trouver des bénévoles pour les bureaux du CL, comment trouver des personnes pour les fédérations ou les unions régionales? Les décisions doivent rester au niveau soit d' un secrétari at nation al élargi, soit d'un secrétariat permanent qui reste le fédérateur du mouvement. Comité de Tarbes CONTRIBUTIONS PERSONNELLES ATTENTION AUX RÉFLEXES XÉNOPHOBES A propos du Pcf, il y a pire que le tract incriminé: la carte-pétition de septembre 1991 réclamant "l 'arrêt immédiat de toute nouvelle immigration, d 'où qu'elle vienne, officielle ou clandestine" me semble faire appel à des réflexes xénophobes (à la Le Pen) et par ailleurs relève d'une méconnaissance des réalités économiques et sociales, non seulement du Tiers-Monde, mais aussi de l'Europe centrale. Daniel Auroi (Comité de Gennevilliers) HUMANISMES L'opinion publique "lie", le plus souvent, de nos jours, "la lutte contre le racisme" à toutes fonnes de convictions humanistes (social-démocrates, chrétiennes, francs-maçonnes, etc .. . ). Quant au tiers-mondisme, il n'est jamais plus, à ma connaissance, associé au "communisme" dans l'esprit du tout venant en France, mais plus souvent aux humanistes sus-dits, aux mouvances pacifistes et écologistes . La stratégie "offensive" correspond formellement à "lutter pour une démocratie sans exclusives", "déf ensive" correspond à "lutter pour la défense des droits de l'homme". Donc, il faudrait écrire : doit-elle être offensive, défensive ou préventive. Le reste semble correctement posé. Merci de faire s'exprimer l'opinion de chaque militant et d'en tenir compte aussi démocratiquement que possible, c' est-àdire en suscitant un débat loyal. Marcelle Remerand (Comité de Tours) LE ROLE FÉDÉRATEUR DUMRAP Notre stratégie doit être, offensive, mais qu'est-ce-que cela veut dire en 1991, alors que nous savons tous que c'est le racisme qui progresse et non l'inverse ? En réalité, nous sommes sur la défensive . Certaines de nos valeurs doivent être défendues, redéfinies par nous même d'où l'importance de ce congrès. Je dirais plutôt que notre stratégie doit passer de la défensive à l' offensive. Je ne suis pas d ' accord pour élargir nos orientations, nous avons un rôle spécifique à jouer. Par exemple, pendant la guerre du Golfe, nous avons trop mobilisé nos forces contre cette guerre. Je pense que c'était juste de se prononcer contre cette guerre (nous sommes pour l'amitié entre les peuples . .. ) mais notre "boulot" devait être surtout axé sur ses repercussions en France : méfiance envers les immigrés, opposition entre Juifs et Arabes, attentats racistes etc ... Je pense que nous devons surtout lutter contre les discriminations raciales en France, car il est très difficile de s'occuper de tout ce qui se passe dans le monde. Nous devons quand même donner notre point de vue sur les événements mondiaux. Reste bien sûr à mieux définir notre célèbre "amitié entre les peuples". Un de nos objectifs devrait être la lutte systématique contre l'extrême-droite. J'estime que notre mouvement n'a pas conscience du danger exact que cela représente. Nous avons des arguments et des idées trop vagues ou trop générales pour s'y opposer. Le Mrap doit également réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour développer cette riposte. Une orientation me paraît prioritaire, c'est le travail, l' action sur le terrain, en direction des jeunes issus de l'immigration et j' ajouterais dans les cités. L'union est un combat de longue durée et doit être présente dans toute notre activité. La médiatisation de notre lutte est indispensable à notre époque. Je crois au rôle fédérateur qu'a notre mouvement pour riposter au Fn. le problème est politique avant tout. Enfin, pour faire des colloques et pour avoir des approches théoriques, il fa ut former des militants qui sont la plupart du CONGRÈS temps déjà tellement débordés .. . Je n'ai jamais vraiment compris les différences entre un président et un secrétaire général. Notre mouvement doit avoir une direction . La solution de n'avoir qu'un seul organe délibératif et un seul organe éxécutif me paraît la plus intéressante. La situation au siège est assez lamentable . Je pense qu'il manque un administrateur car si nous n'avons pas un siège qui fonctionne et de l'argent pour faire marcher la machine, je me demande pourquoi on discute. Daniel Kupferstein (Membre du conseil national) AVEC LE MRAP, LE RENOUVEAU DU MOUVEMENT ANTIRACISTE Dire que l'on est antiraciste est certes louable, mais cela suffit-il? N'est-ce pas s'enfermer dans un combat dual mythique où l'antiraciste est opposé au raciste? Aujourd ' hui, la réalité est plus complexe. Dans cette société hyper-médiatisée, les mots se banalisent, leur sens se galvaude, les repères se perdent. Certes, le racisme de couleur, l'antisémitisme existent et il peuvent être violents, les ligues fascistes existent et sont violentes, mais les 20 ou 30% d'électeurs existent et ne sont pas tous violents. L'étranger n'est plus seulement le Noir ou le Maghrébin, mais c'est aussi le clodo, le séropositif ou l'handicapé. Fascisme, xénophobie, antisémitisme, racisme de classe sociale ou économique, cela mérite une profonde réflexion et le congrès ne peut y répondre à lui seul. Cela mérite des Etats-généraux où chacun sera amené à préciser sa conception d'un meilleur travail sur le ou les racismes. Les objectifs issus de ce travail de réflexion doivent être quantifiés, raisonnablement acces sibles, limités dans le temps et surtout à la portée des comités. Une structure régionale qui se focalise sur le problème de la double peine est, à mon sens, préférable à 70 comités qui se mobilisent sur l'animation de 10 ou 15 projets conçus nationalement et se superposant aux projets locaux. Ne nous gargarisons pas du nombre de comités. Regardons la réalité derrière les chiffres. Chaque comité travaille avec ses propres réalités économiques, humaines et sociales. Actuellement, la structure du 6 Mrap est pyramidale. Je trouve cette structure bien lourde par rapport au nombre d'adhérents et trop calquée sur le monde de l'entreprise. Il ne s'agit pas d'une maison-mère s'adressant à un réseau d'a-gences mais plutôt d'une structure fédératrice des potentialités de chacun, proche des lieux de décisions économiques et politiques et pouvant exercer sur eux des pressions impossibles à exercer pour un comité. Le comité vit par et pour ses adhérents. Pourquoi ne pas structurer dans chacun une équipe chargée de communiquer avec les adhérents, et relais des instances nationales? Des modifications au règlement intérieur sont nécessaires pour favoriser le fonctionnement démocratique de comités étouffés par des leaderships durables, des sectarismes idéologiques ... La fédération n'est pas toujours existante et peu fédératrice, ne sert pas au développement du Mrap et doit disparaître. L'union régionale me semble préférable, englobant davantage de comités, plus proches des réalités .. . Cela implique une réelle décentralisation des décisions. Il faut concevoir l'instance nationale comme une association au service d'associations: aide juridique, à la conception de projets, à la recherche de subventions, à la formation, ainsi que de diffus ion des informations, de fabrication de matériels, de gestion comptable de l'ensemble du mouvement... La cotisation est trop faible pour les salariés, et doit couvrir trois possibilités: famille, adhérent simple, adhérent chômeur. Elle doit inclure le prix du journal. Il faut une juste répartition entre le comité et le national (ex. : cotisations au comité, cotisationcomité ou d'UR au national). Nous avons besoin d'un journal, avec des informations sur les initiatives, la vie du mouvement et ses thèses, et qu'il faudrait vendre en librairie. La multiplicité des mouvements et la division sur les moyens et formes de lutte ont beaucoup nui à l'ensemble du mouvement antiraciste et ont leur responsabilité dans cette rapide montée des idées d'extrème-droite. Nous avons nos spéci ficités, mais l ' union est nécessaire pour réagir devant l'immense danger que représente un FN à 30%. Le Mrap doit tout faire pour l'obtenir. Nous devons aussi savoir participer aux luttes menées par d'autres mouvements, être ouverts à toute forme d' action. Cette stratégie de partenariat réussit bien aux mouvements associatifs anglo-saxons. Ensemble, demandons la dissolution des ligues. fascistes, la création d' un comité d' éthique auprès de la CS A, que toute attitude raciste soit bannie des structures publiqut S ... Faire du Mrap un mouvement progressiste, c'est oeuvrer pour le renouveau du mouvement antiraciste. Jean-François Debienne (Secrétaire du Comité de Marseille) CONTRE LE LIBÉRALISME En ce qui concerne les orientations, nous devrions aller vers un mouvement plus politique. Il convient en effet de tirer les leçons de ce que nous savons depuis longtemps: le racisme est l'un des vecteurs de la politique de droite, dont l'extrême-droite n'est qu'une composante. Toutes les expressions historiques du racisme ou leurs formes actulles le confirment. Ku klux klan, nazisme, expansionnisme israélien, Aparthied, Front national... Recherche ou maintien du pouvoir économique par l'exploitation du plus faible. En matière politique, cela s'appelle le libéralisme, ou encore le capitalisme ou, depuis peu, l'économie de marché ; tirons-en les conclusions. Gaston Pellet. LA GRANDE QUESTION Il faut insister sur la nécessité de regrouper les mouvements antiracistes

nous devrions être à

l'initiative d'un tel regroupement. Il faudrait parvenir à faire cesser les diatribes stériles et nous accepter mutuellement tels que nous sommes. La menace grandissante du lepénisme pourrait être un ferment favorisant cette union. Séparer notre stratégie en "défensive", ~'offensi ve" et "préventive" me paraît aléatoire et vain, sachant bien que les circonstances nous obligent à être défensif ou offensif ou préventif et le plus souvent les trois à la fois. La médiatisation est une nécessité absolue à notre époque de télévisiocratie . En comparant nos relatives facilités de médiatisation en province à celles sur le plan national, on pourrait conclure qu'il y a là une lacune à Paris. Mais il est évident qu'auprès des média nationaux la situation est plus difficile. N'y-a-t-il pas cependant une lacune dans nos relations publiques nationales, dont il faut discuter? Causes diverses: notre "pêché originel" d'appartenance prédominante à un parti politique aujourd'hui décrié? Le manque de diplomatie de quelques responsables? Une certaine répugnance à l'élitisme et au culte des relations? Il y a une contradiction flagrante entre des structures théoriquement lourdes, mais légères et inefficaces dans la réalité si l'on tient compte de l'indépendance voire de l'autonomie de la plupart des comités. Il s'agit avant tout d'un manque de moyens financiers. L'autocritique doit porter sur certaines négligences ou inadaptitudes à la recherche de subventions ou autres recettes (publicité) ... Même remarque que sur l'absence de médiatisation. La grande question, en effet, c'est comment être: - indépendants. Pouvons-nous être indépendants de l'argent? Non. - pluralistes, oui, mais pas seulement par la juxtaposition de diverses options politiques, mais encore par la tolérance des uns envers les autres. - politiques et actifs : c'est une question à laquelle cherchent aujourd'hui des réponses des milliers de Français déçus par certaines formes de politique. Jean Blum (membre du bureau national) TOUS CITOYENS Je voudrais simplement que l'on combatte le racisme non pas tant au nom de l'histoire qu'au nom d'une démarche positive et ouverte face au monde. Cette démarche , je la sens poindre dans la seconde partie du nom de notre mouvement: "pour ['amitié entre les peuples"! Je suis antiraciste parce que je pense que le repli sur soi, la peur de l'autre, le développement séparé n'ont jamais réglé les problèmes mais en ont au contraire créé bien d'autres. Ce n'est pas parce que "ceux qui voulaient faire le bonheur des autres à leur place" ont fait pire CONGRÈS que mieux qu'il ne faut pas chercher à faire ensemble notre bonheur commun. Ceci vaut autant pour les relations internationales que pour les relations de voisinage, les conflits territoriaux, comme pour les nuisances ou les problèmes de délinquance. Cette recherche de fraternité et de solidarité s'exprime trop peu en ce moment sur la scène politique, encore qu'elle puisse être un point commun entre les sensibilités venant de la gauche et du mouvement écologiste, mais elle est en tous cas partagée dans un grand nombre de mouvements associatifs: mutualité, syndicats, associations d'entraide et d'amitié ... Autant de convergences objectives pour avancer le slogan qui pourrait être celui du Mrap : "Tous citoyens, dans la ville et dans le monde". Autrement dit: personne n'est exclu dans le combat pour un monde plus beau. Dans ce sens, j'aimerais que notre publication nationale abandonne le titre de Différences qui ne correspond plus au sens de notre combat et le remplace par un titre comme Ensemble, Solidaires, ou Tous citoyens ... Et s'il faut que le Mrap envisage son propre dépassement pour s'associer à ceux qui partagent l'essentiel de ses aspirations, j'aimerais que cela ne se fasse pas seulement dans le cadre de manifestations contre Le Pen, même s'il faut leur assurer une réussite, comme celle du 25 janvier, mais surtout autour d'un projet, ou du-moins d'un objectif positif. Pourquoi, par exemple, ne pas organiser, au moment où nous allons fêter le bicentenaire de la République, des Assises de la citoyenneté dans la ville et dans le monde? Bernard Deveyller (Comité de Dunkerque) - celui de notre structure et de notre capacité à le faire traverser par l'unité plurielle fondée sur l'exigence d'arrêter la "bête immonde". Le potentiel, pour l'essentiel, de gens susceptibles de nous rejoindre se trouve chez les progressistes. Ils sont pour la plupart adhérents de syndicats, partis, associations diverses . Ne faut-il donc pas ramener la cotisation à une somme moins lourde et chercher par ailleurs des financements? Nous qui combattons l'exclusion devenue phénomène de masse, n'excluonsnous pas ceux qui ont peu de ressources? Et comment expliquer que le Mouvement soit le plus faible, tant au plan des adhérents que des structures, là où est concentrée la plus forte population de France (Ile de France)? N'y a-t-il pas lieu de concentrer les efforts des élus, des permanents sur cette région ? Ce manque d'implantation n'est-il pas dû en partie au fait que les membres du CN de cette région sont accaparés par des tâches nationales. Nous avons une organisation pyramidale. Nécessaire sur le plan de la réflexion théorique, l'analyse globale des grands axes d'orientation à définir, la prise de positions publiques touchant à des problèmes de dimension nationale, sont indispensables, demandent une plus grande décentralisation et un effort pour que les décisions soient l'émanation du plus grand nombre. Il semble nécessaire que les CL, les fédérations, les régions soient davantage partie prenante de nos analyses et décisions. Cela passe par une participation plus grande des gens "de province" à la direction du Mouvement et par une circulation de l'information, des débats, décentralisée au maximum, popularisée dans L'ÉMERGENCE un va-et-vient permanent. DE LA VOLONTÉ Les CL, fédérations, régions Notre mouvement a un mérite devraient être en mesure de proinestimable, celui d'exister donc duire, de se confronter à la prade vivre, d'agir, de parler Le tique des idées. Il s'agit de fait-il suffisamment clairem~rendre poreuse l'opinion pusans erreur, est-il accessible au blique sensible aux thèses du plus grand nombre? F.N. mais aussi de tous ceux Sommes-nous par nos adhérents, qui, sous couvert d 'opération nos analyses, nos pratiques, à la politicienne, ne permettent pas hauteur des enjeux? de faire toute la lumière sur Deux éléments appellent la réalité, l'efficacité d'un réflexion et débats, d'ailleurs combat antiraciste en prise sur étroitement liés: les réalités. - celui du nombre de nos adhérents et de leur implantation, 7 Ahmed Khenniche (Membre du bureau national) LA TRADITION DÉMOCRATIQUE L'étude critique des bouleversements intervenus en Europe de l'Est, dans l'ensemble, est correcte. Elle apporte néanmoins des affirmations contestables. Lier communisme et antiracisme apparait pour le moins discutable. En Pologne, par exemple, le régime communiste n'a pu empêcher les manifestations d'anti-sémitisme. La montée du racisme en Europe, et spécialement en France, est liée au-moins autant à des causes internes qu'aux bouleversements extérieurs. L'incapacité des tous les gouvernements depuis 1974 de contenir le chômage a entrai né la marginalisation d'une partie de la population qui en a été fragilisée face à un discours populiste et de plus en plus raciste du seul parti qui n'a pas exercé le pouvoir

le Front national. Une

réflexion de fond me semble devoir être entreprise par l'ensemble du mouvement antiraciste pour dégager quelques grands principes qui doivent clarifier nos objectifs. Premier principe: Notre antiracisme repose sur la tradition républicaine et ses fondements : liberté, égalité, fraternité, dans le cadre d'une société laïque, même rénovée, qui ne peut que s'opposer aux intégri smes religieux, catholique, musulman, juif ... La reconnaissance de la richesse due aux apports de chacun passe aussi par le rejet de ce qui est étranger à la tradition démocratique. Deuxième principe: le droit de vote aux étrangers aux élections locales qui existe depuis les accords de Maastricht entre les citoyens de l'Europe des Douze, peut-il s'étendre à tous les étrangers (il est difficile de faire appliquer ces principes aux ressortissants de pays qui refusent ces mêmes droits aux Français y vivant). Troisième principe : réaffirmer la nécessité d'un mouvement antiraciste, uni, dépassant les différences de chapelles. Les divisions du mouvement antiraciste apparaissent bien dérisoires au moment où les idées et les propositions racistes et fascistes du Front national font leur chemin. Jean-Pierre Vidalenc Où est Aloïs 8runner? Ancien adjoint d'Eichman zélé organisateur de la ·solu: tion finale", responsable du camp d'internement et de transit de Drancy dès 1943 et principal artisan de la déportation de plusieurs milliers de juifs, recherché pOUf crimes contre l 'Humanité, Alors Srunner aurait récemment quitté Damas. seton "infatigable avocat Serge Klarsfeld. Les autorités de Damas répondront-elles enfin aux demandes d'enquête? Sur les intégrismes La revue Golias vient de pUblier un numéro spécial consacré à ""extrême-droite de Dieu· sur les mouvements intégristes, notamment ceux qui onl suivi Mgr Lefebvre dans le schisme et sur Jes milieux religieux proches de Le Pen et du Front national (100F plus 20F de pori; BP 4034 -69615 Villeurbanne cedex) Je M'rap un max !! C'est le titre d'un recueil de dessins de Rémy édité par le Mrap-Charentes. Rémy y règle des comptes avec la société civile et politique pas toujours tolérante. (40F plus 10F de port; Mrap-Charentes; Le Nil, route de Bordeaux 16000 Angoulême). L'Immigration dans l'Histoire Le Comité de Menton vient de publier un dossier intitulé ~L 'immigra tion, une page oubliée de l'histoire de la Francew • Le dossier traite de l'immigration depuis 1789, d'un point de vue social, économique, culturel, de ses apports pour la société française. (SOF, frais de port compris; BP-6 06501 Menton cedex 6) CO NGR ÈS RÉUSSIR NOTRE PROCHAIN CONGRÈS Ceci me semble être une nécessité impérieuse si nous voulons adapter la lutte contre le racisme à la situation présente et être à la hauteur des dangers qui menacent notre démocratie. Pour que notre congrh soit une réussite, je demande instamment à tous les comités et à tous les adhérents de bien vouloi r noter les points suivants; 1 Un rapport d'activités sera présen_ té au début du congrès au nom du Conseil national. Ce rappon rendra compte des activités nationales des instances et des commissions. 2 Il a été demandé à tous les comités et à toutes les fédérations d'envoyer le plus rapidement pos_ sible un rappon d'activités pour les deux années passées (]990 et 1991 ). Ce rapport doit être un condensé (une page maximum) mettant en évidence les points essentiels. Un dossier contenant rensemble des rappons sera à la disposition des congressistes et une publication ultérieu re est envisagée si nos moyens nous le permettent. 3 La commission d'orientation a rédigé un pré-projet après consultation des membres du Conseil national. Ce pré·projet a été publié dans le nO 122 de Différences (nov. 1991 ) et envoyé aux militants du Mrap. L'av is de to us (adhérents 00 non adhérents) a été sollicité. La commission a tenu compte de tous ces avis pour proposer au Conseil national un pr0- jet d'orientation qui sera discUlé lors de la réunion du 15 février. 4 Ce projet d'orientation tient compte des propositions faites par les comités et indique clairement [es options possibles, les différentes posit ions , les rédactions divergentes. Dans la mesure où ce projet d'orientation a été préparé dans la plus grande concenation, aucune nouvelle proposition ne sera accepté après le 15 février et, à plus fone raison, pendant le congrès. 5 Ce projet d 'orientation sera envoyé li tous les comités fin février. Il sera néeessaire qu'au moi s de mars. tous les comités tiennent des Assemblées générales pour élire leurs délégués el pour les mandater. Conformément au Réglement intérieur (aniele 21) ; 8 Le congrês national e.fI composé de délégués élus et de délégués de droit qui doil'ent être à jour de leur cotisotioll et qui. seuls, participent aux votts mais IOI/S les adhérents peuvent purticiper aux travaux du Congris national. Chaque comité local élit UII délégué pour dix adhérents selon la modalité suivante: de 5 à 14 adhérents 1 délégué, de 15 à 24 :- 2 déléguis, de 25 à 34 3 délégués, etc ... (SIIr la base du nO/libre d'adhérents ou 31 décembre /99/). Les membres du Bureau /UltionaL les membre titulaires élus ou Conseilllolionai au titre des Commissions nationales et les ~mb"S él/ls au Conseil national à lilre ilu}ividuel SOIII délégués de droit Ol/ COIIgrPs national. Chaque délég/lé peut paner les mal/dats d'autru délégués élus par son comité au par /1/1 outre comité 0/1 de délégués de droit mais aUCUl1 délégué ne peut avoir plus de dix mandats (le sien compris) ," les délégués mal/dalis doivent apponer /0 preu~'e de leurs mandaIs. 6 La compos ition du Conse il national est prévue dans le régiement intérieur. Il est possible que le Conseil national du 15 f~vrier adopte une modification du réglement intérieur qui sera communiqué imm~diatement aux comités et aux fédérations. 7 Les modalités d'élection et de fonctionnement du Bureau nationale sont prévues par les statuts. Des comités ont proposé des modifications de ces statuts qui seront indiquées dans le rappon d'orientation et qui seront discutées pendant le Congrès. Il est fondamental que ces ~gles simples soient dans J'esprit de tous et que J'ensemble des adhérents de notre Mouvement s'investissent complètement dans la préparation de ce Cong~s qui doit aboutir à corriger nos erreurs et à dévelop.per la lutte contre le racisme. Que chacun sache clairement que la réussite de ce Congrès dépend de son engagement. Je compte SUI vous et je vous souhaite bon eoorage. Pierre-Marie Danquigny Membre tU la Présidence fUIIionale Travailler en Zep Alain Bougarel, avec la collaboration de Guy Lochard, vient de publier Travailler en ZEP, les rôles du responsable et du coordinateur de ZEP. Quel que soit le débat idéologique, politique, qu'il est possible d'avoir à partir d'un tel ouvrage, celui-ci demeure un petit gUide extrê· mement pratique pour tous les militants. .. (éditions Hachette-Education). Manifs anti-Le Pen en Grande-Bretagne Une série de manifestations de protestation ont accueilli Le Pen à Londres lors de son voyage du début décembre. Plusieurs députés avaient signé une pétition demandant au Premier Ministre d'interdire son entrée sur le sol britannique. la presse s'étonnait de sa présence, et des associations de lutte contre le fascisme oraganisaient des man ifs devant son hôtel. ]] est à noter qu'aucun député britannique au parlement européen ne participe au groupe d'extrême-droite des Mdroites eurOpéennes" ... Différences 89, rue Oberkampf 75543 Paris Cedex Il Hl. : 48.06.&8.00 Tmoopie : 48.06.88.01 Directeur de la publication Mooloud Aoullit Gérant bénévole Maniai Le Nancq Rédactrice en che\' Cherifa Benabdessadok Journaliste lsabelle Avrall Chargée cie communication et de promotion M~lina Gazsi Publicité au joornal Abonnements Isabel de Oliveira Maquette PAO Jean-Guy Vizet Tél.: 46.63.76.53 Impression Momligeon Tél. : 33.83.80.22 Commission paritaire nO 63634 [SSN 0247-9095 D6PÔI légal 1991-12

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